Netanyahu félicite le président argentin pour l’enquête sur l’attaque de l’AMIA
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Netanyahu félicite le président argentin pour l’enquête sur l’attaque de l’AMIA

Le Premier ministre a salué la "persistance" d'Alberto Fernandez, dans la "recherche de la vérité" ; son adjointe est accusée d'avoir tenté d'étouffer l'implication iranienne

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et son épouse Sara, deuxième à gauche, accueillent le président argentin  Alberto Fernandez, à gauche, et sa conjointe Fabiola Yanez à Jérusalem, le 24 janvier 2020 (Crédit : Haim Zach/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et son épouse Sara, deuxième à gauche, accueillent le président argentin Alberto Fernandez, à gauche, et sa conjointe Fabiola Yanez à Jérusalem, le 24 janvier 2020 (Crédit : Haim Zach/GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a félicité vendredi le président argentin Alberto Fernandez pour sa « persistance » dans l’enquête consacrée à un attentat survenu en 1994 qui avait pris pour cible la communauté juive de Buenos Aires.

Cristina Fernandez de Kirchner avait été accusée par le procureur spécial en charge du dossier d’avoir couvert l’attentat à la bombe qui avait touché le siège de l’AMIA (Argentine Israelite Mutual Association) qui avait fait 85 morts et 300 blessés.

Kirchner, qui a été présidente du pays entre 2007 et 2015, a été accusée d’avoir tenté de taire l’implication iranienne dans cette attaque en échange d’accords commerciaux lucratifs avec son gouvernement.

Netanyahu a félicité Fernandez pour « avoir défendu sa désignation du Hezbollah en tant qu’organisation terroriste et également pour votre persistance dans la recherche de la vérité dans l’attentat de l’AMIA ».

« Je pense que c’est important. Cela transmet une position de principe à laquelle nous accordons beaucoup de valeur », a-t-il ajouté.

L’ancienne présidente et la sénatrice élue de l’Argentine, Cristina Fernandez de Kirchner, s’adresse aux journalistes alors qu’elle quitte le tribunal à Buenos Aires le 26 octobre 2017. (Crédit : AFP / Eitan Abramovich)

Netanyahu a accueilli Fernandez et sa conjointe, Fabiola Yanez, dans sa résidence de Jérusalem lors de leur première visite au sein de l’Etat juif, a fait savoir un communiqué. Fernandez se trouvait en Israël à l’occasion du Forum mondial de la Shoah, qui marquait cette année le 75è anniversaire de la libération d’Auschwitz.

Le procureur de l’AMIA, Alberto Nisman, avait été retrouvé mort dans son appartement de Buenos Aires en 2015 – un décès qui avait été officiellement considéré comme un suicide. Il avait reçu une balle dans la tête, tirée à courte distance, et une arme de poing avait été retrouvée à ses côtés.

Le timing de sa mort et les circonstances de cette dernière étaient pourle moins suspects : elle avait en effet eu lieu quelques jours après avoir directement accusé la présidente Kirchner et certains de ses conseillers d’avoir étouffé l’affaire, et il devait présenter ses arguments à l’encontre de Kirchner devant les députés peu de temps après sa mort.

Une cour d’appel fédérale dans le pays avait ultérieurement déterminé que Nisman avait été assassiné.

Au début du mois, Fernandez a déclaré douter de l’assassinat de Nisman, rejetant des tentatives d’étouffement de l’affaire de la part de Kirchner, les qualifiant « d’absurdes ».

Alberto Nisman donne une conférence de presse à Buenos Aires, le 20 mai 2009. (AFP Photo/Juan Mabromata)

Mais Fernandez a remis également en cause le jugement de suicide, disant que « je doute que quelqu’un qui traverse un moment euphorique puisse se suicider, je n’ai jamais vu ça. Et je m’autorise à en douter ».

Ces déclarations étaient survenues vingt-quatre heures après la diffusion d’une mini-série consacrée à Nisman sur Netflix, qui comprenait un entretien datant de 2017 dans lequel Fernandez disait que « jusqu’à aujourd’hui, je doute qu’il se soit suicidé ».

Au mois de juillet, Fernandez avait témoigné dans le procès de Kirchner au sujet d’une interview qu’il avait accordée un journal et dans laquelle il l’avait critiquée pour avoir permis aux suspects iraniens d’être interrogés une fois de retour au sein de la république islamique plutôt qu’en Argentine.

Nisman, dans son enquête, avait établi que le groupe terroriste du Hezbollah, soutenu par l’Iran, était responsable du carnage et avait remonté le fil, découvrant que les commanditaires de l’attaque avaient été les dirigeants iraniens.

Kirchner, qui avait été inculpée en lien avec cette tentative d’étouffement de l’implication de Téhéran dans l’affaire de l’AMIA en 2017, nie tout acte répréhensible.

Des pompiers et des policiers recherchent des blessés après l’explosion d’une bombe à l’Association mutuelle israélite argentine (AMIA en espagnol) à Buenos Aires, le 18 juillet 1994. (ALI BURAFI/AFP/Getty Images via JTA)

Environ 3 000 Argentins ont rendu hommage à Nisman, la semaine dernière, au cinquième anniversaire de sa mort lors d’un rassemblement à Buenos Aires. Les manifestants ont crié « meurtrière » à chaque fois que le nom de Kirchner a été mentionné. Les protestataires ont également lourdement critiqué Fernandez.

Netanyahu a aussi rencontré vendredi le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui se trouvait au sein de l’Etat juif pour le forum de la Shoah. Netanyahu a salué les relations entre Israël et l’Ukraine et il a qualifié de « tragédie » la destruction d’un avion de transport ukrainien par un missile iranien au début du mois.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, à gauche, rencontre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, à Jérusalem, le 24 janvier 2020 (Crédit : Haim Zach/GPO)

Netanyahu a évoqué le « prix horrible » payé par les citoyens et par les soldats d’Europe de l’est et d’Union soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale, « sans lesquels il n’y aurait pas de survivants et pas d’Etat juif. Nous vous en sommes donc éternellement reconnaissants ».

Zelensky a parlé à Netanyahu de sa famille qui avait survécu pendant la Shoah.

« C’est un courage incomparable et c’est l’histoire de votre propre famille – celle du combat pour la vie, du combat pour l’avenir – c’est ce que représente notre histoire commune. Je vous souhaite la bienvenue à Jérusalem », a continué Netanyahu.

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