Netanyahu estime qu’il est le seul à agir pour les immigrés russes
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Netanyahu estime qu’il est le seul à agir pour les immigrés russes

Avidgor Liberman répond par une citation désobligeante de l'ancien Premier ministre, Yitzhak Shamir, à l'égard de Benjamin Netanyahu en 2000

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le ministre de la Défense Avigdor Liberman (à gauche) lors d'une conférence de presse à la Knesset, le lundi 30 mai 2016 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le ministre de la Défense Avigdor Liberman (à gauche) lors d'une conférence de presse à la Knesset, le lundi 30 mai 2016 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Benjamin Netanyahu a adressé une pique jeudi à son rival politique, Avigdor Liberman, assurant qu’il agissait pour venir en aide à la communauté russe après des années d’abandon.

Celui qui est Premier ministre depuis 2009 et a également occupé le poste de 1996 à 1999 a tenu ces propos lors de l’inauguration de logements sociaux destinées aux immigrants et survivants de la Shoah dans la ville côtière d’Ashkelon.

« Pendant des années, il y a eu beaucoup de paroles et peu d’actions au sujet des immigrés d’ex-URSS. Nous avons changé cela », a assuré Benjamin Netanyahu, d’après le site d’information Ynet. « La vaste majorité de ceux qui habiteront [la nouvelle résidence] sont de nouveaux immigrés et des survivants de la Shoah. Au lieu de parler de solutions, nous avons apporté ces solutions. Nous agissons, et nous en ferons bien plus, pour les immigrés ».

Avidgor Liberman, parti de Moldavie pour émigrer en Israël en 1978 et dont le parti s’adresse largement aux Russophones laïcs, a réagi à la déclaration du chef du gouvernement par une citation faite par le Premier ministre Yitzhak Shamir en 2000, lorsque l’ancien n°1 du Likud avait appelé le parti à ne pas réintégrer Benjamin Netanyahu à la direction de la formation : « La mer est la mer, les Arabes sont les mêmes Arabes, Netanyahu est le même Netanyahu ».

Le Premier ministre Yitzhak Shamir, à gauche, avec Benjamin Netanyahu, membre de la délégation israélienne, avant l’ouverture de la conférence sur la paix au Moyen-Orient de Madrid, le 30 octobre 1991 (Crédit : AP Photo/Denis Paquin)

Avidgor Liberman n’a pas repris entièrement la citation d’Yitzhak Shamir, qui se termine par : « Je ne voudrais pas qu’il redevienne Premier ministre ».

Le mois dernier, le Likud a annoncé la nomination d’un nouveau « conseiller spécial » pour la communauté russophone d’Israël. C’est à l’avocat Ariel Bulshtein qu’a été confiée la fonction. Il aidera le parti à cibler une composante cruciale de la démographie du pays — les immigrés d’ex-URSS penchant à droite.

Cette initiative a pour but de siphonner les voix d’Yisrael Beytenu.

L’échec de Benjamin Netanyahu à former un gouvernement après le scrutin d’avril est dû au refus d’Avidgor Liberman de rejoindre la coalition, car les alliés ultra-orthodoxes du Premier ministre s’opposaient à l’adoption en l’état d’une loi formalisant les exemptions de service militaire des étudiants de yeshivot.

En vertu de la loi israélienne, le Premier ministre désigné n’ayant pas réussi à constituer une coalition majoritaire dans le délai imparti, le président doit charger un autre député de la tâche.

Cependant, à l’initiative de Benjamin Netanyahu, la Knesset a voté sa dissolution quelques minutes avant l’expiration du délai fin mai et convoqué de nouvelles élections, empêchant un autre député de tenter de rassembler une coalition.

D’après les sondages, Avidgor Liberman pourrait encore avoir un rôle crucial dans le scrutin du 17 septembre et jouer les faiseurs de roi.

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