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Nouveau report de l’audience sur le projet d’implantations en zone E1

La troisième et dernière audience concernant la consultation publique – qualifié de « létal » pour le futur État palestinien par les critiques – a été repoussée sine die

Vue de l'implantation de Maale Adumin et de la zone E1, en Cisjordanie, le 2 janvier 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Vue de l'implantation de Maale Adumin et de la zone E1, en Cisjordanie, le 2 janvier 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’audience prévue dans le cadre du projet de construction très controversé de la zone E1 a été reportée pour la troisième fois, cette fois sans date report.

Les ONG de gauche Ir Amim et La Paix maintenant, qui ont toutes deux soumis des objections au projet, ont déclaré avoir été informées du report par la haute commission de planification de l’Administration civile, en charge de la planification des implantations en Cisjordanie.

L’audience avait été programmée lundi sous les auspices de la sous-commission des objections de la haute-commission de planification. Elle aurait constitué la troisième et dernière réunion du sous-comité sur la question.

Le cabinet du Premier ministre, comme le ministère de la Défense ou son porte-parole ont refusé de préciser les raisons pour lesquelles l’audience a été reportée.

La pression diplomatique exercée par les Etats-Unis ces derniers mois a été à l’origine de précédents aléas et retards.

Le plan de construction de l’E1, qui se trouve dans les limites municipales de l’implantation de Maale Adumim, à l’Est de Jérusalem, et comprend 3 412 logements, a été proposé à la sous-commission par le gouvernement Netanyahu, peu avant les élections de 2020.

L’Autorité palestinienne et les organisations israéliennes de gauche estiment que construire dans cette zone limiterait grandement l’accès à Jérusalem-Est depuis les villes palestiniennes de Ramallah et Bethléem, et créerait un obstacle majeur à la contiguïté territoriale dans la perspective d’un futur État palestinien.

L’administration Biden s’est fermement opposée aux plans pour la zone E1, l’ambassadeur américain en Israël, Tom Nides, ayant publiquement dénoncé le projet en mars.

« E1 est un véritable désastre. J’ai fait tout ce que je pouvais sur la question », déclarait Nides lors d’un webinaire de La Paix maintenant concernant la campagne américaine pour reporter l’audience de janvier.

Le président américain Joe Biden serre la main du ministre israélien de la Défense, Benny Gantz, pendant une démonstration des systèmes de défense aérienne, le mercredi 13 juillet 2022, à Tel Aviv, sous le regard du Premier ministre Yair Lapid, à droite de Biden. (Crédit : AP/Evan Vucci)

L’administration Biden a de nouveau fait pression sur Israël obtenir un report de l’audience, reprogrammée en juillet, à la fois en raison de l’opposition de principe, toujours valide, et du souhait d’éviter que le projet ne prospère, quelques jours seulement après la visite du président Joe Biden en Israël.

L’ONG La Paix maintenant s’est réjouie de la décision, rendue publique jeudi, de reporter à nouveau l’audience du sous-comité, rappelant son attachement à ce que le projet soit totalement abandonné.

« E1 est incompatible avec la solution à deux États et préjudiciable, à la fois, à la liberté de mouvement des Palestiniens et à la contiguïté des différentes parties du futur État palestinien », a déclaré l’organisation. « Il faut que le gouvernement israélien, et en particulier le ministre de la Défense Benny Gantz (décisionnaire en la matière), abandonnent purement et simplement ce projet ».

Le député Orit Strock, membre du parti d’extrême-droite favorable aux implantations HaTzionout HaDatit, a vivement regretté ce report, assurant qu’il reflétait la position politique de Gantz, « homme de gauche » désireux de garantir la contiguïté territoriale d’un futur État palestinien.

« Gantz s’achemine vers la création d’un État palestinien non seulement par ce à quoi il s’oppose, mais aussi par ce qu’il laisse faire, comme la saisie de terres par l’Autorité palestinienne », a assuré Strock, évoquant la revendication, en droit israélien, de constructions palestiniennes illégales dans la zone C de Cisjordanie, où se trouvent des implantations israéliennes et où Israël assure le contrôle militaire et civil.

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