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Netanyahu dément avoir autorisé les paiements des salaires aux prisonniers palestiniens

Un conseiller d'Abbas clame qu'Israël a signé un accord en 2014 permettant de continuer le versement des salaires via l'OLP

Benjamin Netanyahu à la cérémonie de Yad Vashem à Jérusalem, à Yom HaShoah, le 23 avril 2017. (Crédit : capture d'écran Yad Vashem)
Benjamin Netanyahu à la cérémonie de Yad Vashem à Jérusalem, à Yom HaShoah, le 23 avril 2017. (Crédit : capture d'écran Yad Vashem)

Le Bureau du Premier ministre a rejeté mercredi les affirmations faisant état d’un accord donné par le Premier ministre Netanyahu en 2014 à une formule permettant aux chefs des Palestiniens de continuer à verser des paiements aux familles de prisonniers sécuritaires détenus dans les prisons israéliennes.

Dans une déclaration, le Bureau a qualifié ces propos « d’autre invention palestinienne, des faits qui ne sont jamais survenus, ce qui a pour objectif de détourner l’attention du débat sur la nécessité de mettre un terme aux financements des terroristes par l’Autorité palestinienne ».

Précédemment, la radio militaire israélienne avait fait savoir qu’Ahmad Majdalan – un haut-responsable de l’OLP et conseiller auprès du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas – avait déclaré à la station de radio qu’en mai 2014, le négociateur de Netanyahu Yitzhak Molcho, le secrétaire-général de l’OLP et négociateur palestinien en chef Saeb Erekat ainsi que le secrétaire d’Etat John Kerry avaient signé un document autorisant les Palestiniens à verser un salaire aux familles de prisonniers à partir des fonds de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP). Ces versements étaient auparavant effectués par l’Autorité palestinienne.

C’est la raison pour laquelle le département chargé des prisonniers avait été détaché du gouvernement palestinien il y a quelques temps, tout en ayant l’autorisation de continuer dans le cadre de l’OLP. Abbas est chef à la fois de l’OLP et de l’AP.

Les Palestiniens auraient prévu de montrer ce document au président américain Trump durant sa rencontre avec Abbas mercredi lorsque ce sujet aurait été abordé.

Saeb Erekat, secrétaire général de l'Organisation de la libération de la Palestine (OLP), à Ramallah, le 23 novembre 2015. (Crédit : Abbas Momani/AFP)
Saeb Erekat, secrétaire général de l’Organisation de la libération de la Palestine (OLP), à Ramallah, le 23 novembre 2015. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Le porte-parole de la Maison Blanche Sean Spicer a déclaré pour sa part que « le président s’est inquiété des paiements effectués aux prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes qui se sont rendus coupables d’actes terroristes ainsi qu’à leurs familles, et a souligné la nécessité de résoudre ce problème ». Il n’a malgré tout pas mentionné les réponses apportées par la délégation palestinienne.

La semaine dernière, la Deuxième chaîne a cité le ministre chargé des Affaires des prisonniers de l’AP qui disait qu’Abbas « rejetait catégoriquement » les demandes israéliennes de mettre un terme à ses paiements aux prisonniers.

Environ 6 500 Palestiniens sont actuellement détenus par Israël pour divers délits et crimes terroristes. Environ 500 ont été placés en détention selon les règles du système israélien de détention administrative, qui autorise une incarcération sans accusation préalable.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a expliqué que les salaires payés par l’AP aux prisonniers incarcérés constituaient un obstacle majeur à la paix.

Mardi, trois sénateurs américains issus du parti républicain ont vivement recommandé au président Trump de s’entretenir de la question des salaires versés aux familles de terroristes par l’AP avec le chef palestinien.

« Nous vous demandons d’évoquer ce problème avec le président Abbas durant sa visite et de lui dire clairement que la pratique de l’AP de donner l’argent des aides aux terroristes et à leurs familles doit s’arrêter », ont écrit les législateurs dans un courrier à Trump.

Signé par le sénateur de Floride Marco Rubio, le sénateur de l’Arkansas Tom Cotton et le sénateur de Caroline du sud Lindsey Graham, le courrier affirme que les Etats-Unis ne peuvent considérer les Palestiniens comme des partenaires de paix tant qu’ils continuent à récompenser les activités terroristes.

« Cette pratique doit s’arrêter moralement dans la mesure où les Etats-Unis ne sauraient être complices d’incitation au terrorisme », écrivent-t-ils. « Et stratégiquement, il faut que cela s’arrête parce que l’AP ne convaincra jamais les Américains, le Congrès ou Israël qu’elle est sérieuse dans sa demande de paix en finançant toujours le terrorisme ».

Les législateurs républicains ont indiqué que l’Autorité palestinienne dépense à peu près 300 millions de dollars annuels en paiements aux terroristes et à leurs familles, notamment dans l’affaire de Taylor Force, officier de l’armée américaine qui avait été poignardé à mort alors qu’il visitait Israël en mars 2016.

Eric Cortellessa a contribué à cet article.

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