Netanyahu devrait témoigner au sujet de ses liens avec le Qatar après les élections
Il s'exprimera dans le cadre d'un procès en diffamation ; le Premier ministre poursuit le directeur du MEMRI pour des documents non vérifiés censés prouver des versements qataris au Likud
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Le Premier ministre Benjamin Netanyahu témoignera à la fin de l’année au sujet des relations entre Israël et le Qatar dans le cadre d’un procès en diffamation qui a été intenté à l’encontre de plusieurs personnalités qui avaient affirmé que le Likud, le parti du Premier ministre, avait reçu des fonds de cet État du Golfe.
Netanyahu a poursuivi en justice Yigal Carmon — le directeur de l’observatoire MEMRI (Middle East Media Research Institute) – le chef du parti des Démocrates Yair Golan, l’ancien ministre de la Défense Moshe Yaalon, l’ancien haut responsable du Mossad Udi Levy et la militante antigouvernementale de premier plan Shikma Bressler pour leurs allégations publiques sur cette affaire. Allégations qui, selon le Premier ministre, sont mensongères.
Les poursuites ont été engagées l’année dernière – mais celles qui visent Carmon sont les seules à avoir atteint le stade de la présentation des preuves. Lors d’une audience concernant l’affaire contre le président du MEMRI qui a eu lieu dans la journée de mardi, un juge a exhorté les deux parties à fixer une date pour la déposition de Netanyahu.
L’avocat du Premier ministre a indiqué que son client ne serait pas disponible avant la fin des élections du 27 octobre.
Le juge Amir Dahan, du tribunal de première instance de Jérusalem, a proposé plusieurs dates aux mois de novembre et décembre. Il a demandé à l’avocat de Netanyahou, Khur Nizri, de lui indiquer une semaine qui conviendrait à son client.
Netanyahou a porté plainte contre Carmon pour avoir diffusé des documents qui étaient censés apporter la preuve que le Qatar avait versé des fonds aux partis du Likud et d’Yisrael Beytenu.
L’authenticité de ces documents n’a pas été prouvée et un reportage d’investigation qui avait été publié par le site d’information The Marker, en 2024, avait soulevé d’importantes questions quant à la fiabilité des sources qui y étaient associées.
Netanyahu poursuit également Carmon pour des propos que ce dernier avait tenus lors d’une interview qu’il avait accordée au quotidien Israel Hayom l’année dernière – dans laquelle il avait accusé le Premier ministre d’avoir trompé ses partisans. « Il s’est rangé du côté de l’ennemi et il a collaboré avec le Qatar », avait ainsi, semble-t-il, déclaré Carmon.
Lors de l’audience de mardi, Dahan a toutefois soutenu que cette accusation ne constituait pas, à ses yeux, une diffamation, tout en ajoutant que des témoignages seraient nécessaires pour parvenir à une conclusion définitive.
Netanyahu s’efforce de se défendre contre les allégations portant sur ses liens avec le Qatar depuis le pogrom qui avait été commis par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre – ses détracteurs lui reprochant d’avoir approuvé l’aide qatarie à Gaza et affirmant que ces fonds avaient permis au Hamas de se constituer un trésor de guerre avant l’invasion de 2023.
Les allégations à l’encontre de Netanyahu se sont intensifiées en 2024 après l’ouverture d’enquêtes sur les liens unissant ses principaux collaborateurs au gouvernement du Qatar.
Des conseillers de Netanyahu, Yisrael Einhorn, Jonatan Urich et Eli Feldstein, sont accusés d’avoir reçu de l’argent pour mener une campagne de relations publiques pro-qatarie pendant la guerre de Gaza. Urich et Feldstein sont en outre accusés d’avoir travaillé pour le compte de Doha alors qu’ils étaient encore employés par le Premier ministre.
Ils sont soupçonnés d’avoir commis plusieurs infractions liées à ce double emploi présumé, notamment d’avoir entretenu des contacts avec un agent étranger. Ils auraient aussi commis une série d’actes de corruption impliquant des lobbyistes et des hommes d’affaires.
Netanyahu affirme que ces allégations s’inscrivent dans le cadre d’une chasse aux sorcières qui a été lancée à son encontre.
Selon certaines sources, le chef sortant du Mossad, David Barnea, aurait déclaré, lors de réunions organisées au mois d’avril dernier, que les liens présumés entre certains membres du cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahu et le Qatar ne semblaient pas avoir porté atteinte à la sécurité nationale ni aux négociations sur la libération des otages — ce qui l’a placé en désaccord avec l’ancien chef du Shin Bet, Ronen Bar, qui a qualifié cette affaire de grave menace pour la sécurité.
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