Nette augmentation des signalements de viol après #WhyIDidntReport
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Nette augmentation des signalements de viol après #WhyIDidntReport

Les données montrent une hausse de 50 % - et de 100 % chez les hommes - après la campagne sur les réseaux sociaux lancée suites aux critiques de Trump contre Christine Blasey Ford

Image d'illustration d'une victime de harcèlement sexuel tenant une note avec le texte "Metoo" (Crédit : nito100/iStock by Getty Images)
Image d'illustration d'une victime de harcèlement sexuel tenant une note avec le texte "Metoo" (Crédit : nito100/iStock by Getty Images)

Le nombre d’Israéliens qui ont contacté des centres d’appels pour les victimes de violences sexuelles a considérablement augmenté après une récente campagne menée sur les réseaux sociaux. Dans le cadre de cette campagne, les utilisateurs racontent pourquoi ils n’ont pas porté plainte immédiatement après les faits.

Selon les chiffres publiés mercredi par l’association The Association of Rape Crisis Centers in Israel (ARCCI), relayés par les médias israéliens, le nombre d’appels a augmenté de plus de 50 % depuis le début de la campagne #WhyIDidntReport, au 21 septembre.

Cette augmentation a été d’autant plus marquée chez les hommes, où le nombre d’appels a plus que doublé.

La campagne a commencé après que le président Donald Trump a souhaité savoir pourquoi l’accusatrice de celui qui était alors candidat à la Cour suprême américaine, n’avait pas signalé son comportement plus tôt, jetant un doute sur l’authenticité de ses propos.

Mais des milliers de femmes ont immédiatement inondé la toile pour raconter l’histoire de leur traumatisme avec le hashtag #WhyIDidntReport (littéralement : « pourquoi je n’ai pas signalé »).

Cette campagne a également gagné du terrain en Israël, sous une expression équivalente en hébreu qui signifie « pourquoi je ne me suis pas plaint ».

De nombreuses femmes qui ont contacté les permanences téléphoniques israéliennes ont dit avoir été motivées par l’émergence soudaine de témoignages publics sur les violences sexuelles, ce qui les a ramenées à leur propre histoire.

Orit Sulitzeanu, directrice exécutive de l’ARCCI a déclaré dans un communiqué qu’il s’agit d’un phénomène normal et commun. Elle a ajouté que « dans des moments pareils, on peut enfin mettre un visage sur des statistiques que nous ne connaissons que trop bien ».

« Mais il est important de se souvenir que de nombreuses personnes portent leurs blessures avec elles tout le temps. Quand la personne en question ne fait pas les gros titres, et en tant que membres de notre société, il est de notre devoir de leur apporter soulagement et reconnaissance », a-t-elle ajouté.

« Nos centres d’aide sont disponibles pour les victimes à tout moment, et nous invitons tous ceux qui souhaitent parler ou étudier les démarches qui existent à nous contacter – le numéro de notre permanence est le 1202 pour les femmes et 1203 pour les hommes. »

Christine Blasey Ford, la femme qui a accusé le candidat à la Cour suprême américaine Brett Kavanaugh de harcèlement sexuel, pour des faits vieux de 36 ans ; pendant la cérémonie de confirmation de Kavanaugh, à Washington DC le 27 septembre 2018. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

L’ARCCI a également indiqué que le profil des hommes qui contactent le centre d’appel s’est diversifié. Des hommes plus âgés appellent désormais afin d’évoquer des histoires anciennes.

Dans un communiqué, l’organisation dit avoir observé une augmentation de 140 % du nombre de personnes qui appellent à l’aide a via le service de chat en ligne géré par l’organisation, et principalement utilisé par les personnes âgées de 17 à 30 ans.

Le mois dernier, après quelques jours de retenue relative suite au témoignage public de Christine Blasey Ford devant le Sénat américain contre Brett Kavanaugh, candidat à la Cour suprême, Trump, qui fait lui-même l’objet de plusieurs accusations de harcèlement sexuel par de nombreuses femmes, a ouvertement mis en doute la crédibilité de Ford.

« Il ne fait aucun doute que si l’attaque contre Madame Ford était aussi grave que ce qu’elle dit, une plainte aurait immédiatement été enregistrée », avait-il tweeté le 21 septembre.

Mais le scepticisme du président n’a fait que déclencher un tollé sur les réseaux sociaux, faisant écho au mouvement #MeToo de l’an dernier.

La militante Tarana Burke a initié une campagne de solidarité avec ce hashtag, après que le producteur Harvey Weinstein a fait l’objet d’une multitude d’accusations d’abus sexuels sur son lieu de travail et en dehors.

Cette fois-ci, les survivants d’agressions sexuelles ont pris part à cet élan de solidarité en expliquant à Trump et aux autres détracteurs de Ford les raisons pour lesquelles, comme Ford, ils avaient gardé secret leur traumatisme pendant si longtemps.

Trump a déclaré samedi qu’il était « à 100 % » certain que Kavanaugh est innocent.

Les thèmes récurrents rapportés par le hashtag #WhyIDidntReport sont : la peur de ne pas être cru, les répercussions de leur prise de parole, le sentiment de honte et de gêne.

Il ne fait aucun doute que pour chaque histoire racontée, il existe un nombre incalculable d’histoires non-dites.

L’AFP a contribué à cet article.

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