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Netanyahu répond à « l’hypocrisie » de l’Afrique du Sud: c’est Israël « qui combat le génocide »

Lapid dit que la Cour juge les victimes au lieu des assassins, Bennett qualifie le procès d'affaire Dreyfus du XXIe siècle et Ben Gvir accuse les "mécréants" de mensonges ignobles

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dirige une réunion hebdomadaire du cabinet à la base de Hakirya à Tel Aviv, le 7 janvier 2024. (Crédit : Yariv Katz/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dirige une réunion hebdomadaire du cabinet à la base de Hakirya à Tel Aviv, le 7 janvier 2024. (Crédit : Yariv Katz/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a accusé jeudi l’Afrique du Sud « de représenter des monstres » et « d’accuser Israël de génocide alors que le pays se bat contre un génocide », ajoutant que le dossier présenté devant la Cour internationale de Justice (CIJ) de la Haye révélait « un monde à l’envers ».

« Une organisation terroriste commet le pire crime contre le peuple juif depuis la Shoah et quelqu’un arrive pour la défendre au nom de la Shoah », s’est-il insurgé. « Quelle chutzpah, » a-t-il dit en utilisant le mot pour « culot » en hébreu.

« L’hypocrisie de l’Afrique du sud est criante », a-t-il déploré. « Où était donc l’Afrique du sud quand des millions de personnes étaient tuées ou déplacées de leurs habitations en Syrie ou au Yémen, et par qui ? Par les partenaires du Hamas ».

Netanyahu a dit qu’Israël « continuera à se battre contre les terroristes… jusqu’à la victoire totale ».

« Nous continuerons à rejeter les mensonges ; nous continuerons à protéger notre droit à l’auto-défense et à assurer notre avenir », a-t-il continué.

« Non, l’Afrique du Sud, ce n’est pas nous qui sommes venus perpétrer un génocide, c’est le Hamas », avait-il encore en amont des audiences. « Nous poursuivrons notre guerre défensive, dont la justice et la moralité sont sans égales », avait-il ajouté.

Le Conseil des représentants juifs d’Afrique du Sud, un groupe qui représente la communauté juive du pays, affirme aussi que les dirigeants sud-africains « inversent la réalité en accusant Israël de génocide », soulignant qu’ils avaient porté cette accusation presque immédiatement après le début de la guerre et qu’ils n’avaient jamais condamné les massacres du Hamas en Israël.

Dans une déclaration publiée par sa présidente Karen Milner, le groupe a accusé Pretoria d’ignorer « avec mépris les préoccupations concernant l’antisémitisme ».

« Les Juifs du monde entier s’accordent sur le fait que ces accusations ont pour origine une vision antisémite du monde, qui prive les Juifs de leur droit à se défendre. Ils ne nous feront pas taire en niant notre réalité », indique le communiqué.

Le texte note également que le président sud-africain Cyril Ramaphosa avait cherché à protéger certains individus accusés ou reconnus coupables de crimes de guerre à La Haye.

« Pourquoi le président Cyril Ramaphosa ne s’est-il pas senti ‘obligé’ d’inculper le président soudanais Omar Al Bashir, reconnu coupable de génocide, lors de sa visite dans ce pays ? Pourquoi n’a-t-il pas considéré que poursuivre le président russe Vladimir Poutine devant la CPI, alors qu’il devait se rendre en Afrique du Sud, était une ‘question de principe’ ? Pourquoi n’a-t-il pas pris une ‘position de principe’ lorsqu’il a rencontré la semaine dernière Mohamed Dagalo du Soudan, commandant en chef de la milice RSF qui vient de commettre un génocide contre les communautés non arabes du Darfour ? », a écrit Karen Milner.

Le chef de l’opposition, Yair Lapid, ainsi que de nombreux responsables politiques israéliens de tous bords ont aussi vivement critiqué l’audience de la Cour internationale de justice (CIJ).

Dans une déclaration vidéo publiée sur X, Lapid a déclaré : « Ce n’est pas Israël qui est jugé aujourd’hui, mais l’intégrité de la communauté internationale. Si en se protégeant d’une attaque terroriste brutale et meurtrière, un pays peut se retrouver au banc des accusés pour génocide, alors la convention sur le génocide est devenue une récompense pour le terrorisme et l’antisémitisme ».

Évoquant les massacres perpétrés par le Hamas le 7 octobre, Lapid a ajouté : « Au lieu de juger les assassins, le monde juge les victimes ».

Après une rencontre avec le vice-chancelier allemand Robert Habak à Jérusalem, le ministre de l’Économie Nir Barkat a déclaré : « Au lieu de prendre des mesures juridiques contre le Hamas, le tribunal hypocrite de La Haye porte des accusations mensongères contre Israël, se livre à des affabulations et à des complots antisémites ‘de diffamations de sang’. »

« L’anti-israélisme est le nouvel antisémitisme », a-t-il ajouté poursuivant en indiquant qu’Israël, plus que tout autre pays, déployait de nombreux efforts pour minimiser les pertes civiles, « et le tribunal de La Haye s’en prend à nous. C’est un cercle d’hypocrisie ».

L’ex-Premier ministre Naftali Bennett a fait mention de « l’affaire Dreyfus du XXIe siècle », en référence à la tristement célèbre poursuite antisémite d’un officier juif en France il y a plus de 100 ans. « C’est une démonstration honteuse [d’] hypocrisie et d’antisémitisme flagrant ».

Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a quant à lui eu recours à d’autres références historiques : « Soixante-dix-huit ans après la terrible Shoah que nous ont fait subir les nazis allemands et trois mois après que les nazis de Gaza ont rajouté aux massacres, le monde se joint à eux (…) et répand des diffamations de sang contre Israël. »

« Jamais auparavant autant de mécréants n’avaient pris part à des mensonges aussi ignobles », a-t-il ajouté.

Le porte-parole de l’armée israélienne, le contre-amiral Daniel Hagari, a déclaré qu’Israël ne laissera pas le monde oublier les atrocités commises par le Hamas le 7 octobre.

« En ces jours, il est important de rappeler que nous menons une guerre justifiée comme aucune autre. Une guerre que l’ennemi a choisi de lancer délibérément, tout en commettant des crimes contre l’humanité et des actes cruels que l’on n’a pas vus dans le monde occidental depuis des décennies », déclare-t-il lors de sa conférence de presse quotidienne.

Il affirme que de nombreuses atrocités sont documentées « par les terroristes eux-mêmes. Mais malgré cela, nombreux sont ceux qui, dans le monde, tentent de les ignorer, comme si elles n’avaient pas eu lieu. »

« Non, elles ont bien eu lieu. Et nous nous souvenons, et nous n’oublierons pas, et nous ne laisserons pas le monde oublier », a-t-il ajouté.

Passant à l’anglais, Hagari déclare : « Nous n’oublierons jamais le massacre du 7 octobre par le Hamas. Nous ne laisserons jamais le monde oublier le massacre du 7 octobre par le Hamas. Nous ne laisserons jamais le monde oublier les otages détenus par le Hamas depuis le 7 octobre. »

« Notre mot d’ordre, c’est ‘plus jamais’, parce que ‘plus jamais’, c’est maintenant », a-t-il ajouté.

« En fait, ce sont ceux qui attaquent violemment Israël qui continuent d’appeler ouvertement à l’anéantissement d’Israël et au massacre des Juifs », a de son côté affirmé le porte-parole du Département d’Etat américain, Matthew Miller.

Washington a également pris ses distances avec certaines des critiques israéliennes à l’encontre de l’Afrique du Sud.

Interrogé sur l’accusation d’Israël selon laquelle l’Afrique du Sud servirait de « bras juridique » au Hamas, un autre porte-parole du département d’Etat, Vedant Patel, a déclaré aux journalistes que « ce n’est pas un terme que j’emploierais s’agissant de nos partenaires sud-africains ».

« Mais encore une fois, nous continuons à penser très fermement que les allégations selon lesquelles Israël commet un génocide sont infondées », a déclaré M. Patel.

S’agissant d’une procédure d’urgence, la CIJ pourrait se prononcer d’ici quelques semaines. Ses décisions sont sans appel et juridiquement contraignantes, mais elle n’a aucun pouvoir pour les faire appliquer. Elle a par exemple ordonné à la Russie de suspendre son invasion de l’Ukraine.

En revanche, la cour ne se prononcera pas encore sur le fond de l’affaire – à savoir si Israël commet effectivement un génocide – mais seulement sur la question de savoir si les droits fondamentaux des habitants de Gaza sont actuellement menacés.

L’Afrique du Sud peut poursuivre Israël devant la CIJ puisque les deux pays ont signé la Convention sur le génocide.

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