Netanyahu essaie de réparer les dégâts avec la minorité arabe
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Netanyahu essaie de réparer les dégâts avec la minorité arabe

Le Premier ministre avait choqué l'opinion publique en brandissant le spectre du vote arabe massif le jours des élections

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le 19 avril 2015 (Crédit : Flash90 / Olivier Fitoussi / POOL)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le 19 avril 2015 (Crédit : Flash90 / Olivier Fitoussi / POOL)

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a tenté jeudi de réparer les dégâts causés par ses propos incendiaires tenus à l’occasion des récentes élections en recevant le chef de file de la liste arabe au Parlement.

Netanyahu avait suscité un vif émoi dans une partie de l’opinion israélienne et internationale en brandissant le jour même des élections, le 17 mars, le spectre d’électeurs arabes acheminés « en masse » jusqu’aux bureaux de vote dans des autocars affrétés par ses adversaires pour faire tomber le gouvernement de droite.

Le président américain Barack Obama lui-même avait critiqué ces propos, laissant entendre que Netanyahu sapait la démocratie israélienne.

Le Premier ministre s’est depuis dit désolé d’avoir blessé les Arabes israéliens, qui descendent des Palestiniens restés sur leur terre à la création de l’Etat d’Israël en 1948 et représentent environ un Israélien sur cinq.

A la tête de son quatrième gouvernement depuis une semaine, Netanyahu a rencontré jeudi pour la première fois Ayman Odeh, chef de la Liste arabe unie qui regroupe les principaux partis arabes au Parlement, et qui a remporté 13 sièges aux élections, devenant la troisième formation de la Knesset.

Netanyahu a défendu devant son hôte « les nombreux investissements » faits par ses gouvernements successifs pour améliorer le sort des Arabes israéliens et a affirmé la nécessité de « continuer à réduire les écarts au sein de la société israélienne », selon les termes d’un bref communiqué publié par ses services.

Odeh, cité dans un communiqué de son camp, a quant à lui parlé de rencontre « pas simple ». Il a dit au Premier ministre que sa tactique électorale avait été « méprisable », a-t-il rapporté.

Il a évoqué les préoccupations fondamentales des Arabes israéliens, comme les démolitions de maisons déclarées illégales par les autorités israéliennes, les difficultés d’accès à l’emploi ou à l’éducation, a-t-il dit.

Il a aussi évoqué l’occupation des Territoires palestiniens : « Malheureusement, avec un tel gouvernement, essayer de parler de la fin de l’occupation, c’est un peu faire un trait d’humour », a-t-il dit.

Le gouvernement issu des élections du 17 mars est l’un des plus à droite de l’histoire israélienne.

Les Arabes israéliens sont 1,730 million, soit 20,7 % de la population israélienne, juive à 74,9 %, selon des données officielles récentes. Ces chiffres incluent cependant environ 310 000 résidents de Jérusalem-Est, partie palestinienne annexée de la ville – annexion qui n’est pas reconnue par la communauté internationale.

L’ancien chef de la diplomatie israélienne Avigdor Liberman, qui dirige le parti nationaliste Israël Beiteinu renvoyé dans l’opposition, avait pressé Netanyahu d’annuler les discussions prévues avec Odeh.

« Cet homme représente une liste composée de partisans du terrorisme au parlement », s’est indigné dans un communiqué Liberman, habitué des propos à l’emporte-pièce contre les Arabes israéliens et contre les dirigeants palestiniens.

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