« Nous nous effondrons », disent les chefs d’entreprise à Netanyahu sur Zoom
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« Nous nous effondrons », disent les chefs d’entreprise à Netanyahu sur Zoom

Les entrepreneurs ont dénoncé les limitations sur leurs activités et les retards de l'aide gouvernementale ; Netanyahu a incriminé l'autorité fiscale

Des chefs d'entreprise participent à un chat vidéo sur Zoom avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, 2è à gauche, en haut, le 7 juillet 2020 (Capture d'écran : Douzième chaîne)
Des chefs d'entreprise participent à un chat vidéo sur Zoom avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, 2è à gauche, en haut, le 7 juillet 2020 (Capture d'écran : Douzième chaîne)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a été interpellé avec vigueur, mardi, par des chefs d’entreprise, furieux de ce qu’ils ont qualifié de manque d’aide financière de la part du gouvernement alors que leurs firmes luttent pour leur survie dans un cadre de nouvelles restrictions mises en place pour contenir le coronavirus.

Lors d’une réunion qui a été organisée via Zoom – une première – à l’initiative du chef du gouvernement, Netanyahu a fait face aux propriétaires de restaurants, de bars, de salles de spectacles et autres clubs de gym pour évoquer les restrictions appliquées à leurs activités et les retards accumulés dans le transfert des aides qui leur avaient été promises.

« On ne survivra pas ! Aucune entreprise ne survivra, monsieur ! Ce qu’on vous demande, c’est que vous nous disiez, comme vous l’aviez fait au début de la campagne, que nous pourrons avoir l’argent en poche d’ici quarante-huit heures », a supplié l’un des chefs d’entreprise, selon des images de la visioconférence qui ont été diffusées par la Douzième chaîne.

Une participante a averti qu’elle allait baisser le rideau si l’assistance financière ne lui était pas remise d’ici quelques jours.

« Nous nous effondrons, nous sommes simplement en train de nous effondrer. Ça fait quatre mois que je ne dors pas », s’est-elle exclamé. « J’emploie 150 personnes et je ne sais pas quoi leur dire ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une conférence sur Zoom avec des chefs d’entreprise israéliens dans un contexte de crise de la COVID-19, le 7 juillet 2020 (Capture d’écran : Douzième chaîne)

Après avoir écouté plusieurs minutes, Netanyahu a attribué la responsabilité du retard du transfert de l’aide gouvernementale au chef de l’Autorité fiscale, Eran Yaacov, qui prenait également part à la réunion.

« Eran, écoutez-moi une seconde. Ces gens ne sont pas en train de mentir, d’accord ? », a dit Netanyahu. « Quand ils disent qu’ils ne reçoivent pas d’argent, c’est qu’ils n’en reçoivent pas ».

Il a ajouté : « Nous devons leur apporter la sécurité sur leur revenu, sur leur gagne-pain, sur l’aide que nous leur apportons… Et il s’avère que nous ne leur transférons pas d’argent ».

Alors qu’il parlait, Netanyahu a été interrompu par l’un de ses interlocuteurs.

« Ecoutez, personne ne nous écoute… On n’a pas eu l’argent. C’est assez, écoutez-nous pour une fois », s’est exclamé le chef d’entreprise qui n’a pas été identifié.

Cette visioconférence a eu lieu alors que Netanyahu doit faire face à des critiques croissantes sur la gestion gouvernementale des conséquences économiques de la pandémie, avec des sondages qui révèlent une insatisfaction de plus en plus forte face à sa prise en charge de l’économie.

Le chômage, à son paroxysme, a dépassé les 25 % au sommet de la crise, avec plus d’un million d’Israéliens ayant perdu leurs emplois. Ils sont encore 800 000, aujourd’hui, à ne plus avoir de travail – un chiffre qui devrait encore grimper au vu des nouvelles restrictions qui ont été mises en vigueur pour combattre l’augmentation des nouvelles infections au coronavirus.

La colère a été forte dans de multiples secteurs de l’économie, qui ont dénoncé une insuffisance de soutien gouvernemental pour les aider à traverser cette période difficile, en plus de l’indignation suscitée par le détournement présumé des aides financières et par les complexités bureaucratiques de l’obtention des aides.

Des travailleurs sociaux israéliens protestent contre leurs conditions de travail devant la Knesset, le 25 juin 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Mardi matin, Netanyahu a rencontré le gouverneur de la Banque d’Israël, Amir Yaron, l’ancien gouverneur Stanley Fisher et d’autres économistes pour des consultations.

Le ministre des Finances, Israel Katz, n’était pas présent lors de ces entretiens. Katz a expliqué mardi qu’il préparait une enveloppe d’aides pour les employés et les entreprises, au sein de l’Etat juif, frappés par les restrictions remises en place sur les activités économiques.

Dans le cadre des séries de mesures qui ont été approuvées par le gouvernement pour stopper la hausse des contaminations au coronavirus, lundi, le ministère des Finances a été sommé de mettre en place une enveloppe d’indemnisation pour les personnes touchées par les dernières limitations en quarante-huit heures.

Parmi les nouvelles directives de restrictions, la fermeture de nombreux lieux de divertissement et la limitation du nombre de clients dans les restaurants.

Au vu des dernières mesures appliquées, Katz a indiqué travailler sur « une enveloppe globale d’aide pour les salariés, les auto-entrepreneurs et les propriétaires d’entreprise », un projet qui devait être présenté à Netanyahu mardi en fin de journée.

Le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Israel Katz, s’exprime lors d’une réunion d’urgence au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem, le 13 février 2020. (Flash90)

Katz a expliqué que le plan était « basé sur le principe de la garantie mutuelle » et qu’il offrirait de meilleures allocations pour les chômeurs ainsi qu’une « allocation mensuelle de vie permanente » pour les auto-entrepreneurs.

« De plus, des aides vont être apportées aux entreprises elles-mêmes en fonction de leur taille et de l’étendue des dommages qu’elles ont subie », a-t-il écrit sur Facebook.

Katz, membre du parti du Likud de Netanyahu devenu ministre des Finances au mois de mai, a ajouté que le plan intégrerait « les leçons tirées des précédents plans, qui avaient été décidés avant mon arrivée, pour garantir la mise en oeuvre rapide des décisions ».

Mardi également, le député Likud Nir Barkat a présenté sa propre proposition pour aider l’économie.

Barkat, auquel le portefeuille du ministère des Finances avait été promis par Netanyahu avant les élections du 2 mars et qui a été finalement remis à Katz, a expliqué que le Premier ministre lui avait demandé de formuler ce plan.

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