Netanyahu dénonce une « chasse aux sorcières » face à une possible inculpation
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Netanyahu dénonce une « chasse aux sorcières » face à une possible inculpation

"Ce château de cartes s'écroulera totalement après les élections", a assuré le Premier ministre ; Réactions des partis politiques - entre soutien et appels à démissionner

Le Premier ministre et chef du Likud Benjamin Netanyahu fait une déclaration aux médias à Kfar Maccabiah, Ramat Gan, le 21 février 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)
Le Premier ministre et chef du Likud Benjamin Netanyahu fait une déclaration aux médias à Kfar Maccabiah, Ramat Gan, le 21 février 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dénoncé jeudi la perspective d’être inculpé pour corruption comme relevant d’une « chasse aux sorcières » et d’un plan de ses adversaires pour renverser son gouvernement de droite.

M. Netanyahu, chef du parti de droite Likud, s’est présenté comme la cible d’une campagne de calomnies sans précédent, et a assuré qu’il ne resterait rien au bout du compte des soupçons contre lui.

Il s’exprimait dans une déclaration télévisée après avoir été informé par le procureur général Avichaï Mandelblit de l’intention de ce dernier de l’inculper pour corruption, fraude et abus de confiance.

Cette annonce intervient en pleine campagne en vue des législatives anticipées du 9 avril. M. Netanyahu s’en est pris à ce qu’il appelle la « gauche » et qui, pour lui, comprend aussi la liste centriste de ses principaux challengers, Benny Gantz et Yaïr Lapid.

« La gauche sait parfaitement qu’elle ne peut pas nous battre dans les urnes, alors depuis trois ans elle mène une chasse aux sorcières sans précédent pour renverser le gouvernement de droite que je dirige et installer à sa place le gouvernement gauchiste de Lapid et Gantz », a-t-il dit.

« Ce château de cartes s’écroulera totalement après les élections », a-t-il ajouté en refoulant difficilement son émotion à l’évocation des épreuves endurées selon lui par sa famille.

« J’ai l’intention de continuer à vous servir en tant que Premier ministre pendant encore de nombreuses années ».

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman annonce sa démission de son poste suite au cessez-le-feu avec le Hamas dans la bande de Gaza, lors d’une conférence de presse à la Knesset le 14 novembre 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

« En Israël, le tribunal est le seul organe habilité à décider de la culpabilité ou de l’innocence », a déclare le président du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, dans un communiqué. « La présomption d’innocence est garantie pour tout le monde, y compris le Premier ministre. C’est pourquoi Netanyahu peut se présenter aux élections à la Knesset comme tout le monde. »

De même, le parti HaYamin HaHadash a affirmé que Netanyahu « jouit de la présomption d’innocence, comme tout autre citoyen. Nous respectons la décision du procureur général, mais tout comme le procureur général lui-même a dit qu’il se présenterait à l’audience [préalable à l’accusation] avec un esprit ouvert, nous attendrons aussi [de juger Netanyahu] après l’audience. HaYamin HaHadash demandera au président de nommer Netanyahu pour former la prochaine coalition. »

YaHadout HaTorah a également déclaré qu’il considérait Netanyahu comme innocent jusqu’à preuve du contraire, confirmant qu’il continuerait à le soutenir « particulièrement durant cette période délicate, tant que la loi le permettra. »

Selon des sources citées par le site d’information Ynet, un haut responsable juridique a rejeté l’accusation « embarrassante » du Premier ministre Benjamin Netanyahu selon laquelle le procureur général Avichai Mandelblit avait cédé aux pressions de la gauche en annonçant des accusations de corruption à son encontre en attendant une audience.

« Ce sont des accusations sans fondement », a ajouté le responsable. « Des prétextes sans fondement. »

Le Parti travailliste a réitéré son appel au Premier ministre Benjamin Netanyahu à démissionner après le discours télévisé du Premier ministre.

« Le spectacle est terminé », a déclaré le parti dans un communiqué. « Netanyahu, c’en est assez. Vous nous embarrassez. Prenez vos responsabilités et démissionnez. La nation israélienne ne veut pas d’un leadership corrompu. Affrontez votre bataille en tant que simple citoyen. N’embarrassez pas le bureau du Premier ministre. »

Le parti Meretz avait demandé à la commission des élections d’empêcher la retransmission en direct de la déclaration de Netanyahu, affirmant qu’elle équivaudrait à « 20 minutes de propagande électorale du Likud ».

Le chef du parti Yesh Atid, Yair Lapid (à gauche) et le chef du parti Hossen LeYisrael, Benny Gantz. (Yossi Zeliger/Flash90, Hadas Parush/Flash90)

Le chef du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, a déclaré suite au discours du Premier ministre Benjamin Netanyahu qu’il s’agissait d’un « jour triste » pour Israël, affirmant que le pays ne peut pas avoir un « Premier ministre à mi-temps » en raison du temps qu’il devra consacrer à sa défense juridique.

« N’oubliez pas que le pays nous appartient à tous », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Tel Aviv. « Vous avez choisi votre propre avantage par rapport aux pays. C’est une mauvaise décision. »

Il a cité la remarque de Netanyahu prononcée il y a une décennie et qui faisait alors référence à l’ancien Premier ministre Ehud Olmert, et selon laquelle « un Premier ministre qui se noie au milieu d’enquêtes » ne peut pas prendre de décisions sans placer son avantage personnel avant celui du pays, appelant Netanyahu à démissionner.

« Je ne siège pas [dans un gouvernement] avec Benjamin Netanyahu. Benjamin Netanyahu, je vous lance un appel à partir de ce soir : faites preuve de responsabilité nationale et démissionnez de votre poste. Si et quand vous pouvez prouver votre innocence, vous pouvez retourner au service public avec la tête haute. »

Le numéro 2 de Kakhol lavan, Yair Lapid a fait écho à la déclaration de Benny Gantz appelant le Premier ministre Benjamin Netanyahu à démissionner, promettant de ne pas rejoindre son gouvernement après les élections d’avril.

« C’est un jour triste pour l’État d’Israël », a déclaré Lapid dans un communiqué. « J’espère du fond du cœur qu’il sera lavé de toutes les accusations. Et pourtant, Netanyahu ne peut pas continuer à servir en tant que Premier ministre. Il le sait mieux que quiconque. Le Premier ministre est un symbole et nous ne devons pas permettre que ce symbole soit terni. »

« Aucun citoyen d’Israël ne voudrait que ses enfants soient guidés par une personne inculpée, ou traités par un médecin inculpé, ou sous les ordres d’un commandant inculpé », a-t-il ajouté. « Si Netanyahu aime l’État d’Israël comme il le dit toujours, il doit faire ce qu’il y a de mieux pour le pays : il doit démissionner immédiatement. Il peut passer le flambeau à quelqu’un d’autre du Likud ; il y a beaucoup de bonnes personnes là-bas. »

« Il va sans dire que nous ne siégerons pas dans un gouvernement dans lequel le Premier ministre aurait été mis en accusation pour des crimes aussi graves. C’est vrai maintenant, même avant l’audience. Si Netanyahu est acquitté de toute accusation et j’espère de nouveau pour lui et sa famille, alors il pourra toujours revenir. »

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