« Niveau record » des actes antisémites au Royaume-Uni – CST
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« Niveau record » des actes antisémites au Royaume-Uni – CST

Le Community Security Trust appelle à inverser la "marée de haine" après 892 incidents contre des Juifs enregistrés au cours des six premiers mois de 2019

Un camion tagué avec une croix gammée ou des insultes dans un quartier hassidique de Londres, le 14 novembre 2016. (Crédit : Shomrim N.E. London/Twitter)
Un camion tagué avec une croix gammée ou des insultes dans un quartier hassidique de Londres, le 14 novembre 2016. (Crédit : Shomrim N.E. London/Twitter)

Le premier semestre de 2019 a vu une augmentation fulgurante des incidents visant des membres de la communauté juive britannique, a déclaré dans un nouveau rapport publié jeudi, le principal organisme de surveillance de l’antisémitisme en Grande-Bretagne.

Selon le Community Security Trust de Londres (CST), qui enregistre les incidents depuis le début des années 1980, les six premiers mois de cette année ont été marqués par un nombre record de 892 incidents antisémites.

L’organisme a déclaré qu’il s’agissait du plus grand nombre d’incidents jamais enregistré au cours de la période de janvier à juin de n’importe quelle année, soit une hausse de 10 % par rapport aux 810 incidents enregistrés au cours de la même période en 2018, qui constituait lui-même un record pour une période de six mois. Il y a eu un total annuel record de 1 688 incidents antisémites au Royaume-Uni en 2018.

« C’est la troisième année consécutive que la CST enregistre une augmentation des signalements d’incidents antisémites », a déclaré David Delew, directeur général de cette organisation, dans un communiqué. « Le problème se propage à travers le pays et en ligne, il reflète l’aggravation des divisions dans notre société et il cause une anxiété croissante au sein de la communauté juive. Il faudra des gens de toutes les communautés et de tous les milieux pour renverser cette vague de haine. »

Il y a eu une augmentation de 37 % du nombre d’incidents violents par rapport à la même période de l’année précédente, selon le CST, qui a enregistré 85 agressions antisémites au cours des six premiers mois de 2019, contre 62 l’année précédente.

Il y a eu 323 incidents liés aux réseaux sociaux, comparés aux 221 incidents en ligne au premier semestre de 2018, soit une augmentation de 46 %. Toutefois, le CST a mis en garde, « il est difficile d’évaluer si cela reflète une augmentation de l’antisémitisme en ligne ou une augmentation du nombre de reportages sur ce phénomène ».

Des exemples de tweets haineux inclus dans un nouveau rapport sur l’antisémitisme publié par le Community Security Trust. (Capture d’écran)

Au total, il y a eu 710 incidents de « comportement agressif, dont des insultes verbales, des graffitis antisémites, des insultes antisémites via les réseaux sociaux et des cas isolés de courriers haineux », a rapporté le CST.

Les mois de février et mars ont été les plus hauts niveaux d’antisémitisme depuis le début de l’année, que le CST attribue à l’importance des questions liées au scandale d’antisémitisme qui a cours au sein du Parti travailliste britannique au cours de ces mois. En février, un certain nombre de députés travaillistes juifs ont quitté le parti après des accusations d’antisémitisme dans ses rangs.

Le Parti travailliste est aux prises avec l’antisémitisme depuis que son chef d’extrême gauche, Jeremy Corbyn, a été élu chef du parti en 2015, avec un nouvel examen minutieux après qu’un certain nombre d’anciens membres du parti l’ont accusé, lui et ses alliés, de faire obstacle aux efforts déployés pour régler ce problème, dans une émission diffusée par la BBC le mois dernier. Corbyn a fait l’objet d’attaques répétées – y compris de l’intérieur du parti – pour avoir permis à l’antisémitisme de se propager dans le parti de gauche et pour avoir refusé d’adopter pleinement la définition de l’antisémitisme de l’International Holocaust Remembrance Alliance (IHRA) dans le nouveau code de conduite du Labour.

Le chef du Parti travailliste britannique Jeremy Corbyn quitte sa maison dans le nord de Londres, le 12 juin 2019. (Isabel Infantes/AFP)

Au National Police Chiefs’ Council en charge des crimes racistes, l’Assistant Chief Constable Mark Hamilton, a exprimé son inquiétude face au dernier rapport du CST, déclarant qu’“il ne peut jamais être acceptable de maltraiter quelqu’un en raison de son appartenance ethnique ou religieuse, mais nous voyons que dans notre société il existe encore beaucoup trop de personnes disposées à agir illégalement, attisées par des événements mondiaux, des divisions dans notre propre société ou des idéologies extrémistes”.

« Il est toujours préoccupant de voir les indicateurs d’une augmentation des crimes haineux, si ce n’est que nous sommes convaincus qu’ils reflètent un meilleur signalement. Nous travaillerons avec les analystes lorsque les données nationales sur la criminalité seront publiées à l’automne, afin de déterminer si ces augmentations reflètent une plus grande incidence des crimes haineux ou d’autres améliorations dans les niveaux de déclaration. »

Le député travailliste John Mann, récemment nommé conseiller du gouvernement britannique pour l’antisémitisme, a récemment déclaré au Times of Israel que « la communauté juive est le canari dans la mine de charbon pour l’humanité et pour la sécurité et l’avenir de mes petits-enfants ».

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