Netanyahu condamne « l’antisémitisme » après un acte de vandalisme à Strasbourg
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Netanyahu condamne « l’antisémitisme » après un acte de vandalisme à Strasbourg

Ce nouvel acte contre une stèle de 1,6 tonne, qui s'inscrit dans un contexte général de hausse des actes antisémites en France, a déclenché une vague d'indignations

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu fait une déclaration télévisée après une réunion de son parti au pouvoir, le Likud, à Ramat Gan, le 21 février 2019. (Menahem Kahana/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu fait une déclaration télévisée après une réunion de son parti au pouvoir, le Likud, à Ramat Gan, le 21 février 2019. (Menahem Kahana/AFP)

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a condamné dimanche toute « apparition d’antisémitisme » à la suite à la dégradation à Strasbourg d’une stèle marquant l’emplacement d’une ancienne synagogue dynamitée par les nazis en 1941, lit-on dans un communiqué de son bureau.

« Je condamne fermement toute apparition d’antisémitisme et appelle tous les dirigeants des pays éclairés à dénoncer l’antisémitisme de manière systématique », a déclaré M. Netanyahu avant le conseil des ministres, selon ce communiqué.

Deux semaines après la profanation d’un cimetière juif près de Strasbourg, la stèle marquant l’emplacement d’une ancienne synagogue dans cette ville de l’est de la France, dynamitée par les nazis en 1941, a été vandalisée dans la nuit de vendredi à samedi, suscitant une pluie de condamnations.

M. Netanyahu a également salué le fait que « de plus en plus de pays considéraient l’antisionisme comme une forme d’antisémitisme ».

La stèle de 1,6 tonne commémorant le site de l’Ancienne Synagogue de Strasbourg, détruite par les nazis au cours de la Seconde Guerre mondiale, après avoir été vandalisée pendant la nuit du 2 mars 2019 à Strasbourg, en France. (Crédit : FREDERICK FLORIN / AFP)

Samedi matin, « vers 9H00, un passant a signalé à (la police) des dégradations sur la stèle commémorative » installée à l’endroit où se trouvait l’ancienne synagogue et renversée dans la nuit, a indiqué la préfecture du Bas-Rhin.

Le monument, qui pèse 1,6 tonne, a été remis en place vers 15H30 par les services de la ville, a constaté l’AFP.

La police a ouvert une enquête afin d’identifier le ou les auteurs de la dégradation, a précisé la préfecture.

« L’enquête explore toutes les pistes – vidéosurveillance et témoignages – afin de déterminer l’origine intentionnelle ou accidentelle de l’événement », ainsi que son caractère antisémite, selon une source proche du dossier.

Cet « acte de vandalisme » avait « tous les signes de l’antisémitisme », a estimé devant la presse Alain Fontanel, premier adjoint au maire de Strasbourg.

L’élu a évoqué des images de vidéosurveillance montrant samedi « un peu avant 07H00 » la présence près de la stèle d’une voiture dont il faut vérifier si ses occupants ont « commis l’acte ».

Souvenir de l’ancienne synagogue, la stèle a été installée en 1976 et porte l’inscription : « ici s’élevait depuis 1898 la synagogue de Strasbourg, incendiée et rasée par les nazis le 12 septembre 1940 », lorsque l’Alsace venait d’être annexée par le IIIe Reich. Les décombres de la synagogue avaient été dynamités l’année suivante.

Ce nouvel acte, qui s’inscrit dans un contexte général de hausse des actes antisémites, a déclenché une vague d’indignations.

La dégradation a suscité « tristesse, dégoût, colère et révolte » au sein de la Grande Mosquée de Strasbourg, a indiqué dans un communiqué son président Saïd Aalla, condamnant « avec la plus grande fermeté ce nouvel acte antisémite ».

« Je condamne la dégradation de la stèle », a réagi sur Twitter le président du Parlement européen, Antonio Tajani, appelant à « stopper la recrudescence de l’antisémitisme ».

« Un mémorial juif vandalisé : une tendance triste et dangereuse », a tweeté Daniel Holtgen, porte-parole du Conseil de l’Europe, vigie des droits de l’homme en Europe.

« Une nouvelle fois : ça suffit ! », a réagi sur Facebook le maire (PS) de Strasbourg, Roland Ries, évoquant une « profanation ».

« Une enquête est en cours », a constaté, prudent, Thierry Roos, porte-parole du consistoire israélite du Bas-Rhin. « Le consistoire est consterné par la dégradation de cette stèle (…), que ce soit intentionnel ou non », a-t-il ajouté, dans l’attente des conclusions de cette enquête.

Président (LR) de la région Grand Est, Jean Rottner a exprimé « son indignation et son émotion devant ce nouvel acte antisémite ».

Une personne passe près de la pierre commémorative marquant le site de la vieille synagogue de Strasbourg, détruite par les nazis au cours de la Seconde Guerre mondiale, après avoir été vandalisée pendant la nuit du 2 mars 2019 à Strasbourg, dans l’est de la France. (Crédit : FREDERICK FLORIN / AFP)

Le Bas-Rhin a été frappé à plusieurs reprises par l’antisémitisme ces derniers mois.

Le 19 février, 96 tombes du cimetière juif de Quatzenheim, au nord-ouest de Strasbourg, ont été retrouvées recouvertes de croix gammées.

Une photo prise le 20 février 2019 à Quatzenheim montre des svastikas peintes sur des tombes dans un cimetière juif, le jour d’une marche nationale contre une recrudescence des attaques antisémites. – Environ 96 tombes ont été vandalisées dans un cimetière du village de Quatzenheim, près de la frontière avec l’Allemagne, dans la région Alsace. (Crédit : Frederick FLORIN / AFP)

Le Premier ministre israélien avait alors dénoncé un acte « choquant » commis par de « sauvages antisémites ».

Le 11 décembre, jour de l’attentat jihadiste contre le marché de Noël de Strasbourg, un autre cimetière juif avait été découvert profané à Herrlisheim, au nord-est de Strasbourg: trente-sept stèles et le monument des martyrs de la Shoah avaient été souillés de graffitis antisémites.

Le 3 février, des « propos antisémites violents » avaient été proférés en marge d’une manifestation des « gilets jaunes » à Strasbourg, selon la préfecture.

Et en 2015, environ 300 tombes du cimetière juif de Sarre-Union avaient été vandalisées. L’enquête avait mis en évidence un mobile antisémite et cinq adolescents, qui avaient reconnu leur participation, avaient été condamnés en 2017 à des peines de huit à 18 mois de prison avec sursis.

Au total, la France a recensé 541 actes antisémites en 2018, un chiffre en hausse de 74 % sur un an.

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