Netanyahu a proposé à Bennett le poste d’envoyé à l’ONU
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Netanyahu a proposé à Bennett le poste d’envoyé à l’ONU

Cette offre, que l'ex-ministre et chef de HaYamin HaHadash a qualifié de "hors de propos", serait conditionnée par son retrait dans la course électorale

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'entretient avec le ministre de l'Education Naftali Bennett à la Knesset, le 12 mars 2018 (Miriam Alster / Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'entretient avec le ministre de l'Education Naftali Bennett à la Knesset, le 12 mars 2018 (Miriam Alster / Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a offert à l’ancien ministre de l’Education Naftali Bennett le poste d’ambassadeur israélien aux Nations unies s’il acceptait de renoncer à se présenter aux élections de la Knesset au mois de septembre en tant que leader de la formation HaYamin HaHadash, ont fait savoir les médias israéliens ce dimanche matin.

L’offre de Netanyahu permettrait une sortie temporaire de Bennett – une personnalité ambitieuse qui aspire à devenir Premier ministre, ce qui fait de lui une menace potentielle pour le Likud – de la scène politique.

Tandis que Bennett lui-même s’est refusé à tout commentaire, son parti a noté dans un communiqué que le mouvement « HaYamin HaHadash portait un message unique de la droite authentique, morale et libérale, et du judaïsme israélien, à l’écart de toute coercition, et il se présentera dans son intégralité en force aux élections afin de devenir une force puissante et qui comptera au sein du prochain gouvernement. Toute autre proposition est hors de propos ».

Des sources proches de Netanyahu ont confirmé à la chaîne de la Knesset que la proposition avait été soumise, ajoutant qu’elle ne déboucherait probablement sur rien.

L’ambassadeur israélien aux Nations unies Danny Danon durant une brève conférence de presse avant une réunion du conseil de sécurité au siège de l’ONU, à New York, le 24 juillet 2018. (Crédit : Drew Angerer/Getty Images/AFP)

L’ambassadeur israélien actuel, Danny Danon, achèvera son mandat dans les prochains mois. La semaine dernière, la Douzième chaîne a annoncé que Netanyahu réfléchissait à l’idée de lui donner comme successeur Gilad Erdan – un membre populaire du Likud actuellement ministre de la Sécurité intérieure.

Alors que plusieurs partis religieux de droite se préparent à concourir lors du prochain scrutin, Netanyahu a lancé une campagne visant à favoriser leur union. Ce qui garantirait qu’ils pourraient franchir, ensemble, le seuil électoral d’entrée au parlement israélien, fixé à 3,25 %.

HaYamin HaHadash de Bennett avait échoué de peu à franchir cet obstacle lors du vote du mois d’avril, manquant de 1 500 voix d’obtenir une représentation à la Knesset.

Si HaYamin HaHadash avait siégé au parlement, il est probable que Netanyahu serait parvenu à former une coalition au pouvoir dans la mesure où il n’aurait pas dépendu des cinq fauteuils de la formation Ysrael Beytenu, placée sous l’autorité d’Avigdor Liberman, qui avait refusé de rejoindre la coalition en raison d’un conflit avec les demandes soumises par les partis ultra-orthodoxes.

Les co-dirigeants de HaYamin HaHadash Ayelet Shaked et Naftali Bennett lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, le 17 mars 2019. (Crédit : Flash90)

Bennett et sa partenaire politique Ayelet Shaked, ancienne ministre de la Justice, avaient quitté HaBayit HaYehudi à la fin de l’année dernière pour former HaYamin HaHadash. Netanyahu avait alors négocié une fusion entre HaBayit HaYehudi, l’Union nationale et la formation extrémiste de droite Otzma Yehudit, réunis au sein de l’Union des partis de droite.

Aujourd’hui, de nombreux membres de l’Union des partis de droite sont opposés à l’idée de voir Bennett revenir dans le parti qu’il avait abandonné, ce qui rend une telle fusion difficile à réaliser.

Ils se montrent en revanche plus ouverts à un retour de Shaked au sein de la formation, même s’il y aurait alors un conflit portant sur la personnalité qui prendrait la tête du parti – elle ou le leader actuel Rafi Peretz.

Mardi dernier, Peretz et le ministre des Transports Bezalel Smotrich, qui est aussi le responsable de l’Union nationale, ont renouvelé leur accord sur une alliance lors du prochain scrutin, toujours sous le nom d’Union des partis de droite.

Ils ont également appelé les autres formations de droite à les rejoindre, affirmant dans un communiqué que l’unité entre formations nationales religieuses était nécessaire « afin d’optimiser notre potentiel électoral et d’empêcher la perte d’éventuels votes ».

La faction Otzma Yehudit d’extrême-droite, qui s’était alignée sous l’étiquette de l’Union des partis de droite au mois d’avril, a annoncé mardi qu’elle avait été exclue de l’alliance mais qu’elle réfléchirait à l’intégrer si ses candidats bénéficiaient de places significatives et suffisantes sur la liste commune.

Selon une source de l’Union des partis de droite, Otzma réclamerait les 3e et 6e places.

Les listes des candidats à la Knesset doivent être finalisées à la fin du mois de juillet.

Raoul Wootliff a contribué à cet article.

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