Netanyahu, d’accord pour dire que les choses doivent changer au mont du Temple
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Interview'S’il n’a pas promis la liberté de culte pour les Juifs, le Premier ministre a déclaré que la situation actuelle dans laquelle les Juifs sont harcelés est intenable'

Netanyahu, d’accord pour dire que les choses doivent changer au mont du Temple

Le Premier ministre n’est pas satisfait de la situation actuelle sur le lieu saint, véritable poudrière, a déclaré Yehuda Glick, dont la tentative, de l’an dernier, de permettre la prière juive a failli lui coûter la vie

Elhanan Miller est notre journaliste spécialiste des affaires arabes

Benjamin Netanyahu et le rabbin Yehuda Glick avec le guide rédigé par Yehuda Glick sur le mont du Temple, le 19 août 2015. (Crédit : autorisation Yehuda Glick)
Benjamin Netanyahu et le rabbin Yehuda Glick avec le guide rédigé par Yehuda Glick sur le mont du Temple, le 19 août 2015. (Crédit : autorisation Yehuda Glick)

Le mois prochain, entouré par ses amis et sa famille, Yehuda Glick célébrera son premier anniversaire de survie de la tentative d’assassinat qui l’a laissé dans un état critique sur un trottoir de Jérusalem pas très loin de la Vieille Ville.

Alors qu’il songe à son passé, l’activiste iconique du mont du Temple est très reconnaissant.

Lorsque Mutaz Hijazi s’est approché de lui à proximité du Centre Menachem Begin le 29 octobre, lui tirant quatre balles dans le dos à bout portant alors qu’il s’excusait à « l’ennemi d’al-Aqsa », Glick était un activiste à la marge, connu principalement des idéologues de droite.

Aujourd’hui, il a une réelle chance d’entrer à la Knesset au Likud et a l’oreille du Premier ministre Benjamin Netanyahu et du ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan.

« Dieu a été bon avec bon », a déclaré Glick au Times of Israel cette semaine.

Pendant des années, le rabbin de 49 ans qui dirige la Fondation Héritage du Mont du Temple a été un défenseur virulent du droit des Juifs de prier sur le mont du Temple. Mais, avant la tentative d’assassinat politique, sa voix ne parvenait pas à une grande majorité d’Israël.

Maintenant, cette obscurité relative est de l’histoire ancienne.

Le 19 août, Glick a rencontré le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour un entretien en tête-à-tête qui a duré plus d’une demi-heure afin de discuter de la situation sur le mont du Temple, comme des propres aspirations politiques de Glick. Lors de la rencontre, a-t-il déclaré, Netanyahu n’était pas seulement « chaleureux et compréhensif », mais il soutient également politiquement la cause de Glick.

« Je lui ai dit que je n’allais pas devenir un fauteur de troubles. Au contraire, je fais partie d’une équipe, et je soutiendrai ses réussites en tant que Premier ministre », a déclaré Glick, qui est membre du parti au pouvoir le Likud depuis 1997.

« Nous avons l’impression que ce gouvernement, plus que n’importe quel autre gouvernement dans le passé, est sensible au besoin des Juifs [sur le mont du Temple]. J’espère que nous verrons les résultats de cela ».

Glick a profité de la visite pour présenter à Netanyahu un petit livre publié par son organisation. Rempli de photographies et de diagrammes, « Se Lever et Monter » est un livre guide de 75 pages retraçant l’histoire et la topographie du mont du Temple, tout en donnant des informations pratiques pour les touristes et les pèlerins. Un donateur a promis d’apporter la somme manquante pour la campagne de financement en ligne de 10 000 dollars pour le livre que l’organisation a lancée la semaine dernière.

Le guide, a été écrit pour encourager des visites de Juifs et de non-Juifs au mont du Temple, défie le statut quo établi en 1967 par le ministre de la défense de l’époque, Moshe Dayan, qui a entériné le lieu comme une place de culte pour les musulmans et un site touristique pour tous les autres, interdisant ainsi la prière juive. Le livre souligne l’objectif double du tourisme occidental sur le mont à la fois comme une forme de pèlerinage religieux et comme une déclaration politique.

« En montant sur le mont du Temple, peut-on lire à la page 43 du livre, vous aurez l’opportunité de satisfaire votre curiosité, de toucher et de sentir le caractère sacré du lieu choisi par le Seigneur, et de remplir ses commandements en montrant l’honneur au Temple. Vous ferez aussi votre propre contribution au mouvement pour obtenir une liberté complète de culte. »

Selon Glick, Netanyahu, sans promettre la « liberté de culte » pour les Juifs sur le site, a reconnu que la situation actuelle, dans laquelle des Juifs sont harcelés par des activistes musulmans hommes et femmes, connus respectivement comme Murabitun et Murabitat, est intenable.

« Il est très préoccupé par la situation », a déclaré Glick au sujet de Netanyahu, ajoutant que le Premier ministre soutient totalement son ministre de la Sécurité publique qui a interdit les femmes activistes du mont du Temple lors des visites matinales depuis la semaine dernière.

« Il [Netanyahu] a déclaré qu’ils [les activistes musulmans] doivent être enlevés de là. D’un autre côté, il a discuté de toute la ramification politique avec moi. Il m’a dit avec fermeté que cette situation ne peut pas continuer, et qu’il a demandé au Bureau du Procureur de l’Etat et à toutes les organisations de sécurité de résoudre la question ».

Selon Glick, par « cette situation », Netanyahu faisait allusion non seulement au harcèlement des juifs pratiquants sur le mont du Temple, mais aussi aux heures de visite limitées pour les touristes : quatre heures et demi par jour en été et trois heures et demi en hiver.

Netanyahu a déclaré à plusieurs reprises qu’il n’avait pas l’intention de changer le status quo sur le mont du Temple en y autorisant la prière juive.

« Nous ne pouvons pas comparer la situation qui prévalait autrefois, quand à peine dix Juifs montaient sur le mont du Temple à celle d’aujourd’hui quand des centaines et des milliers veulent monter », a déclaré Glick.

« Il [Netanyahu] dit que la situation doit être réévaluée. Il est ouvert aux idées. Il a résolument dit qu’il est prêt à examiner toute idée qui pourrait contribuer à la réduction des tensions. Nous avons discuté de toutes sortes de directions possibles ».

Glick a refusé de fournir plus de détails des idées discutées avec le Premier ministre, et n’a pas non plus souhaité aborder l’accroissement de la pression exercée par la Jordanie, qui revendique un rôle politique sur le site et emploie du personnel islamique agissant sur le mont du Temple.

La mise à l’écart par la police des activistes musulmanes du mont du Temple pendant les heures de visite matinales est considérée comme un succès important par Glick et ses partisans. Soulignant que cela pourrait être une première étape vers la répartition des heures de visite sur le mont du Temple entre Juifs et Musulmans, ouvrant la voie au culte juif sur le site.

« Je sens qu’il y a un nouvel esprit directeur dans la police. Le ministre Erdan est complètement différent de [l’ancien] ministre [Yitzhak] Aharonovitch. Il prend des initiatives, comprend la situation complexe, et est à notre écoute », a expliqué Glick.

« Il veut faire avancer la situation, mais nous savons tous que cela ne peut se faire en un jour. La seule chose qui peut apporter des changements est une augmentation de la présence juive sur le site. [Nous avons besoin de] plus de pression, de gens qui montent et de touristes qui témoignent de la situation ».

Occupant la 33e place sur la liste du Likud pour la Knesset, Glick pourrait bientôt se trouver au Parlement israélien.

Le mercredi 2 septembre, Sharren Haskel, le numéro 31 au Likud, prêtera serment comme députée, remplaçant Danny Danon qui vient d’être nommé ambassadeur d’Israël à l’ONU. Un ministre du Likud pourrait également démissionner au cours de la prochaine session de la Knesset dans le cadre de « la loi norvégienne, » ouvrant la voie au numéro 32, Amir Ohana. Cela laisserait Glick en première ligne.

« Je ne sais pas si cela va se produire demain, dans deux mois, ou pas du tout », a dit Glick quant à la perspective qu’il puisse entrer à la Knesset.

« Quand Dieu voudra que j’y sois, j’y serai, et pas un instant plus tôt ».

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