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Nigeria : depuis Israël, l’indépendantiste Kanu appelle au boycott des élections

Le Biafrais, accusé de trahison, remercie le Mossad et promet de revenir dans son pays et de "rapporter l'enfer" avec lui

Le leader indépendantiste pro-Biafra Nnamdi Kanu, durant une audience au tribunal d'Abuja, au Nigeria, le 29 janvier 2016. (Crédit : AP/Archives)
Le leader indépendantiste pro-Biafra Nnamdi Kanu, durant une audience au tribunal d'Abuja, au Nigeria, le 29 janvier 2016. (Crédit : AP/Archives)

Le leader indépendantiste pro-Biafra Nnamdi Kanu, porté disparu depuis un an après un raid de l’armée nigériane, a affirmé dimanche à la radio être en Israël et préparer son retour prochain, appelant à boycotter les élections dans son pays.

Une vidéo apparemment tournée à Jérusalem était devenue virale en fin de semaine. On y voyait un homme ressemblant fortement à Kanu, portant des sandales, un talith blanc [châle de prière que portent les juifs pour prier] et une kippa, prier au pied du mur des Lamentations.

« Je suis en Israël », a confirmé le chef du Mouvement indépendantiste pour les peuples indigènes du Biafra (IPOB), dans une intervention en direct sur Radio Biafra dimanche soir, sans préciser comment il avait pu s’y rendre alors qu’il était sous le coup d’un procès et interdit de quitter le territoire nigérian.

Il avait disparu le 14 septembre 2017, lorsque l’armée s’était déployée dans sa ville d’Umuahia (sud-est) et avait envahi sa maison. Son entourage accusait depuis lors l’armée de le détenir au secret ou de l’avoir tué, ce que celle-ci a toujours démenti.

Une vidéo filmée le 19 octobre 2018, qui semble montre le leader indépendantiste pro-Biafra Nnamdi Kanu au mur Occidental de Jérusalem. (Crédit : capture d’écran Twitter)

« Je serai de retour bientôt sur la terre du Biafra et je rapporterai l’enfer avec moi », a-t-il menacé.

« L’IPOB libèrera le Biafra et nous ne prendrons part à aucune élection tant que nous n’obtiendrons pas un référendum, ce n’est pas négociable, nous y parviendrons par tous les moyens », a-t-il dit.

Des élections générales (présidentielle, législatives et gubernatoriales) sont prévues au Nigeria en février et mars prochains.

Accusant l’armée nigériane d’avoir tué son chien et plusieurs de ses partisans, Kanu a affirmé qu’il avait été « évacué » de sa maison par son propre service de sécurité pour fuir quand l’armée a envahi sa maison il y a un an.

« Je dois ma survie à l’Etat d’Israël », a-t-il dit, faisant également allusion aux services de renseignements israéliens (Mossad) sans préciser quelle forme de soutien l’Etat hébreu lui aurait apporté.

Ancien agent immobilier dirigeant Radio Biafra basée à Londres, Nnamdi Kanu avait été incarcéré en octobre 2015 après des violences entre partisans de l’IPOB et forces de l’ordre, puis libéré sous caution en 2017.

Il doit toutefois encore répondre d’accusation de « trahison » devant la justice de son pays où son procès s’est ouvert l’an dernier, mais il ne s’était pas présenté aux audiences.

Des partisans du Mouvement indépendantiste pour les peuples indigènes du Biafra (IPOB), membres de la Yahveh Yashua Synagogue (Yisraelities Biafra Region) célèbrent le Shabat devant la résidence de Nnamdi Kanu, le 27 mai 2017. (Crédit : AFP / MARCO LONGARI)

Un demi-siècle après la guerre civile, qui avait fait plus d’un million de morts, ce leader charismatique capitalise sur le sentiment d’exclusion de la population de l’ex-Biafra pour réclamer la sécession de cette région du sud-est du Nigeria.

Il affirme que les Igbo, qui y sont majoritaires, sont une tribu perdue d’Israël et que sa mission est de leur rendre leur terre promise, le Biafra.

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