Netanyahu sommé d’approuver un ministre de la Justice permanent
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Netanyahu sommé d’approuver un ministre de la Justice permanent

Pour Mandelblit, la présence de ministres intérimaires à la tête de multiples bureaux nuit au travail des bureaucrates et limite leurs actions ; Gantz appuie cette demande

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Knesset le 20 novembre 2019 (gauche), l'avocat général Avichai Mandelblit s'adresse lors d'une conférence de presse à Jérusalem le 21 novembre 2019. (Gali Tibon, Menahem Kahana / AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Knesset le 20 novembre 2019 (gauche), l'avocat général Avichai Mandelblit s'adresse lors d'une conférence de presse à Jérusalem le 21 novembre 2019. (Gali Tibon, Menahem Kahana / AFP)

Le procureur-général Avichai Mandelblit a écrit une lettre, vendredi, au Premier ministre Benjamin Netanyahu, lui recommandant vivement de permettre la nomination d’un ministre permanent au ministère de la Justice suite aux propos tenus par le ministre de la Défense Benny Gantz, qui a affirmé que le Premier ministre bloquait un vote du cabinet à ce sujet.

« Cette situation, dans laquelle le ministère de la Justice reste sans ministre permanent, entraînera des dommages sévères pour le travail du ministère et pour le fonctionnement du gouvernement », a écrit Mandelblit dans un courrier adressé à Netanyahu.

Gantz occupe le poste de ministre de la Justice par intérim depuis la démission d’Avi Nissenkorn, au début de l’année, mais le mandat du président de Kakhol lavan expirera au début du mois d’avril. Il a demandé d’obtenir une nomination permanente.

Selon les dispositions de l’accord de coalition qui a été souscrit entre Netanyahu et Gantz – et qui reste en vigueur jusqu’à la prestation de serment d’un nouveau gouvernement, après les élections – le ministère de la Justice est placé sous la supervision du bloc gouvernemental de Gantz. Il peut ainsi confier le portefeuille à la personnalité qu’il souhaite et Netanyahu n’a pas son mot à dire à ce sujet. Toutefois, le bloc de Netanyahu peut bloquer un vote du cabinet sur une telle nomination – et c’est ce qu’il ferait depuis des moins maintenant.

Dans son courrier, Mandelblit a noté qu’il y avait plusieurs autres bureaux gouvernementaux dirigés par des ministres par intérim depuis que la coalition s’est effondrée, à la fin de l’année dernière. Parmi eux, le ministère des Communications, le ministère de l’Eau et de l’Enseignement supérieur, le ministère de l’Égalité sociale, le ministère des Affaires sociales et le ministère des Sciences et des technologies. Tous étaient dirigés par des ministres issus du bloc Kakhol lavan, qui a connu de nombreuses défections après la dissolution de la Knesset qui a imposé de nouvelles élections.

Le chef du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, assiste à une conférence de la Douzième chaîne à Jérusalem, le 7 mars 2021. (Yonatan Sindel/Flash90)

« Comme je l’ai déjà clairement établi, une situation dans laquelle Israël se retrouve sans ministre – et notamment sans ministre de la Justice permanent – pendant une période indéterminée est à la fois très inhabituel et très problématique au niveau légal », a écrit Mandelblit.

Le procureur-général a noté que les pouvoirs d’un ministre de la Justice par intérim étaient beaucoup plus limités que ceux d’un ministre permanent.

Gantz a appelé Netanyahu à permettre sa nomination définitive en tant que ministre de la Justice par le biais d’un vote lors de la réunion du cabinet, lundi.

« Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour empêcher Netanyahu… de nuire aux citoyens israéliens », a déclaré Gantz dans un communiqué qui a été émis vendredi.

Jeudi, la Haute-cour de Justice a statué que Netanyahu devait se conformer aux règles portant sur les conflits d’intérêts qui ont été définies par Mandelblit et qu’il lui était interdit d’intervenir dans les processus de nomination des hauts-responsables des secteurs de la police et de la Justice.

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