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Nides : les USA « s’opposeront » à toute tentative d’annexion de la Cisjordanie

L'envoyé américain dit qu'il compte travailler en étroite collaboration avec le nouveau gouvernement, ne sait pas encore s'il va rencontrer le député d'extrême droite Ben Gvir

L'ambassadeur américain en Israël Tom Nides participe à une conférence à l'université Reichman à Herzliya, le 11 septembre 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
L'ambassadeur américain en Israël Tom Nides participe à une conférence à l'université Reichman à Herzliya, le 11 septembre 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

L’ambassadeur américain en Israël Tom Nides a prévenu dans des interviews que la Maison Blanche riposterait à toute tentative du prochain gouvernement israélien d’annexer toute ou une partie de la Cisjordanie.

« Notre position est très claire : nous ne soutenons pas l’annexion. Nous nous opposerons à toute tentative en ce sens », a déclaré Nides au correspondant diplomatique de la chaîne publique Kan, Gili Cohen, dans une interview diffusée jeudi, ajoutant que « la plupart des pays arabes » sont du même avis.

La déclaration de Nides est intervenue suite aux propos de Yariv Levin, député du Likud, qui a déclaré, après sa rencontre avec le président Isaac Herzog lors des consultations du parti mercredi, que l’annexion de la Cisjordanie figurait en bonne place dans l’agenda du gouvernement.

« Grace à nous, l’État d’Israël n’a jamais été aussi proche de l’application de la souveraineté [sur la Cisjordanie] », a déclaré Levin à la résidence du Président. « Nous n’étions qu’à un pas de cette question dans le passé, et j’espère que nous pourrons continuer dans cette direction. »

Juste avant les accords d’Abraham en 2020, le Premier ministre de l’époque, Benjamin Netanyahu, avait annoncé son intention de procéder à l’annexion de certaines parties de la Cisjordanie, avec le soutien du président de l’époque, Donald Trump.

Mais le plan avait été suspendu en raison de l’accord de paix en cours avec les Émirats arabes unis, qui s’opposaient fermement à toute tentative d’annexion.

Le député du Likud Yariv Levin, entouré des députés du parti Eli Cohen et Miri Regev, s’adresse à la presse après avoir rencontré le président Isaac Herzog à la résidence du président à Jérusalem, le 9 novembre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Dans une interview accordée au site d’information Ynet mercredi, Nides a déclaré que la perspective d’une annexion ne l’inquiétait pas et qu’il ne pensait pas qu’Israël tenterait de passer à l’acte.

L’envoyé américain a déclaré à la chaîne publique Kan qu’il avait l’intention de travailler en étroite collaboration avec le futur gouvernement de droite.

« J’aimerais que la relation avec ce gouvernement soit forte et durable. Je compte travailler en étroite collaboration avec le premier ministre Netanyahu », a déclaré Nides. « Cela dit, nous devons défendre les choses auxquelles nous croyons – cela fait partie des valeurs américaines… Il y aura des moments où nous exprimerons clairement nos différends. »

À la question de savoir s’il rencontrerait le député d’extrême droite HaTzionout HaDatit, Itamar Ben Gvir, qui devrait recevoir un ministère important, Nides a répondu que le temps le dira.

« Je ne vais pas faire de déclarations radicales selon lesquelles je ne parlerai jamais à quiconque – qu’il soit de la gauche ou de la droite », a déclaré Nides. « Nous verrons qui occupera quels postes… J’aimerais d’abord entendre ce que ces personnes disent et voir ce qu’elles font. »

Le chef du parti Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, s’adressant à ses partisans au siège de campagne du parti à Jérusalem après les élections du 1er novembre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’envoyé américain a expliqué que son travail « consistait à entretenir les échanges, les discussions, tout en réagissant sur les points de désaccord – et je réagirai de manière agressive sur les points de désaccord. »

À la question de savoir s’il comptait inviter Ben Gvir à la traditionnelle fête du 4 juillet de l’ambassade l’année prochaine, Nides a éclaté de rire et s’est contenté de répondre : « Beaucoup de choses pourraient se produire dans les six prochains mois. »

Les responsables américains ont exprimé en privé de sérieuses préoccupations quant au rôle potentiel futur de Ben Gvir, un député provocateur qui a mené une campagne anti-arabe et a un passé de déclarations incendiaires, sans compter ses condamnations pour incitation à la haine.

Lundi, le président américain Joe Biden a téléphoné à Netanyahu pour le féliciter de sa victoire électorale de la semaine dernière.

Selon un communiqué en hébreu du cabinet de Netanyahu, le dirigeant américain aurait déclaré au prochain Premier ministre israélien, au cours de l’appel téléphonique qui a duré huit minutes, « nous sommes frères » et « ensemble, nous ferons l’histoire ».

Un fonctionnaire au fait de la question a déclaré au Times of Israel que l’administration Biden attend que le gouvernement israélien soit formé avant de prendre toute décision politique. Les Etats-Unis risquent toutefois d’avoir du mal à travailler avec des ministres tels que Ben Gvir ou le leader du HaTzionout HaDatit, Bezalel Smotrich, a déclaré le responsable.

Pressé de réagir à la montée de l’extrême droite en Israël, le porte-parole du département d’État, Ned Price, a déclaré que les États-Unis « espèrent que tous les responsables du gouvernement israélien continueront à partager les valeurs d’une société ouverte et démocratique, notamment la tolérance et le respect de tous dans la société civile, en particulier des groupes minoritaires. »

Jacob Magid a contribué à cet article.

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