Netanyahu demande à l’Ethiopie d’aider à libérer les Israéliens détenus à Gaza
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Netanyahu demande à l’Ethiopie d’aider à libérer les Israéliens détenus à Gaza

Le Premier ministre salue les relations bilatérales avec Addis Abeba, et dit qu’il s’est engagé à faire venir les derniers Juifs éthiopiens en Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalgn se serrent la main à Addis Abeba le 7 juillet 2016 (Crédit : Bureau du Premier ministre)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalgn se serrent la main à Addis Abeba le 7 juillet 2016 (Crédit : Bureau du Premier ministre)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rencontré jeudi son homologue éthiopien à Addis Abeba, et lui a demandé de l’aide pour permettre la libération d’Avraham Mengistu, un Israélien éthiopien détenu par le Hamas dans la bande de Gaza.

Mengistu, qui est entré dans la bande de Gaza en septembre 2014, est l’un des deux Israéliens détenus par le Hamas, qui détient aussi les corps de deux soldats israéliens tués pendant l’opération Bordure protectrice de l’été 2014. La famille de Mengistu et celles de deux autres soldats ont manifesté devant la résidence de Netanyahu à Jérusalem pour demander des mesures pour assurer la libération d’Avraham et la restitution des corps des soldats.

« Nous soulevons le sujet de nos citoyens dans diverses opportunités, y compris ici bien sûr », a déclaré Netanyahu aux journalistes après avoir rencontré le Premier ministre éthiopien, Haile Mariam Desalegn.

Le Premier ministre a été critiqué ces dernières semaines pour ne pas s’être assuré de l’aide turque pour faire pression sur le Hamas pour la libération de Mengistu et Hisham al-Sayed, le deuxième Israélien détenu dans la bande de Gaza ; et les corps de Hadar Goldin et Oron Shaul. Israël a signé un accord de réconciliation avec la Turquie qui traite certains aspects de sa politique à Gaza, mais pas le sujet des Israéliens qui y sont détenus.

Un photo non datée d'Avraham Mengistu (Crédits : autorisation de la famille)
Une photo non datée d’Avraham Mengistu (Crédits : autorisation de la famille)

Netanyahu a également déclaré qu’Israël travaillait à faire venir les 9 000 Juifs éthiopiens restant en Israël.

En novembre, le gouvernement avait approuvé l’immigration de la communauté restante, qui ne s’était pas précédemment qualifiée pour l’alyah malgré son identité juive fervente.

La décision avait chancelé trois mois plus tard, quand le bureau du Premier ministre avait refusé de mettre en place le programme en raison du milliard de dollars nécessaire au financement du processus d’intégration, qui ne faisait pas partie du budget de l’Etat. Il a finalement été approuvé en avril, et devait commencer en juin. Mais, alors que Netanyahu est en Afrique pour une visite de quatre jours cette semaine, son bureau a refusé de donner des raisons au retard du processus.

« Nous avons un engagement et nous l’honorons, sur une base humanitaire et de réunification des familles, a-t-il déclaré. Cela sera mené pendant ce budget. Nous y sommes obligés, et nous le traitons. »

Netanyahu est arrivé jeudi à Addis Abeba, pour l’étape finale de sa visite d’Etat dans quatre pays d’Afrique de l’Est, qui doit renforcer les relations économiques et diplomatiques. Lui et Hailemariam ont parlé de la coopération bilatérale dans les domaines de l’eau, de l’agriculture, des communications, du tourisme, et de l’éducation, a annoncé le bureau du Premier ministre.

Netanyahu a déclaré qu’il voulait « des équipes intégrées qui travaillent au niveau gouvernemental, mais aussi des entreprises qui ont créé leurs propres capacités dans ce domaine, des capacités démontrées, en Israël et dans le monde entier, pour travailler avec vous et les entreprises éthiopiennes ».

Même si le Premier ministre n’a pas abordé les sujets de la coopération militaire ou de l’industrie militaire, le chef d’Elbit Systems, l’un des plus importants sous-traitants militaires israéliens, l’aurait accompagné pendant sa visite en Ethiopie.

Parallèlement, l’Ethiopie a donné son soutien à Netanyahu pour qu’Israël se voit accorder le statut de « pays observateur » à l’Union africaine (UA).

« Israël travaille dans beaucoup de pays africains. Il n’y a pas de raison de dénier la position d’observateur à Israël », a déclaré Hailemariam Desalegn.

La position d’observateur est accordée à certains pays non européens qui souhaitent s’engager avec l’UA, suivre les délibérés et assister à ses rassemblements. Israël a été observateur de l’organisation ayant précédé l’UA, mais son statut n’a pas été renouvelé à la fondation de l’UA en 2002.

L’organisation de 54 membres, dont le siège est à Addis Abeba, serait un allié diplomatique important pour Israël, au moment où l’Ethiopie commence un mandat de deux ans de membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU en 2017.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a utilisé son statut d’observateur à l’UA depuis 2013 pour assister aux sommets de l’UA, y donner des discours et consolider des soutiens diplomatiques dans le conflit israélo-palestinien.

« Vous avez dit qu’Israël a une place particulière en Ethiopie, et que l’Ethiopie a une place particulière en Israël », a déclaré Netanyahu dans son communiqué commun avec Hailemariam. « Et c’est absolument vrai. En fait, cela remonte à 3 000 ans avec le roi Salomon et la reine de Saba, et je suggère que nous n’attendions pas 3 000 années de plus pour cimenter cette relation extraordinaire. »

Netanyahu devrait également s’adresser au parlement éthiopien pendant sa visite à Addis Abeba, avant de conclure sa tournée africaine et de revenir en Israël.

L’AFP a contribué à cet article.

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