Netanyahu à Moscou pour évoquer la « terreur » iranienne et la paix syrienne
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Netanyahu à Moscou pour évoquer la « terreur » iranienne et la paix syrienne

Netanyahu doit demander à Poutine que le Golan ne fasse pas partie d'une solution dans le cadre des négociations de paix du conflit syrien

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à l'aéroport de Moscou avant une réunion avec le président Poutine de Russie, le 9 mars 2016 (Crédit : Autorisation)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à l'aéroport de Moscou avant une réunion avec le président Poutine de Russie, le 9 mars 2016 (Crédit : Autorisation)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu est arrivé à Moscou jeudi après-midi pour sa troisième rencontre en un an avec le président russe Vladimir Poutine. Il a été accueilli à l’aéroport par le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhail Bogdanov.

Sur le tarmac, Bogdanov, le responsable de Moscou chargé des questions liées au conflit israélo-palestinien, a chaleureusement embrassé son invité israélien.

La visite de Netanyahu, d’une journée, portera sur l’implication de la Russie dans la guerre civile syrienne. Le dirigeant israélien devrait inciter le Kremlin à ne pas permettre à l’Iran, allié de la Russie dans leur soutien à Bashar el-Assad, de s’implanter de manière permanente en Syrie.

« Le Premier ministre exprimera la nette opposition d’Israël à la présence de forces iraniennes à sa frontière dans le nord et dans la mer Méditerranée dans le cadre des pourparlers d’une résolution [du conflit] », a indiqué le bureau du Premier ministre dans un communiqué. « Le Premier ministre a également l’intention de rappeler au président Poutine que le plateau du Golan [qui est tenu par les Syriens] ne fait pas partie de la discussion. »

Netanyahu et Poutine devraient également évoquer la coordination militaire entre les deux pays pour s’assurer que leurs forces ne s’opposent pas dans l’espace aérien de la Syrie.

« C’est une réunion très importante pour la sécurité d’Israël, a déclaré Netanyahu mardi soir. La victoire sur le terrorisme de l’Etat islamique ne peut pas conduire à une recrudescence du terrorisme de l’Iran et de ses intermédiaires. Nous n’échangerons pas le terrorisme contre le terrorisme. »

Une source proche de Netanyahu aurait déclaré mercredi, quelques heures avant son arrivée au Kremlin: « Moscou nous permet d’agir contre le Hezbollah dans l’espace aérien syrien. »

Les autorités russes et israéliennes ont nié cette information. « Il n’y a tout simplement pas d’accord ou de coordination », a déclaré au Times of Israël un haut responsable de Jérusalem.

Les responsables israéliens ont longtemps accusé les Gardiens de la révolution iraniens d’avoir tenté de construire un front anti-israélien dans le Golan syrien, aux côtés des forces du Hezbollah et des Druzes locaux opposés à Israël.

Netanyahu a demandé l’aide de la Russie pour tenter de contrecarrer les tentatives de l’Iran et de ses intermédiaires terroristes comme le Hezbollah pour utiliser la Syrie comme base d’attaques contre Israël.

La semaine dernière, Chagai Tzuriel, le directeur général du ministère du renseignement, a déclaré au Times of Israël qu’empêcher l’Iran et le Hezbollah de s’implanter dans le Golan était à la tête de la liste des objectifs de l’appareil sécuritaire israélien.

« Depuis que la Russie a commencé à intervenir dans la guerre syrienne il y a un an, la Russie est devenue un acteur important en Syrie », a déclaré Eyal Zisser, expert du Moyen Orient de l’université de Tel Aviv. « Mais bien sûr cette intervention concerne l’intérêt stratégique d’Israël. La Russie est devenue un pays voisin, donc il faut coordonner, il faut établir des canaux de communication qui restent ouverts afin de s’assurer qu’aucun incident ne se produira le long de la frontière. »

La Russie s’est associée à l’Iran pour assurer la survie du régime syrien, ce qui alimente beaucoup de discussions entre Netanyahu et Poutine, a déclaré Zisser, d’autant plus que la guerre civile semble être à un tournant. Les forces du président Bashar el-Assad ont récemment récupéré la ville d’Alep des mains des rebelles et on ne sait pas encore ce que l’alliance entre la Syrie, la Russie et l’Iran pourra obtenir.

« L’avenir de la Syrie pourrait être dictée par les Russes, les Turcs et les Iraniens. Et Israël veut probablement partager avec les Russes ses idées et ses préoccupations sur ce processus », a déclaré Zisser.

Le plateau du Golan, qui est proche de Damas, est un problème particulier pour Israël, a-t-il ajouté.

« Le régime syrien, avec le soutien des Iraniens et du Hezbollah, pourrait vouloir revenir et reprendre les territoires qui ont été perdus il y a plusieurs années aux rebelles », a prédit Zisser.

Un tank Merkava de l'armée israélienne près de la frontière avec la Syrie dans le plateau du Golan, le 28 novembre 2016 (Crédit : AFP PHOTO / JACK GUEZ)
Un tank Merkava de l’armée israélienne près de la frontière avec la Syrie dans le plateau du Golan, le 28 novembre 2016 (Crédit : AFP PHOTO / JACK GUEZ)

Les forces affiliées au groupe de l’Etat islamique gagnent du terrain dans le sud du Golan, ce qui inquiète aussi Jérusalem, bien qu’elles veillent à ne pas s’engager dans une confrontation directe avec Israël, a-t-il expliqué. « Ils ont d’autres priorités, comme les conflits entre eux et la lutte contre le régime. Mais avoir l’EI à la frontière n’est pas quelque chose dont Israël se réjouit. »

Netanyahu, qui s’est envolé vers Moscou dans un petit avion privé, n’emmenant avec lui aucun journaliste et uniquement quelques conseillers, devrait revenir en Israël jeudi soir. Il devrait quitter la Russie immédiatement après sa rencontre avec Poutine. Il est accompagné par le ministre Zeev Elkin, qui lui servira également de traducteur personnel, le conseiller national sécurité, Jacob Nagel, son directeur de cabinet, Yoav Horovitz, son secrétaire militaire, le général Eliezer Toledano, et le chef des renseignements de l’armée israélienne, Herzl Halevy.

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