Netanyahu aurait tenté d’empêcher Abbas de venir à l’inhumation de Peres
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Netanyahu aurait tenté d’empêcher Abbas de venir à l’inhumation de Peres

C'est Mahmoud Abbas lui-même qui l'a clamé lors d'une interview à la radio israélienne ; il a également fustigé les US pour leur positionnement sur la "légalité" des implantations

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas (C) se trouve aux côtés du président du Conseil européen Donald Tusk (L) et le président roumain Klaus Iohannis au cimetière du mont Herzl à Jérusalem lors des funérailles de l'ancien président israélien Shimon Peres le 30 septembre 2016. (Crédit : AFP / Abir Sultan)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas (C) se trouve aux côtés du président du Conseil européen Donald Tusk (L) et le président roumain Klaus Iohannis au cimetière du mont Herzl à Jérusalem lors des funérailles de l'ancien président israélien Shimon Peres le 30 septembre 2016. (Crédit : AFP / Abir Sultan)

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a affirmé que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait tenté de l’empêcher de venir aux funérailles de feu le président Shimon Peres à Jérusalem, au mois de septembre 2016.

Abbas a fait cette déclaration au cours d’un entretien accordé mardi à la radio militaire, une interview dans laquelle il a également évoqué les propos tenus par le Secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, la veille, dans lesquels il avait indiqué que l’administration Trump ne considérait pas comme illégales les implantations israéliennes en Cisjordanie.

Ces dernières années, le président de l’Autorité palestinienne n’a que rarement accordé d’entretiens aux médias israéliens.

Selon la radio militaire, Abbas a affirmé que Netanyahu lui avait dit avant les funérailles de Peres qui avaient lieu au cimetière militaire du mont Herzl : « Ne venez pas en voiture. Il n’y a pas d’autorisation délivrée pour vous. »

Abbas avait alors répondu au Premier ministre : « Et comment vais-je venir alors ? À pied ? »

La radio a ajouté que le président de l’AP aurait alors menacé Netanyahu de médiatiser ce que ce dernier venait de dire.

Israël avait finalement donné une autorisation à Abbas de se rendre à l’inhumation, ce qu’il avait fait aux côtés de trois autres hauts-responsables palestiniens.

Lors des funérailles, il avait échangé une poignée de mains et quelques amabilités avec Netanyahu et son épouse, Sara, ainsi qu’avec le président Reuven Rivlin et sa femme, Nechama.

Netanyahu n’avait pas mentionné la présence d’Abbas dans son discours prononcé lors de la cérémonie, même s’il avait par ailleurs noté la présence de plusieurs autres dirigeants et personnalités.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu serre la main du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas au cimetière du mont Herzl, le 30 septembre 2016. (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

Le Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires, la branche du ministère de la Défense responsable de la liaison avec les Palestiniens, a renvoyé les questions posées suite à la déclaration d’Abbas vers le bureau du Premier ministre.

Le bureau du Premier ministre n’a pas répondu à une demande de commentaires.

Tzvia Walden, la fille de Peres, a indiqué qu’Abbas ne lui avait jamais dit que Netanyahu avait tenté de l’empêcher de venir à l’inhumation de son père.

« Il ne me l’a pas dit mais cela ne me surprend guère », a-t-elle commenté lors d’un entretien téléphonique.

Walden a ajouté qu’Abbas avait été initialement placé au second rang mais qu’elle avait demandé elle-même à ce qu’il soit transféré au premier.

« Il a fallu que je m’assure que ce changement de siège avait bien eu lieu », a-t-elle ajouté.

Abbas a également dit au micro de la radio militaire que les Etats-Unis ne disposaient pas de « l’autorité légale » nécessaire pour déclarer que les implantations ne sont pas illégales.

Pompeo a déclaré aux journalistes du département d’Etat, lundi, que « l’établissement d’implantations civiles israéliennes en Cisjordanie n’est pas contradictoire avec le droit international », rompant avec des décennies de politique américaine.

Tandis qu’Israël a salué cette déclaration, de nombreux responsables palestiniens l’ont condamnée avec force.

En plus des Palestiniens, la plus grande partie de la communauté internationale considère les implantations comme illégales. Ce positionnement se base en partie sur la Quatrième convention de Genève, qui interdit à une puissance occupante de transférer des civils issus de sa population dans des territoires occupés.

L’Etat juif, pour sa part, maintient que la Cisjordanie n’est pas un territoire occupé mais plutôt une terre disputée qui avait été capturée à la Jordanie lors d’une guerre défensive, en 1967.

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