Netanyahu promeut un plan de transport pour 2 000 Juifs éthiopiens vers Israël
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Netanyahu promeut un plan de transport pour 2 000 Juifs éthiopiens vers Israël

L'annonce survient quelques jours après la diffusion d'une vidéo montrant un leader de la manifestation anti-gouvernement faire des remarques racistes à une policière éthiopienne

Un fidèle éthiopien à la synagogue d'Addis-Abeba priant et tenant des photos de membres de sa famille vivant en Israël. (Bernard Dichek/ Times of Israel)
Un fidèle éthiopien à la synagogue d'Addis-Abeba priant et tenant des photos de membres de sa famille vivant en Israël. (Bernard Dichek/ Times of Israel)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré jeudi que le cabinet votera la semaine prochaine un plan de transport aérien de 2 000 Juifs éthiopiens vers Israël.

La proposition, qui sera soulevée lundi, prévoit l’allocation de 370 millions de NIS pour cette immigration de masse, a déclaré le cabinet du Premier ministre.

« Il y a six mois, je me suis engagé à faire venir le reste des Juifs d’Ethiopie [en Israël] », a écrit Netanyahu dans un communiqué. Le vote du cabinet de lundi est un pas en avant « sur la voie de la venue du reste [des immigrants] », a-t-il ajouté. « Nous avons également financé 80 millions de NIS pour les activités de la communauté. Nous tenons nos engagements. »

Cette annonce a été faite quelques jours après la diffusion d’une vidéo dans laquelle l’on pouvait entendre un éminent manifestant anti-Netanyahu faire une remarque raciste à une policière d’origine éthiopienne.

Le vice-ministre de la Sécurité publique du Likud, Gadi Yevarkan, qui est d’origin éthiopienne, a remercié le Premier ministre pour ce plan, tout en prenant pour cible Amir Haskel, le leader du groupe de protestation “Ein Matzav”.

Gadi Yevarkan, membre de la Knesset, lors d’une session plénière spéciale pour discuter de l’échec du pays à intégrer les Juifs éthiopiens, à la Knesset le 15 juillet 2019 (Noam Rivkin Fentonl/Flash90)

« Malgré les appels racistes que nous entendons, voici la réponse. La meilleure réponse est la poursuite de l’immigration des Juifs éthiopiens, et certainement pas de les traiter avec condescendance et de leur dire de remercier tous ceux qui ont eu une sorte de… rôle [marginal] dans leur immigration », a déclaré Yevarkan.

Haskel a affronté des critiques après la diffusion mardi d’une vidéo de son arrestation devant la résidence du Premier ministre en août, disant à une policière d’origine éthiopienne : « J’ai fait venir vos parents d’Ethiopie, n’avez-vous pas honte ?”

Le tout premier membre du cabinet israélien d’origine éthiopienne, la ministre de l’Intégration, Pnina Tamano-Shata, a fait pression sur le gouvernement pour qu’il sauve autant de membres de la communauté juive que possible, au vu des rapports selon lesquels quelque 14 000 Ethiopiens qui attendent d’immigrer en Israël seraient confrontés à une catastrophe humanitaire liée au coronavirus.

La ministre de l’Intégration, Pnina Tamano-Shata, accueille les nouveaux immigrants en Israël le 3 août 2020. (Shlomi Amsalem)

La politique gouvernementale en matière d’immigration des Juifs éthiopiens a été marquée ces dernières années par des engagements abandonnés.

En 2013, l’Agence juive a déclaré la fin de l’alyah éthiopienne, ce qui a suscité des protestations de la part des députés et des membres de la communauté éthiopienne en Israël.

En novembre 2015, le gouvernement a pris la décision de transporter par avion vers Israël, dans un délai de cinq ans, « les derniers de la communauté » qui attendent à Addis-Abeba et à Gondar.

Depuis cette décision, cependant, seuls 2 257 Éthiopiens ont été amenés, au compte-gouttes, selon les chiffres de l’Agence juive.

Une sévère malnutrition sévit dans la communauté, et si aucun cas de COVID-19 n’a encore été signalé parmi eux, la maladie se propage rapidement en Ethiopie, avec plus de 80 000 cas et 1 255 décès.

Des membres de la communauté de Falash Mura retrouvent leurs familles à l’aéroport Ben Gurion, près de Tel Aviv, le 4 février 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)

Le 19 août, Tamano-Shata, du parti Kakhol lavan, a présenté un projet de 1,3 milliard de NIS à la commission de l’immigration de la Knesset pour faire venir 8 000 Éthiopiens en Israël et fermer définitivement les camps de Gondar et d’Addis-Abeba.

Elle a annoncé le mois dernier que le gouvernement allait transporter par avion 2 000 Juifs éthiopiens, suscitant des réactions mitigées de la part des militants qui font campagne pour que tous soient autorisés à venir en Israël.

Environ 9 000 des futurs immigrants attendent de faire le voyage depuis 15 ans ou plus, selon les militants locaux. Environ un quart de ce nombre, situés dans la capitale Addis-Abeba, attendent depuis plus de 20 ans, disent-ils, tandis que le reste, dans la ville de Gondar, attendent depuis 15 à 20 ans.

Des membres de la communauté Falashmura arrivent aux bureaux de l’immigration à l’aéroport Ben Gurion le 4 février 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)

Le coronavirus a frappé le groupe très durement sur le plan économique. Le travail se raréfie et la nourriture tarit, avec des prix en hausse de 35 à 50 %. Les familles en Israël qui envoyaient auparavant de l’argent à leurs proches sont à court d’argent en raison de leurs propres problèmes liés au COVID-19, et les organisations philanthropiques sont moins en mesure de collecter des dons en raison de la pandémie.

Environ 140 000 juifs éthiopiens vivent aujourd’hui en Israël, une petite minorité dans un pays de près de 9 millions d’habitants. Quelque 22 000 d’entre eux ont été transportés par avion en Israël lors de l’opération Moïse en 1984 et de l’opération Salomon en 1991, la plupart provenant de la communauté Beta Israel.

Alors que les immigrants juifs éthiopiens de la communauté Beta Israel sont reconnus comme étant juifs, les immigrants d’Éthiopie appartenant à la petite communauté des “Falash Mura” doivent se soumettre à une conversion orthodoxe après leur arrivée. Les Falash Mura sont des Juifs éthiopiens dont les ancêtres se sont convertis au christianisme, souvent sous la contrainte, il y a plusieurs générations. Quelque 30 000 d’entre eux ont immigré en Israël depuis 1997, selon le bureau de Netanyahu.

Le ministère de l’Intérieur ne considérant pas les Falash Mura comme des Juifs, ils ne peuvent pas immigrer en vertu de la Loi du retour, et doivent donc obtenir une autorisation spéciale du gouvernement pour s’installer en Israël.

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