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Netanyahu dit avoir abordé l’expulsion d’Érythréens avec son homologue éthiopien

Abiy Ahmed a proposé "des projets innovants" pour rapatrier les demandeurs d'asile érythréens "dans de superbes conditions", affirme Netanyahu dans un clip de campagne

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Des demandeurs d'asile érythréens à l'extérieur du centre de détention de Holot dans le sud d'Israël, 29 janvier 2018 (Crédit : Luke Tress / Times of Israel)
Des demandeurs d'asile érythréens à l'extérieur du centre de détention de Holot dans le sud d'Israël, 29 janvier 2018 (Crédit : Luke Tress / Times of Israel)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a récemment soulevé l’idée d’expulser les demandeurs d’asile érythréens à l’aide de « projets innovants » du gouvernement éthiopien.

Dans un clip de campagne diffusé sur la page Facebook du Likud quelques jours avant les élections du 17 septembre, Netanyahu se rappelle d’un entretien qu’il a eu avec le Premier ministre érythréen, Abiy Ahmed, au début du mois.

« Vous savez que j’ai fait la paix avec l’Érythrée », y indique Netanyahu, rapportant les propos de son homologue éthiopien, une allusion à la déclaration conjointe signée en juillet 2018 qui a mis un terme, du moins sur le papier, à des années de conflit armé entre les deux nations africaines.

« J’ai la possibilité de vous aider avec des projets très innovants à faire rentrer les Érythréens chez eux dans de merveilleuses conditions », poursuit Netanyahu, citant toujours Abiy Ahmed.

Et d’ajouter : « Je pense que son engagement nous ouvre des opportunités dont nous ne disposions pas avant. »

Netanyahu indique que certains des sujets abordés avec le chef du gouvernement éthiopien ne peuvent être divulgués, mais affirme que ce dernier avait promis d’aider Israël dans l’expulsion de demandeurs d’asile.

Le bureau du Premier ministre a refusé de répondre à nos demandes de commentaire, tout comme l’ambassade éthiopienne à Tel Aviv, malgré nos nombreuses requêtes.

Abiy Ahmed aux côtés de Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 1er septembre. (Crédit : Amos Ben-Gershom/GPO)

Contacté sur Facebook, un employé de l’ambassade a indiqué au Times of Israël que la question des demandeurs d’asile érythréens n’avait pas été abordée lors de la rencontre du 1er septembre entre les deux hommes d’État.

« Ce sujet n’a pas été abordé lors de ma rencontre. La discussion portait sur le renforcement des relations bilatérales », a-t-il ainsi assuré.

מסר חשוב >>
מסר חשוב >>מאי גולן – May Golan
פורסם על ידי ‏מפלגת הליכוד‏ ב- יום שני, 9 בספטמבר 2019

Dans la courte vidéo en ligne, on peut voir le Premier ministre discuter avec la militante anti-immigration et députée sortante du Likud, May Golan. Benjamin Netanyahu indique également à May Golan qu’il souhaitait qu’elle dirige la sous-commission de la Knesset sur l’immigration. Placée en 34e position sur la liste du Likud lors des récentes élections, l’intéressée n’a cependant pas été réélue.

Actuellement, environ 23 100 réfugiés érythréens vivent en Israël, et plus de 16 000 d’entre eux ont officiellement demandé l’asile. Seules 13 ont obtenu une suite favorable, pour 5 500 rejetées. Le reste des requêtes est en cours d’examen.

D’après l’Assaf — l’association d’aide des réfugiés et demandeurs d’asile en Israël — l’Érythrée est une « dictature répressive, juste derrière la Corée du Nord », qui restreint les libertés fondamentales.

L’association a applaudi l’accord de paix conclu l’année dernière entre Addis Abeba et Asmara, qui « pourrait marquer le début d’un changement entre les deux pays, et pour l’Afrique de l’Est en général ». Elle avertissait, en parallèle, que « jusqu’à présent, la situation des droits humains en Érythrée reste grave ».

L’agence des Nations unies responsable des réfugiés a récemment affirmé que, étant donné les violations des droits humains dans le pays, « la majorité des Érythréens en Israël ne peuvent pas rentrer dans leur pays en sécurité », d’après l’Assaf.

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