Netanyahu aux députés : l’accord gazier est vital pour le futur d’Israël
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Netanyahu aux députés : l’accord gazier est vital pour le futur d’Israël

Netanyahu défend l’accord controversé car nécessaire pour la sécurité nationale, la stabilité régionale ; de grandes discussions en cours avec la Turquie sur le développement gazier

Benjamin Netanyahu, au centre, et Yuval Steinitz, à droite, devant la commission des Affaires économiques de la Knesset le 8 décembre 2015. (Crédit : porte-parole de la Knesset)
Benjamin Netanyahu, au centre, et Yuval Steinitz, à droite, devant la commission des Affaires économiques de la Knesset le 8 décembre 2015. (Crédit : porte-parole de la Knesset)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a défendu l’accord gazier controversé devant la Commission des Affaires économiques de la Knesset mardi, déclarant que la signature de l’accord et le développement de ressources étaient essentiels pour assurer la sécurité du pays et la stabilité régionale.

Netanyahu s’est présenté devant la commission pour être interrogé sur les grandes lignes de l’accord, qui a été critiqué par certains car cédant trop de ressources du pays à des intérêts commerciaux.

Le Premier ministre a déclaré qu’aller de l’avant avec cet accord avec un consortium israélo-américain développant l’immense champ de gaz Leviathan était « essentiel pour le fonctionnement adéquat du pays ».

« Nous avons besoin d’assurer notre sécurité énergétique », a déclaré Netanyahu, ajoutant que pour Israël, être dépendant d’un seul gisement gazier offshore reviendrait à « attenter significativement à notre sécurité nationale ».

« Tous les intérêts pour Israël se dissipent si nous ne [développons] pas » les plate-formes, a-t-il dit. Les considérations sécuritaires nous forcent à développer plus de champs et plus de plateformes. Cela renforce les liens entre les [pays] modérés de la région, et cet accord est donc essentiel pour le futur d’Israël. »

Il a ajouté que l’accord était « essentiel » pour la position internationale d’Israël, et devrait aider à stabiliser la région, et a dit que Jérusalem tenait actuellement d’importantes discussions avec la Turquie et d’autres pays sur ce sujet.

« Un État qui exporte des ressources critiques à d’autres pays a plus de pouvoir, a-t-il dit. Plus vous êtes forts, plus les [autres pays] vous craignent. »

Il a dit que l’accord rendrait « Israël plus protégé contre la pression internationale », et aiderait à vaincre le mouvement BDS en rendant l’économie israélienne plus dure à boycotter.

Le ministre des Finances Moshe Kahlon et le ministre de l’Energie Yuval Steinitz ont aussi témoigné devant le panel.

Pendant son témoignage, Netanyahu a été chahuté par les députés de l’opposition, qui ont été ramenés au silence par le directeur du comité Eitan Cabel, un député de l’Union sioniste qui a critiqué l’accord.

Netanyahu, en tant que ministre de l‘Economie, doit légalement assister à la réunion du comité des affaires économiques afin d’assurer le suivi sur son intention de contourner l’autorité gouvernementale anti-trust pour signer l’accord.

Bien qu’il lui soit demandé de présenter son dossier devant la Commission des Affaires économiques, le comité n’a pas le pouvoir de s’opposer à la volonté de Netanyahu d’aller de l’avant avec cet accord, qu’il devrait signer.

Kahlon s’était auparavant disqualifié lui-même d’être impliqué dans les négociations autour de cet accord, citant un conflit d’intérêts dû à ses relations personnelles avec un partenaire des gisements de gaz.

Cabel, dont le parti mène l’opposition parlementaire, a préparé la réunion en demandant au public lundi via sa page Facebook des suggestions de questions qu’il devrait poser à Netanyahu durant la réunion du comité.

Président du comité des affaires économiques, le député Eitan Cabel (Union Sioniste), pendant une réunion du comité sur l'accord gazier controversé, 2 décembre 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Président du comité des affaires économiques, le député Eitan Cabel (Union Sioniste), pendant une réunion du comité sur l’accord gazier controversé, 2 décembre 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Selon les termes de l’accord proposé, qui a été approuvé par la Knesset en septembre, le gouvernement prévoit de céder les droits sur Leviathan, la plus grande réserve de gaz dans les eaux territoriales israéliennes, à un large consortium international mené par les compagnies Delek et Noble Energy.

La découverte de Leviathan, dont on pense qu’il contient 535 milliards de mètres cubes de gaz (18.9 trilliards de pieds cubiques), est considérée comme une mine d’or pour l’état, le transformant en un potentiel fournisseur majeur de gaz naturel et fournissant des centaines de milliards de shekels à l’état, selon Netanyahu.

Les critiques de l’accord, y compris l’ancien commissaire anti-trust David Gilo, qui a démissionné en mai à ce propos, ont exprimé des inquiétudes sur la création de facto d’un monopole qui mènerait à des prix élevés du gaz pour les Israéliens. Ils ont accusé le gouvernement de capituler devant les demandes des compagnies gazières.
Cependant, les politiques ont hésité à donner le feu vert à cette mesure controversée.

Le ministère de l’Economie a le pouvoir de signer en contournant l’autorité anti-trust mais l’ancien ministre de l’Economie Aryeh Deri, qui a longtemps refusé d’exercer ce droit, a finalement démissionné de son poste en novembre, déclarant que c’était pour ne pas barrer le chemin à cet accord.

L’accord a déclenché des manifestations quasi hebdomadaires à Tel Aviv et ailleurs par des militants qui disent que l’accord est trop favorable au partenariat Noble-Derek, aux dépens de l’Etat.

Dimanche soir, malgré le temps inhabituellement froid, des centaines de personnes ont pris part à une manifestation contre l’accord place Habima à Tel Aviv, lieu de manifestations similaires ces dernières semaines.

Des centaines d’autres ont manifesté à Nahariya, Arad, Modiin, et Ashdod, selon le site d’information Walla.
Plusieurs douzaines de manifestants se sont aussi rassemblés devant la résidence privée de Netanyahu dans la ville côtière de Césarée pour faire entendre leur opposition à l’accord.

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