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Netanyahu promet de ne pas changer les choses pour la communauté LGBT

Rejetant l'extrême-droite qui voulait s'en prendre à la Gay pride, le futur Premier ministre affirme que les défilés de la communauté ne seront pas limités par son gouvernement

Des milliers de personnes participent à la Gay pride annuelle à Jérusalem, le 2 juin 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des milliers de personnes participent à la Gay pride annuelle à Jérusalem, le 2 juin 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le leader de l’opposition et futur Premier ministre Benjamin Netanyahu, a dit dans une réunion à huis-clos que son gouvernement n’autorisera aucun changement dans le statu-quo sur les droits des LGBT dans le pays, notamment en ce qui concerne d’éventuelles limitations du défilé de la Gay Pride, selon de multiples informations qui ont filtré vendredi.

Ses propos ont été rapportés par plusieurs médias, ce qui indique que cette déclaration officielle viendrait de son bureau – un signal lancé apparemment en direction de l’alliance d’extrême-droite HaTzionout HaDatit-Otzma Yehudit.

Il y avait des craintes chez les Israéliens LGBT d’initiatives possibles prises à leur encontre de la part d’un gouvernement qui comprendra des membres de l’extrême-droite, certains étant farouchement opposés à la communauté.

Plusieurs membres de HaTzionout HaDatit, qui doit devenir le premier partenaire du Likud dans la coalition de Netanyahu en termes d’influence, a passé les journées qui ont succédé au scrutin à détailler leur plan visant – entre autres – à réduire les événements de la Gay pride.

Le président du parti Noam, Avi Maoz (Crédit : Parti Noam)

Jeudi, le député Avi Maoz, chef du parti ouvertement homophobe Noam au sein de HaTzionout HaDatit, a indiqué qu’il œuvrerait à légalement abolir la marche des Fiertés à Jérusalem.

Maoz a indiqué à la Radio militaire que son parti « ouvrira une enquête sur l’annulation de la gay pride d’un point de vue légal », affirmant que cette célébration annuelle visait à être « provocante », la qualifiant « d’offensante ».

« C’est illégal de marcher nu dans la rue. Il n’y a pas de manifestation publique sans limitation. Ce que fait un individu dans son domicile privé, c’est son affaire, et je n’ai pas l’intention de m’impliquer là-dedans », a dit Moaz.

Il a aussi expliqué qu’il chercherait à revenir sur l’interdiction des soi-disantes « thérapies de conversion » qui a été mise en place par le ministère de la Santé, ce qui autoriserait « les personnes qui souhaitent ne pas être homosexuelles » à « bénéficier d’une aide psychologique », selon lui.

Les responsables de la santé, partout dans le monde, disent que ces  soi-disantes thérapies de conversion sont scientifiquement douteuses, voire dangereuses et les organisations majeures de la santé mettent en cause des « méthodes pseudo-scientifiques » et le traitement de la question de l’homosexualité sous le prisme de la maladie mentale.

Environ 7 000 personnes prennent part tous les ans à la Gay pride de Jérusalem, qui est organisée depuis presque vingt ans. Si elle est largement acceptée par les résidents, elle est souvent accompagnée par des rassemblements de religieux de la ligne ultra-radicale. Il y a eu deux attaques au couteau commises par le même auteur en 2005 et en 2015 lors de la marche des Fiertés. Cette dernière attaque avait fait un mort, une adolescente de 16 ans, Shira Banki.

Shira Banki (Crédit : autorisation de la famille)

Le groupe extrémiste religieux Lehava représenté par le grand allié d’Itamar Ben Gvir de HaTzionout HaDatit (qu’il a remercié dans la nuit de mardi lors de son discours prononcé après les résultats électoraux), organise des mouvements de protestation annuels pendant le défilé et en 2006, le chef de HaTzionout HaDatit, Bezalel Smotrich, avait co-organisé « une marche des animaux » à Jérusalem, dans laquelle les opposants religieux à la Gay Pride avaient défilé avec des ânes pour railler le défilé.

Orit Strouk, parlementaire de HaTzionout HaDatit, a déclaré jeudi que les membres de la communauté LGBT ne devaient pas craindre l’ascension de l’extrême-droite.

« On ne va martyriser personne », a-t-elle déclaré. « Nous serons au service de tous les citoyens, même au service de ceux qui ne pensent pas comme nous et dont le mode de vie est différent ».

Elle a néanmoins déclaré que sa formation cherchera « à remettre de l’ordre dans l’espace public », dans une référence apparente à son opposition à la Gay pride.

Le député Bezalel Smotrich visite l’avant-poste illégal d’Evyatar, en Cisjordanie, le 27 juin 2021 (Sraya Diamant/Flash90).

« Indépendamment de la marche des fiertés, il ne devrait pas y avoir défilés de personnes nues ou à demi-nues dans les rues », a-t-elle ajouté.

« Le problème, ce sont les efforts lancés depuis des années – pas seulement ici mais dans le monde entier – pour forcer le public à l’accepter », a-t-elle continué.

Noam était entré sur la scène politique en 2019 avec une série d’affiches provocatrices placées sur l’autoroute et avec des vidéos accompagnées du slogan « Israël choisit d’être normal ». La faction a fusionné avec HaTzionout HaDatit, aux côtés d’Otzma Yehudit, sous les pressions intenses de Netanyahu avant le scrutin de 2021. L’année dernière, Maoz était devenu le premier représentant de son parti à la Knesset.

La liste d’extrême-droite de HaTzionout HaDatit a grimpé à quatorze sièges lors des élections du 1er novembre et elle devrait être un partenaire crucial dans la coalition au pouvoir dirigée par le président du Likud, Benjamin Netanyahu.

Des militants de droite manifestent contre la Gay Pride à Jérusalem, le 3 juin 2021. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le député HaTzionout HaDatit, Ofir Sofer, a lui accusé la communauté LGBT de « violences » pendant un entretien avec la Treizième chaîne.

Pressé par les journalistes sur la signification de ses paroles, Sofer a répondu : « La violence, c’est l’incapacité d’exprimer une opinion, l’incapacité… d’avoir une parole de vérité sur cette question ».

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