Netanyahu reporte la fermeture de l’Autorité de radiodiffusion d’Israël
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Netanyahu reporte la fermeture de l’Autorité de radiodiffusion d’Israël

Les critiques accusent le Premier ministre d’être inquiet de l’indépendance émergente du nouveau diffuseur public prévu

L'Autorité de radiodiffusion d'Israël, à Jérusalem, le 6 mars 2014. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
L'Autorité de radiodiffusion d'Israël, à Jérusalem, le 6 mars 2014. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’Autorité de radiodiffusion d’Israël (IBA), qui devait fermer pour faire place à une nouvelle Corporation de radiodiffusion en septembre, a reçu un répit inespéré mardi, quand le Premier ministre Benjamin Netanyahu a décidé d’attendre le début de l’année 2018 pour finaliser l’action.

L’IBA dirige plusieurs chaînes de télévision et stations de radio. Elle diffuse des informations dans 14 langues différentes.

Des sources proches de Netanyahu, qui est aussi ministre des Communications, ont affirmé que ce délai était simplement dû au fait que la nouvelle corporation n’était pas encore prête à commencer à diffuser.

Cependant, des membres de la coalition et de l’opposition ont réfuté cette affirmation. Certains détracteurs considèrent que ce délai est causé par l’ostensible préoccupation de Netanyahu sur l’indépendance de la nouvelle autorité de radiodiffusion publique. Il a également été suggéré que Netanyahu avait cédé au syndicat Histadrout, qui s’est battu pour préserver 700 emplois de l’IBA.

Le ministre des Finances Moshe Kahlon a déclaré qu’il avait appris ce report dans les médias.

Mardi, pendant un entretien avec la Deuxième chaîne, il avait déclaré que la date initiale de transition vers la nouvelle Corporation de radiodiffusion devrait être honorée.

Gilad Erdan, ministre de la Sécurité intérieure, pendant une réunion de la commission des Affaires internes de la Knesset, le 9 février 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Gilad Erdan, ministre de la Sécurité intérieure, pendant une réunion de la commission des Affaires internes de la Knesset, le 9 février 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Gilad Erdan, ancien ministre des Communications à l’origine du projet de loi abolissant l’IBA, a écrit sur Twitter que le délai signifiait que la nouvelle corporation ne serait jamais mise en place. « J’appelle le Premier ministre et le dirigeant de Histadrout à reconsidérer ce report », a-t-il déclaré.

La loi avait été votée en mai 2014. L’établissement d’une nouvelle autorité publique de radiodiffusion devait initialement avoir lieu au 31 mars 2015.

Erdan avait expliqué à l’époque que le besoin de changement provenait du fait que l’IRA était de moins en moins pertinente et de plus en plus coûteuse. Il avait déclaré que la nouvelle entité publique économiserait de l’argent et se débarrasserait de l’impopulaire taxe télévisuelle.

La date cible originale n’avait pas pu être tenue et le gouvernement l’avait repoussée à septembre 2016.

La députée de l'Union sioniste Tzipi Livni pose une question au Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant l'heure des questions parlementaires, le 18 juillet 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
La députée de l’Union sioniste Tzipi Livni pose une question au Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant l’heure des questions parlementaires, le 18 juillet 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Tzipi Livni, numéro deux de l’Union sioniste, a déclaré à la Deuxième chaîne que l’action de Netanyahu montrait que les considérations politiques avaient enterré la nouvelle corporation. « Plus que le fait que la corporation ne soit pas prête à diffuser, Netanyahu n’est pas prêt pour une corporation de radiodiffusion publique indépendante », a-t-elle déclaré.

L’IBA a été fondée en 1948 et détenant un monopole sur la diffusion radiophonique et télévisuelle en Israël jusque dans les années 1990.

Depuis 1965, chaque foyer israélien équipé d’une télévision devait payer une taxe annuelle pour participer au financement de l’IBA. Aujourd’hui, la taxe s’établit à 345 shekels par an (82 euros). L’IBA applique strictement cette règle, en ignorant les demandes des propriétaires de télévision qui n’utilisent pas les services de l’IBA ou ne sont connectés à aucun service de télévision.

En mars 2015, la commission des Finances de la Knesset avait critiqué de manière cinglante l’IBA, quand on avait appris qu’elle avait dépensé 30 millions de shekels (7,14 millions d’euros) en frais d’avocats pour récupérer les paiements manquants. En 2013, l’IBA a récupéré environ 461 millions de shekels (109,8 millions d’euros) de taxes.

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