Netanyahu, abandonnant son projet, se reposera sur la loi d’immunité existante
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Netanyahu, abandonnant son projet, se reposera sur la loi d’immunité existante

Selon des sources proches du Premier ministre, celui-ci a consulté des experts sur la manière d'utiliser les textes existants pour éviter les poursuites

Shalom Yerushalmi est analyste politique pour Zman Israël, le site en hébreu du Times of Israël sur l'actualité israélienne.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de l'Éducation Gideon Saar (à gauche) assistent à une cérémonie de remise des prix organisée par la Fondation Trump, au bureau de Netanyahu à Jérusalem, le 25 décembre 2012. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de l'Éducation Gideon Saar (à gauche) assistent à une cérémonie de remise des prix organisée par la Fondation Trump, au bureau de Netanyahu à Jérusalem, le 25 décembre 2012. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

La pression publique a fonctionné : Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a décidé d’abandonner l’idée de faire adopter une nouvelle législation sur l’immunité qui le protégerait face aux poursuites judiciaires dans les trois dossiers qui le concernent et il se contentera d’utiliser le texte existant sur l’immunité tel qu’il avait été amendé en 2005, selon des sources proches du Premier ministre qui se sont exprimées dimanche soir.

Trois députés du Likud – Gideon Saar, Michal Shir et Sharren Haskel — s’étaient publiquement opposés à ce projet de loi « personnel » visant à garantir l’immunité à Netanyahu et Benny Begin, un ancien parlementaire du parti, avait fustigé dimanche Netanyahu qui cherchait, selon lui, à échapper aux poursuites.

Netanyahu et ses aides se sont entretenus au cours de ces derniers jours avec des experts au sujet de la loi actuelle sur l’immunité, ont indiqué des sources à Zman Yisrael, le site en hébreu du groupe Times of Israel. Selon ces spécialistes, la législation existante offre des outils légitimes susceptibles d’assurer l’immunité de Netanyahu tant qu’il restera à ses fonctions.

« Sous les termes de la loi, l’immunité peut être accordée si le respect de la volonté exprimée par électeurs et l’intérêt public l’exigent », a noté une source proche de Netanyahu.

Et en effet, une clause dans la loi sur l’immunité actuelle permet à certains membres de la Knesset d’en bénéficier si, le cas échéant, « de vraies nuisances peuvent être causées au fonctionnement de la Knesset ou à la représentation de la volonté des électeurs ».

Netanyahu devrait également pouvoir utiliser une seconde clause de la loi qui spécifie qu’une immunité peut être accordée si l’inculpation « a été déclarée de mauvaise foi ou sur la base d’une discrimination ».

Netanyahu n’a cessé de clamer que le procureur-général Avichai Mandelblit l’a discriminé, a dit une source proche du Premier ministre, « parce que personne auparavant n’a jamais été inculpé en raison d’une couverture médiatique favorable ».

Des propos se référant au coeur de l’Affaire 4000 dans laquelle le Premier ministre doit répondre de pots-de-vin dans un dossier d’accords illicites qui lui avaient permis d’obtenir des articles d’information positifs à son sujet sur le site Walla.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le procureur général Avichai Mandelblit lors d’une réunion du gouvernement en juillet 2015, quand Mandelblit était secrétaire du cabinet. (Crédit : Emil Salman/POOL)

Le procureur d’Etat Shai Nitzan a reconnu qu’il n’y avait jamais eu de précédent, ont expliqué ces sources.

Elles ont ajouté que Netanyahu faisait tout ce qu’il pouvait pour déjouer les procédures judiciaires à son encontre. Dans des conversations privées, ont poursuivi les sources, il a affirmé qu’il n’avait aucune chance « d’obtenir une audience équitable ».

Il a également dit dans le même cadre que « la hiérarchie judiciaire m’a pris pour cible. Nitzan est à la tête du complot et Mandelblit en fait partie. Ils ont décidé de me sortir du jeu à n’importe quel prix, et quoi qu’il advienne ».

Pendant ce temps, Netanyahu rencontre des difficultés majeures pour tenter de rassembler une coalition. Il dit dans des conversations privées que les petits partis lui font du chantage et que le Likud devra payer en abandonnant le contrôle de la plupart des ministères majeurs et en se contentant de ministères relativement mineurs.

Telles que les choses se présentent à l’heure actuelle, le Likud n’aura pas un seul portefeuille éminent à part celui de la Défense, que Netanyahu a pris la décision de confier à Israel Katz, selon les sources.

« Ils sont devenus fous », a dit une source du cercle de Netanyahu, se référant aux alliés potentiels de coalition du Likud, avec lesquels les négociations sont dans l’impasse. « Ils nous malmènent… Ils ont tiré les leçons de Naftali Bennett et Ayelet Shaked [les leaders du parti HaBayit HaYehudi], il y a quatre ans. Ils vont laisser les négociations de coalition traîner jusqu’à la dernière minute, puis ils demanderont les postes ministériels les plus importants et nous n’aurons pas d’autre choix que d’accepter ».

« Je pense que [le leader de la formation Yisrael Beytenu Avigdor] Liberman se réjouit aussi de cette atmosphère de confusion autour de Netanyahu », a ajouté la source.

Ce qui est sûr, c’est que le député du Likud Gideon Saar, qui avait pris la tête au Likud des critiques sur la loi de l’immunité prônée par Netanyahu, n’aura pas de ministère, ont indiqué les sources.

Netanyahu a décidé de se venger contre Saar pour ce qu’il considère être un travail de sape permanent effectué à son encontre par l’ancien ministre de l’Education. Et il ne prêtera aucune attention au résultat élevé obtenu par Saar pendant les Primaires du parti, organisées avant les élections du mois d’avril (Saar était arrivé cinquième sur la liste des candidats à la Knesset du Likud).

« Saar ne mérite rien », aurait déclaré en privé Netanyahu.

Gideon Saar prend la parole lors d’une conférence du Likud à Lod, le 31 décembre 2017. (Tomer Neuberg/Flash90)

Les ministres actuels du Likud conserveront leurs sièges au sein du cabinet et quatre nouveaux ministres, issus du Likud, le rejoindront : Nir Barkat (qui prendra la tête d’un petit ministère), David Amsalem, Tzipi Hotovely et Amir Ohana.

Avi Dichter ne sera apparemment pas ministre et il restera président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense, selon des sources proches de Netanyahu. Dichter n’est pas considéré par Netanyahu comme une personnalité sur laquelle il peut pleinement compter, ont-elles expliqué.

Lundi soir, la Knesset devrait approuver en première lecture un projet de loi prévoyant l’annulation de la limitation du nombre de ministres susceptibles d’être désignés par Netanyahu, lui donnant une plus importante marge de manœuvre dans les pourparlers de coalition. Le date-butoir pour la formation de la coalition, pour Netanyahu, est le 28 mai.

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