Netanyahu a rejeté un plan de paix régionale en 2016 (média)
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Netanyahu a rejeté un plan de paix régionale en 2016 (média)

Proposant à présent une idée similaire, le Premier ministre a affirmé qu’il ne pouvait pas avoir le soutien de sa coalition à une proposition présentée par les Etats-Unis, l’Egypte et la Jordanie en mai 2016

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, John Kerry, alors secrétaire d'Etat américain, à gauche, et le roi Abdallah II de Jordanie, à Amman, le 13 novembre 2014. (Crédit : Yousef Allan/Ho/Palais royal de Jordanie/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, John Kerry, alors secrétaire d'Etat américain, à gauche, et le roi Abdallah II de Jordanie, à Amman, le 13 novembre 2014. (Crédit : Yousef Allan/Ho/Palais royal de Jordanie/AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rejeté un plan de paix régional pour la reprise des négociations pour une solution à deux états et la reconnaissance d’Israël en tant qu’Etat juif il y a moins d’un an, a annoncé Haaretz dimanche. Quelques jours auparavant, le Premier ministre avait appelé à une initiative similaire pendant sa première rencontre avec le président américain Donald Trump.

La proposition était le résultat de plusieurs mois de négociations menées par le secrétaire d’Etat américain John Kerry, et avait culminé par une réunion secrète entre Netanyahu, Kerry, le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi et le roi de Jordanie Abdallah II, selon l’article.

Malgré l’inclusion des deux principes cruciaux dont Netanyahu a déclaré à plusieurs reprises qu’ils étaient impératifs pour conclure un accord de paix, la reconnaissance d’Israël en tant qu’Etat juif et la coopération avec les pays arabes de la région, le Premier ministre aurait rejeté cette proposition, affirmant qu’il ne pourrait pas la faire approuver par sa coalition.

Kerry avait initié le sommet après des négociations complexes avec les voisins d’Israël et avec ses acteurs politiques internes. Les informations sur la proposition et la rencontre secrète viennent de deux anciens responsables de l’administration Obama qui ont demandé à rester anonymes, a annoncé Haaretz.

Le bureau du Premier ministre a refusé de commenter l’information.

Le Secrétaire d'Etat John Kerry donne un discours consacré à la paix au Moyen Orient au Département d'Etat, à Washington, le 28 décembre 2016. (Crédit : Zach Gibson/Getty Images/AFP)
Le Secrétaire d’Etat John Kerry donne un discours consacré à la paix au Moyen Orient au Département d’Etat, à Washington, le 28 décembre 2016. (Crédit : Zach Gibson/Getty Images/AFP)

Le projet aurait compris les six principes pour guider la résolution du conflit israélo-palestinien que Kerry a énoncé dans son dernier discours sur le sujet en tant que secrétaire d’Etat en décembre. Ce discours fustigeait également l’activité continue de construction dans les implantations d’Israël.

Tout d’abord, avait déclaré Kerry, la paix doit fournir des frontières sûres et reconnues, basées sur les lignes de 1967, avec des échanges de territoires acceptés par les deux parties, et un état continu pour les Palestiniens.

Les autres principes étaient la réalisation de la résolution 181 de l’Assemblée générale des Nations unies, qui appelle à deux états pour deux peuples ; une solution juste et « réaliste » au problème des réfugiés palestiniens qui « n’affecte pas le caractère fondamental d’Israël » ; des capitales partagées à Jérusalem qui garantissent l’accès libre aux lieux saints et aucune redivision de la ville ; la sécurité d’Israël garantit avec la fin de « l’occupation de la Cisjordanie » ; et un terme final au conflit et à toutes les revendications en suspens avec la mise en place de relations normalisées.

Alors que Sissi et Abdallah ont tous les deux accepté la proposition et accepté de faire pression sur le président de l’Autorité palestinienne (AP), Mahmoud Abbas, pour qu’il l’accepte, Netanyahu « a évité de donner une réponse claire au projet proposé », selon l’article, qui cite les responsables de l’administration Obama. Il a cependant accepté de publier un communiqué « citant positivement » l’initiative de paix arabe, en échange d’un sommet de paix régional comprenant plusieurs états sunnites.

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors d'une déclaration conjointe avec le président français après leur réunion au Palais présidentiel de l'Elysée à Paris, le 7 février 2017. (Crédit : Stéphane de Sakutin/AFP)
Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors d’une déclaration conjointe avec le président français après leur réunion au Palais présidentiel de l’Elysée à Paris, le 7 février 2017. (Crédit : Stéphane de Sakutin/AFP)

L’initiative de paix arabe de 2002 demande des concessions importantes à Israël, dont un retrait total de Cisjordanie, la mise en place d’un état palestinien avec sa capitale à Jérusalem Est et une solution négociée au problème des réfugiés palestiniens. En échange, de nombreux états arabes reconnaitraient officiellement Israël et mettraient en place des relations normalisées avec l’Etat juif.

Même s’il n’a pas été précisé si la proposition avait été officiellement rejetée, elle a déclenché une série de développements politiques en Israël qui ont mené Netanyahu à soutenir en partie l’Initiative de paix arabe et à proposer de négocier avec le monde arabe les paramètres du plan.

Juste après la rencontre, Netanyahu aurait appelé le chef de l’opposition Isaac Herzog pour l’informer des discussions afin de tenter de le persuader de rejoindre sa coalition. Cette conversation a entraîné plusieurs semaines de négociations entre le Likud et l’Union sioniste d’Herzog.

Malgré des efforts intenses d’une alliance de dirigeants étrangers pour assurer un gouvernement d’unité nationale, les négociations ont échoué quand il a été annoncé que le parti de droite Yisrael Beytenu rejoindrait le gouvernement, et que son président, Avigdor Liberman, prendrait le ministère de la Défense.

Isaac Herzog, chef de l'opposition, à la Knesset, le 17 janvier 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Isaac Herzog, chef de l’opposition, à la Knesset, le 17 janvier 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Une clause de l’accord abandonné entre le Likud et l’Union sioniste établissait que le gouvernement se « réfèrerait positivement » à l’idée d’un accord de réconciliation régionale entre Israël et plusieurs états arabes, ainsi qu’à certains éléments de l’Initiative de paix arabe pour résoudre le conflit israélo-palestinien. La clause du document, publié à l’époque par la Deuxième chaîne, affirmait également qu’Israël « exprimerait sa disponibilité pour la première fois à entrer dans un dialogue sur le sujet avec les états arabes concernés. » Le contenu des documents avait été confirmé par le bureau du Premier ministre, avait annoncé la Deuxième chaîne.

Cependant, pendant la conférence de presse avec Liberman après l’annonce de l’arrivée de Yisrael Beytenu dans la coalition, Netanyahu n’avait pas fait de déclaration spectaculaire de soutien partiel à l’Initiative de paix arabe.

« Je saisis cette opportunité pour rappeler que je souhaite toujours faire la paix avec les Palestiniens et avec tous nos voisins. L’initiative de paix arabe contient des éléments positifs qui pourraient aider à raviver des négociations constructives avec les Palestiniens », avait déclaré Netanyahu.

« Nous sommes prêts à négocier avec les états arabes des révisions de cette initiative pour qu’elle reflète les changements spectaculaires [qui ont eu lieu] dans notre région depuis 2002 », quand la proposition a été émise pour la première fois, « mais qu’elle maintienne l’objectif accepté de deux états pour deux peuples », avait déclaré Netanyahu.

Malgré l’annonce et les déclarations répétées de Netanyahu appelant à une plus large coopération avec les pays arabes, aucun progrès diplomatique n’a eu lieu depuis.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le ministre de la Défense Avigdor Liberman pendant une conférence de presse commune à la Knesset, le 30 mai 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le ministre de la Défense Avigdor Liberman pendant une conférence de presse commune à la Knesset, le 30 mai 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La semaine dernière, pendant une conférence de presse commune avec le président Donald Trump, Netanyahu a déclaré que certains pays arabes voient Israël « de plus en plus comme un allié », suggérant qu’ils sont préoccupés par l’expansionnisme iranien et la propagation de l’activisme islamique. « Ce changement de notre région crée une opportunité sans précédent pour renforcer la sécurité et faire avancer la paix », a-t-il déclaré en appelant Trump à « saisir ensemble ce moment. »

Trump a déclaré qu’il voulait conclure « un accord bien plus grand » au Moyen orient, qui inclurait « beaucoup, beaucoup de pays ». Il a suggéré que cela était dans l’intérêt des pays arabes, affirmant que « nous avons une coopération plutôt bonne de personnes qui, autrefois, n’aurait jamais, jamais même pensé à faire ça. »

Aucun des dirigeants n’avait donné plus de détails, même si Trump a déclaré qu’Israéliens et Palestiniens devraient faire des concessions. Les deux hommes ont refusé de soutenir explicitement la solution à deux états.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

Yisrael Katz, ministre des Transports, a déclaré dimanche matin à la radio publique israélienne que la coalition régionale irait à présent de l’avant car l’administration Trump partageait l’opinion selon laquelle l’Iran est une menace régionale majeure.

« Il n’y a eu aucun démenti [des pays arabes] depuis que le Premier ministre a annoncé une alliance avec ces états arabes sunnites », a déclaré Katz, qui a ajouté que la coopération était fondée sur des partages de renseignements sur les ennemis communs de l’Iran, et qu’ils ont déclaré que le Hezbollah était une organisation terroriste.

Il a cependant reconnu que ces pays « se soucient [toujours] du problème palestinien. »

Des agences de presse et l’équipe du Times of Israël ont contribué à cet article.

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