Virus: restrictions prolongées d’une semaine ; débat sur les écoles et commerces
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Virus: restrictions prolongées d’une semaine ; débat sur les écoles et commerces

Selon le Premier ministre, les CP et CE1 ne seront pas divisés en "groupes"; des amendes plus élevées pour les contrevenants, le tourisme à la mer Morte et Eilat sera réglementé

Des parents accompagnent leurs enfants dans un jardin d'enfants à Tel Aviv, lors de leur réouverture le 18 octobre 2020, après avoir été fermés lors d'un confinement national visant à prévenir la propagation du Coronavirus. (Avshalom Sassoni/Flash90)
Des parents accompagnent leurs enfants dans un jardin d'enfants à Tel Aviv, lors de leur réouverture le 18 octobre 2020, après avoir été fermés lors d'un confinement national visant à prévenir la propagation du Coronavirus. (Avshalom Sassoni/Flash90)

Le haut cabinet chargé de la lutte contre le coronavirus a prolongé dimanche les restrictions sanitaires d’une semaine. Parallèlement, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a indiqué que le gouvernement envisageait la réouverture de certaines classes et de certains commerces le 1er novembre.

Les ministres ont voté en faveur du maintien des règles en vigueur jusqu’à dimanche prochain minuit. Ils ont ensuite débattu de la façon dont il faudra rouvrir les écoles primaires et certains commerces, au terme de cinq semaines de confinement.

Le panel aurait également soutenu la proposition du ministre de l’Intérieur Aryeh Deri qui consiste à autoriser les élèves et leurs enseignants à se rassembler en extérieur, de façon informelle, en groupe de quinze, et ce malgré la fermeture des écoles. Le bureau du Premier ministre et le ministère de la Santé n’ont pas confirmé cette information.

Avant la réunion, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré : « il se pourrait que [les écoles] ouvrent partiellement pour les CP et les CE1 [le 1er novembre], et nous allons également discuter de l’ouverture partielle des commerces, à nouveau, progressivement et de manière responsable, et bien sûr tout cela dépend du taux de morbidité ».

« Si la morbidité diminue, alors les restrictions diminueront aussi progressivement. Si la morbidité augmente, il n’y aura pas d’autre choix que de réimposer les restrictions », a-t-il ajouté.

Cependant, des fuites dans les médias israéliens à l’occasion de la réunion ont cité Netanyahu qui a déclaré que le gouvernement ne pouvait pas se permettre de diviser les petites classes en « capsules » ou en groupes de moins d’enfants – une demande du ministère de la Santé – qui, selon lui, coûterait des milliards à l’État.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors du plénum de la Knesset, le 19 octobre 2020. (Shmulik Grossman/Bureau du porte-parole de la Knesset)

Les ministres ont discuté d’un plan qui permettrait aux enfants du CP au CM1 de retourner à l’école – pour permettre aux parents de reprendre le travail – tandis que les élèves plus âgés resteraient à la maison. Les écoles sont fermées depuis le 18 septembre, date à laquelle un dispositif national de confinement est entré en vigueur pour faire baisser les taux d’infection. Les établissements d’accueil de la petite enfance ont été autorisés à rouvrir la semaine dernière.

Le plan visant à diviser les classes de CE2 et de CM1 en modules a été approuvé et financé. Cependant, le ministère de l’Education estime que la mise en œuvre de cette solution pour les classes de CP et de CE1, comme le demande le ministère de la Santé, coûterait 5,3 milliards de NIS supplémentaires et nécessiterait cinq semaines de préparation et l’embauche de 13 000 nouveaux employés.

Le ministère des Finances s’oppose à tout plan qui nécessiterait un financement supplémentaire. Le ministère de l’Education a proposé la reprise des études pour les classes de CP et CE1 dans des modules qui verraient chaque groupe venir à l’école pendant la moitié de la semaine. Le gouvernement cherche des solutions créatives à ce problème.

Deri a demandé au gouvernement de prendre une décision rapidement, d’ici la fin de la soirée.

« Nous ne pouvons pas nous séparer sans avoir pris de décision. Je ne peux pas concevoir que les élèves de CP et de CE1 n’étudient que trois jours par semaine – c’est impossible pour les enfants », a dit Deri selon la Douzième chaîne.

Des gens à la Mer Rouge dans la ville d’Eilat, au sud d’Israël, le 13 mai 2020. (Yossi Zeliger / Flash90)

M. Netanyahu a également déclaré que le gouvernement envisagerait des « dispositions spéciales » pour le tourisme dans la ville de villégiature d’Eilat et les hôtels autour de la mer Morte.

« Nous prenons des dispositions spéciales pour ces lieux en raison de leur isolement, de leur séparation. C’est une nouvelle très importante pour les résidents de ces zones, et aussi pour les citoyens d’Israël, qui voudraient se rendre dans des lieux définis et sûrs », a-t-il déclaré.

La possibilité d’une augmentation significative des amendes dans un contexte de taux élevés de non-respect des lignes directrices existantes dans certains domaines sera également à l’ordre du jour dimanche, ainsi que le calendrier d’ouverture de certaines entreprises en contact avec le public, qui ont fait pression pour être autorisées à reprendre rapidement leurs activités.

Bien que les écoles du pays aient été officiellement fermées en raison des restrictions liées au virus, des centaines de yeshivot et d’écoles primaires et secondaires ultra-orthodoxes – y compris dans les zones fortement infectées – ont ouvert dimanche dernier au mépris de la loi sur ordre d’un rabbin de haut rang, de nombreux fonctionnaires ultra-orthodoxes justifiant cette mesure et la police ne faisant appliquer les restrictions que sporadiquement.

Des enfants ultra-orthodoxes du mouvement hassidique Kretchnif portent le masque en écoutant leur professeur dans une classe de la ville de Rehovot, le 10 septembre 2020. (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)

L’amende actuelle pour les écoles qui ouvrent en violation des directives s’élève à 5 000 shekels.

« Aujourd’hui, nous allons soumettre au cabinet une augmentation des amendes afin que tout le monde, sans exception, dans toute la société israélienne, honore les accords. Cela ne vise personne – c’est le virus qui est visé. C’est pour notre santé à tous », a déclaré Netanyahu.

Lors de la réunion, le responsable de la lutte contre le coronavirus, Ronni Gamzu, a averti les ministres qu’il serait impossible de continuer à assouplir les restrictions si on ne peut pas réaliser 50 000 tests par jour.

Ronni Gamzu, le responsable de la lutte contre le coronavirus, lors d’une visite à la mairie de Jérusalem, le 13 octobre 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

M. Gamzu a déclaré que bien qu’Israël ait actuellement une capacité de 70 000 tests par jour, le nombre de personnes demandant des tests a diminué ces derniers jours et ne s’élève plus qu’à environ 40 000.

« Le problème est le manque de réaction et de volonté du public d’être testé », a-t-il déclaré.

M. Gamzu a déclaré que les taux d’infection étaient en baisse chez les ultra-orthodoxes et en hausse dans les communautés arabes, mais que les taux de dépistage avaient chuté chez les deux groupes.

M. Gamzu a également déclaré qu’il soulèverait une proposition visant à boucler complètement la ville de Madjal Shams, dans le nord d’Israël, où le nombre de cas est monté en flèche ces derniers jours, selon les médias israéliens. Le confinement comprendrait des restrictions de mouvement.

Il a mis en garde contre une recrudescence des infections dans les villes arabes.

« Il y a probablement des dizaines de mariages par jour dans la communauté arabe. Sakhnin et Umm al-Fahm risquent de devenir des villes « rouges » », a déclaré M. Gamzu, en parlant des points chauds, selon le radiodiffuseur public Kan.

Il a également averti que le gouvernement ne pouvait pas encore détecter les ramifications de ses décisions de la semaine dernière de rouvrir les écoles maternelles et les garderies.

Des gens marchent dans la rue Jaffa au centre-ville de Jérusalem, le 25 octobre 2020. (Nati Shohat/Flash90)

Le ministre de la Santé, Yuli Edelstein, s’en est fait l’écho.

« Nous ne connaissons toujours pas les effets de ce que nous avons fait. Nous ne le saurons pas avant deux semaines » à partir du 18 octobre, a déclaré M. Edelstein, selon la radio de l’armée.

Le ministère de la Santé a décomposé le plan d’assouplissement des restrictions en neuf étapes distinctes. M. Netanyahu a exprimé son intérêt pour la condensation du plan en cinq étapes, mais les responsables de la santé ont averti que cela pourrait provoquer une spirale d’infections.

Après le confinement initial du coronavirus au printemps, les responsables de la santé ont abandonné leur plan échelonné sous la pression des ministres et ont ouvert presque toutes les écoles et entreprises en même temps au début du mois de mai. Cette décision a été accusée d’avoir joué un rôle dans la hausse des taux d’infection au cours de l’été, qui a conduit au deuxième verrouillage national.

Selon les chiffres du ministère de la Santé publiés samedi soir, le nombre de cas actifs est tombé à 15 876, sur les 309 374 infections confirmées depuis le début de la pandémie. Il y avait 552 personnes dans un état grave, dont 218 sous respirateur. 158 autres étaient dans un état modéré et les autres présentaient des symptômes légers ou n’en présentaient pas. Le nombre de décès est passé à 2 366.

Comme les taux de dépistage diminuent généralement pendant les week-ends et les jours fériés, le vendredi, seuls 27 481 tests ont été effectués, contre environ 40 000 par jour ces dernières semaines. 692 cas de coronavirus ont été enregistrés le vendredi, soit un taux de tests positifs de 2,5 %.

Pour la première fois depuis le 3 juillet, moins de 1 000 nouveaux cas ont été enregistrés jeudi, un jour de semaine (à l’exception du dimanche, après le week-end). Le nombre de tests effectués a été de 32 290, avec un taux de tests positifs de 2,8 %.

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