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Netanyahu : Blinken commet une « grosse erreur » sur l’accord nucléaire iranien

En tant que Premier ministre, il s'était déjà fermement opposé à l'accord initial ; il a déclaré que la reprise des négociations était un danger pour le monde entier

Capture d'écran d'une vidéo du chef de l'opposition, le député Benjamin Netanyahu, parlant de l'accord sur le nucléaire iranien, le 27 mars 2022. (Crédit : Twitter)
Capture d'écran d'une vidéo du chef de l'opposition, le député Benjamin Netanyahu, parlant de l'accord sur le nucléaire iranien, le 27 mars 2022. (Crédit : Twitter)

Le chef de l’opposition, le député Benjamin Netanyahu, a déclaré dimanche que le secrétaire d’État américain Anthony Blinken s’était trompé en soutenant la relance d’un accord nucléaire de 2015 avec l’Iran, avertissant que les termes du pacte actualisé permettront à Téhéran de menacer le monde avec des armes atomiques.

Tout en notant son respect pour le haut diplomate américain, Netanyahu a déclaré dans une vidéo qu’il a tweetée dimanche : « Je suis fortement en désaccord avec le secrétaire d’État américain Anthony Blinken ».

« Je pense qu’il commet une grosse erreur », a-t-il déclaré.

« L’Iran sans l’accord nucléaire est un pays pauvre, un pays isolé, un pays qui n’a aucune légitimité internationale et aucune immunité contre une option militaire », a déclaré Netanyahu.

En revanche, a-t-il poursuivi, avec l’accord nucléaire, l’Iran « devient un pays riche avec des centaines de milliards de dollars qu’il utilisera pour le terrorisme et l’agression, un pays qui rompt l’isolement international et bénéficie de l’immunité contre les actions militaires ».

Netanyahu a déclaré que l’accord n’empêcherait pas l’Iran d’obtenir des armes nucléaires ou les moyens de les livrer aux États-Unis et à l’Europe, affirmant que les termes de l’accord permettront à l’Iran de continuer à développer des systèmes de missiles balistiques.

Il a exhorté le gouvernement à s’opposer au pacte.

Blinken a rencontré le Premier ministre Naftali Bennett plus tôt dans la journée ; il a également exprimé ses inquiétudes concernant l’accord, qui, selon les diplomates, serait sur le point d’être finalisé.

Lors d’une conférence de presse conjointe après leur rencontre, Blinken a déclaré qu’il « n’y avait aucune ambiguïté » entre les États-Unis et Israël sur les efforts visant à empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire, ainsi qu’à contrer ses menaces contre la région.

Il a ajouté que les États-Unis maintiendraient cette position, qu’un nouvel accord sur le nucléaire iranien soit conclu ou non.

« Qu’un accord soit ou non conclu, nous continuerons à travailler ensemble et avec d’autres partenaires pour contrer le comportement déstabilisateur de l’Iran dans la région », a-t-il déclaré.

En rencontrant plus tôt le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid, Blinken a déclaré que les États-Unis et Israël « étaient raccord » sur l’Iran malgré les désaccords sur l’accord nucléaire.

L’accord, officiellement appelé Plan d’action global conjoint, a accordé à l’Iran un allégement de lourdes sanctions en échange de restrictions sur son programme nucléaire pour l’empêcher d’obtenir des armes atomiques, un objectif que Téhéran nie rechercher. En 2018, l’administration Trump a retiré les États-Unis de l’accord et a réimposé des sanctions. L’Iran a réagi en abandonnant bon nombre de ses engagements et en intensifiant son programme nucléaire.

Les pourparlers parrainés par l’Europe à Vienne visent à ramener les États-Unis dans l’accord et à voir l’Iran se réengager à respecter ses conditions en échange d’une levée des sanctions.

Avant l’accord de 2015, signé sous le président américain de l’époque, Barack Obama, le Premier ministre de l’époque, Netanyahu, a mené une campagne publique contre l’accord, allant jusqu’à s’adresser au Congrès américain pour s’opposer à l’accord, malgré le soutien d’Obama. L’accord a finalement été signé et le discours de Netanyahu a été considéré comme une fracture supplémentaire des relations entre Israël et cette administration, ainsi qu’avec le parti démocrate.

Le Premier ministre Naftali Bennett à droite, avec le secrétaire d’État américain Anthony Blinken au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 27 mars 2021. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

La semaine dernière, Bennett a déclaré qu’il n’avait aucune intention de créer une rupture publique avec les États-Unis au sujet du renouvellement de l’accord nucléaire avec l’Iran, qu’il pense que Washington signera quoi qu’il arrive.

Selon la radio de l’armée, Bennett a déclaré en privé aux ministres du cabinet qu’Israël devait choisir avec soin ses batailles avec les États-Unis et qu’il se concentrait actuellement sur la dissuasion de Washington de retirer le Corps des gardiens de la révolution iraniens (CGRI) de la liste des groupes terroristes dans le cadre des négociations.

Plus tard dimanche, Blinken a rejoint le Sommet du Néguev, un rassemblement de quatre ministres des Affaires étrangères des États arabes du sud d’Israël organisé par Lapid. Les ministres devraient discuter des questions de sécurité régionale, l’Iran devant figurer en tête de l’ordre du jour.

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