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Bennett à Blinken: Israël « préoccupé » par un retrait des Gardiens de la liste noire

Le Premier ministre a salué le sommet "historique" du Neguev et se dit "fier des efforts d'Israël" concernant la guerre en Ukraine

Le Premier ministre Naftali Bennett rencontre le secrétaire d'État américain Antony Blinken, à droite, au bureau du Premier ministre, le 27 mars 2022. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)
Le Premier ministre Naftali Bennett rencontre le secrétaire d'État américain Antony Blinken, à droite, au bureau du Premier ministre, le 27 mars 2022. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Lors d’une rencontre avec le secrétaire d’État américain en visite, Antony Blinken, le Premier ministre Naftali Bennett a exprimé dimanche les inquiétudes d’Israël quant à la possibilité que Washington retire le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) iranien de sa liste de groupes terroristes, alors qu’il réintègre l’accord nucléaire avec la République islamique.

Lors d’une conférence de presse conjointe avec le plus haut diplomate américain au bureau du Premier ministre à Jérusalem, M. Bennett a remercié les Etats-Unis pour leur soutien et leur engagement envers Israël et sa sécurité.

Le premier ministre a également remercié M. Blinken pour ses efforts « pour faire avancer et développer » les accords d’Abraham.

« Le Moyen-Orient change et il change pour le mieux », a déclaré M. Bennett. « Nous travaillons ensemble pour surmonter les forces des ténèbres et construire un nouvel avenir ».

Ses commentaires sont intervenus quelques heures avant que Bennett ne rejoigne ses homologues d’Israël, des Émirats arabes unis, de Bahreïn, du Maroc et d’Égypte lors d’un sommet spécial dans le Neguev, que Bennett a décrit comme « historique ».

S’exprimant après M. Bennett, M. Blinken a vanté « l’engagement sans faille » de l’administration Biden en faveur de la sécurité d’Israël et a noté la récente approbation par le Congrès du financement du système antimissile du Dôme de fer.

Au sujet de l’Iran, M. Bennett a fait référence aux attaques des Houthis en Arabie Saoudite la semaine dernière, qu’il a dénoncées, ajoutant qu’il était préoccupé par le retrait éventuel du Corps des Gardiens de la Révolution islamique de la liste des organisations terroristes étrangères (FTO) des États-Unis dans le cadre d’un nouvel accord nucléaire avec Téhéran.

« J’espère que les États-Unis entendront les inquiétudes soulevées dans la région, par Israël et d’autres pays, sur cette question », a-t-il déclaré.

Le Représentant spécial des États-Unis pour l’Iran, Robert Malley, participe à une table ronde au Forum de Doha dans la capitale du Qatar le 27 mars 2022. (Crédit : Marwan Tahtah/MOFA/Forum de Doha)

Téhéran a déclaré que le retrait du CGRI de la liste des organisations terroristes américaines était une condition préalable au rétablissement de l’accord.

S’exprimant dimanche à Doha, la capitale qatarie, l’envoyé américain Robert Malley a déclaré que « le CGRI restera sanctionné par la loi américaine« .

M. Blinken a déclaré qu’il n’y avait « aucune ambiguïté » entre les États-Unis et Israël quant aux efforts visant à empêcher l’Iran d’obtenir une arme nucléaire ou à contrer ses menaces dans la région.

Il a ajouté que les États-Unis maintiendraient cette position, qu’un nouvel accord sur le nucléaire iranien soit conclu ou non.

« Accord ou pas, nous continuerons à travailler ensemble et avec d’autres partenaires pour contrer le comportement déstabilisateur de l’Iran dans la région », a-t-il déclaré.

En rencontrant plus tôt le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid, Blinken a déclaré que les États-Unis et Israël « étaient raccord » sur l’Iran malgré les désaccords sur l’accord nucléaire.

Le Secrétaire d’État américain Antony Blinken (à gauche) et le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid (à droite) lors d’une conférence de presse à Jérusalem, le 27 mars 2022 (Crédit : ministère des Affaires étrangères)

À la question spécifique posée lors de sa conférence de presse avec Lapid de savoir si le CGRI était une organisation terroriste étrangère, Blinken a donné une réponse circonspecte. Le CGRI, a-t-il dit, « est probablement l’organisation la plus désignée d’une manière ou d’une autre dans le monde parmi les organisations que nous désignons, y compris la désignation d’organisation terroriste étrangère ».

Bennett a également protesté contre l’idée de retirer le CGRI de la liste au cours d’une réunion du cabinet plus tôt dimanche.

« L’idée que cette organisation puisse être retirée de la liste des organisations terroristes (FTO), est très inquiétante et pas seulement pour nous », a-t-il déclaré. « Nous continuons à espérer et à travailler pour empêcher que cela ne se produise. »

Tensions croissantes avec les Palestiniens

Lors de la conférence de presse avec Blinken, Bennett a déclaré qu’Israël travaillait « à améliorer la vie » des Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza.

Il a fait référence à la décision prise dimanche de porter à 20 000 le nombre de permis permettant aux habitants de Gaza de travailler en Israël, ainsi qu’à un investissement prévu de 40 millions de shekels pour améliorer les points de passage entre Israël et la bande de Gaza.

Un agent de sécurité du Hamas contrôle un camion entrant dans la bande de Gaza à la porte du passage de marchandises de Kerem Shalom avec Israël, à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 21 juin 2021. (Crédit : Adel Hana/AP)

« Bien que nous ne puissions pas tout résoudre, nous pouvons améliorer la vie des gens sur le terrain… Même si vous ne pouvez pas tout résoudre, cela ne signifie pas que vous ne pouvez rien faire », a-t-il déclaré.

Bennett a été critiqué par les dirigeants des habitants des implantations et les députés de droite pour avoir utilisé le terme « Cisjordanie » au cours de la conférence de presse, plutôt que le nom biblique de la région, « Judée et Samarie ».

Au cours de la conférence de presse, M. Blinken a réitéré le soutien des États-Unis à une solution à deux États et s’est félicité des réunions entre les ministres israéliens et les hauts responsables de l’Autorité palestinienne, « y compris le ministre de la Défense Benny Gantz. »

Selon des reportages publiés samedi, Bennett aurait interdit à Gantz d’assister à une réunion à Ramallah cette semaine entre le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et le roi de Jordanie Abdullah II.

M. Blinken devait rencontrer le dirigeant palestinien à Ramallah après son entretien avec M. Bennett.

Un agent de la police des frontières monte la garde près de la porte de Damas à Jérusalem-Est, dans la nuit du 27 janvier 2022. (Crédit : Police israélienne)

M. Blinken a déclaré qu’il avait discuté avec M. Bennett de stratégies visant à garantir le calme cette année pendant les fêtes du Ramadan, de Pâques et de Pessah, qui se chevauchent.

Il a souligné la nécessité de « prévenir toute action de tous côtés qui risqueraient de faire monter les tensions, y compris l’expansion des implantations. »

« C’est un message que je soulignerai dans toutes mes réunions au cours de ce voyage », a-t-il déclaré.

Concernant l’invasion de l’Ukraine par la Russie, M. Bennett a déclaré qu’Israël s’engageait à faire tout ce qui est en son pouvoir « pour mettre fin à l’effusion de sang » et a souligné le soutien israélien au peuple ukrainien. Il a également noté qu’Israël fournissait une aide humanitaire.

« Je suis fier des efforts d’Israël », a-t-il déclaré.

M. Bennett a déclaré que les efforts diplomatiques d’Israël pour mettre fin à la guerre « sont en coordination » avec les États-Unis et d’autres pays.

M. Blinken a salué les « efforts diplomatiques importants » d’Israël pour servir de médiateur entre Moscou et Kiev, et a fait l’éloge de l’aide humanitaire israélienne, notamment la création d’un hôpital de campagne en Ukraine occidentale.

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