Notre-Dame : l’Unesco peut coordonner expertise et financements
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Interview

Notre-Dame : l’Unesco peut coordonner expertise et financements

La directrice générale de l'Unesco, Audrey Azoulay, a assuré lundi que l'organisation internationale était "aux côtés de la France"

L'ancienne ministre française de la Culture Audrey Azoulay, au centre, au siège de l'UNESCO à Paris le 10 novembre 2017, après que les Etats membres de l'UNESCO ont approuvé la nomination d'Azoulay à la tête de l'agence culturelle. (Crédit : AFP / Eric Feferberg)
L'ancienne ministre française de la Culture Audrey Azoulay, au centre, au siège de l'UNESCO à Paris le 10 novembre 2017, après que les Etats membres de l'UNESCO ont approuvé la nomination d'Azoulay à la tête de l'agence culturelle. (Crédit : AFP / Eric Feferberg)

La directrice générale de l’Unesco, Audrey Azoulay, a assuré lundi à l’AFP que l’organisation internationale était « aux côtés de la France » confrontée à l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris, et qu’elle pourrait organiser la solidarité internationale.

AFP : Comment l’Unesco pourrait-elle « être aux côtés » de la France ?

Audrey Azoulay : Notre-Dame de Paris fait partie du patrimoine classé à l’Unesco pour sa valeur exceptionnelle et le message que je voulais porter en allant sur place – et directement auprès des autorités – c’est dire que l’Unesco était aux côtés de la France, notamment par l’expertise qu’elle peut mettre à disposition des équipes, d’abord dans l’évaluation des dommages immédiatement, dans les heures qui vont suivre, une fois l’incendie maîtrisé. Parce qu’après un incendie, il y a des choses à faire très vite en ce qui concerne la pierre, en ce qui concerne le bois. Et puis bien sûr après, à moyen terme.

La solidarité internationale peut aussi se matérialiser sur la plan financier, à travers l’Unesco. Par exemple, lors du récent incendie du Musée national brésilien à Rio de Janeiro, nous avons coordonné l’expertise internationale, pour venir soutenir la portée de l’expertise, mais aussi des financements. D’une certaine façon, c’est aussi ce que nous faisons en Irak.

Toute l’histoire de la reconstruction d’Angkor, c’est une solidarité technique et financière du monde pour la reconstruction d’un patrimoine exceptionnel à portée universelle.

Que va proposer l’Unesco ?

Cela va dépendre un peu des besoins et de ce que la France souhaitera. Mais la France a souvent été aux côtés de l’Unesco pour venir en soutien lorsque des patrimoines ont été détruits lors de conflits ou par des désastres naturels. Là, cette solidarité doit jouer au profit de la France. Elle a joué son rôle auprès des autres, à travers l’Unesco, c’est bien le moins que nous le fassions également pour elle.

Certains ne seront-ils pas tentés de trouver la facture trop lourde au regard d’autres urgences, davantage humanitaires ?

C’est un faux débat. Il ne faut pas opposer les nécessités impérieuses qui seraient d’un côté celles qui touchent à l’alimentation, aux besoins élémentaires, à la pauvreté et, de l’autre, le patrimoine. Il est important de tenir tous les bouts à la fois – les sujets de nécessité, de première nécessité, et le patrimoine. Ce patrimoine c’est la richesse de chacun, ce qui nous lie et cela se voit dans ces moments. Le monde entier y est sensible et cela se voit dans les messages que nous recevons. Le monde entier regarde ce qui se passe à Paris.

C’est le cœur de Paris qui brûle, ce que l’on n’aurait jamais pu imaginer. Il y a beaucoup de tristesse, beaucoup d’émotion, la sensation que c’est le patrimoine de tous les Français qui est en train d’être détruit. Patrimoine pour son architecture, sa place dans l’histoire, patrimoine aussi littéraire et, bien sûr, pour son rôle spirituel.

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