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Nouveau sommet pour Israël et l’AP en Égypte avant le début du ramadan

Les chefs de l'armée sont inquiets d'un essor des tensions dû aux troubles intérieurs et aux actions de Ben Gvir sur le terrain à la veille du mois sacré - une période délicate

Des Palestiniens du camp de réfugiés de Jénine pendant un raid de l'armée israélienne, le 7 mars 2023. (Crédit : Jaafar Ashtiyeh / AFP)
Des Palestiniens du camp de réfugiés de Jénine pendant un raid de l'armée israélienne, le 7 mars 2023. (Crédit : Jaafar Ashtiyeh / AFP)

Des responsables israéliens, palestiniens, américains, égyptiens et jordaniens devraient se retrouver ce dimanche à Sharm el-Sheikh, en Égypte, pour un sommet qui sera consacré à l’apaisement des tensions régionales en amont de la période du ramadan, qui commencera la semaine prochaine.

Le Conseiller à la sécurité nationale, Tzachi Hanegbi, doit prendre la tête de la délégation israélienne qui se rendra à Sharm el-Sheikh, comme cela avait déjà été le cas lors d’une rencontre antérieure qui avait eu lieu au mois de février à Aqaba. Le dirigeant du Shin Bet, Ronen Bar, et le général Ghassan Alian, qui assure la liaison militaire avec les Palestiniens, devraient eux aussi être présents.

L’État d’Israël s’était engagé à ne plus lancer de projets de construction dans les implantations pendant les négociations qui avaient été faites à Aqaba, selon un communiqué conjoint qui avait été émis à l’issue du premier sommet. Mais le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait démenti dans la foulée toute perspective de gel des constructions de l’autre côté de la Ligne verte.

Selon le même communiqué, Israël et l’Autorité palestinienne (AP) avaient aussi convenu d’une désescalade des tensions et de la nécessité de prévenir les violences en amont du mois sacré du ramadan. Les deux parties avaient accepté « d’œuvrer immédiatement à mettre un terme à toute mesure prise de manière unilatérale pendant une période allant de 3 à 6 mois », avait noté le compte-rendu.

Un haut-responsable de l’AP avait ensuite confié au Times of Israel que Jérusalem avait promis de transférer des millions de dollars de revenus fiscaux retenus par le gouvernement israélien qui s’était refusé à les remettre à l’AP en raison de sa pratique controversée de versement de salaires aux prisonniers sécuritaires détenus dans les prisons israéliennes et aux familles de terroristes – mais que cet argent n’avait pas encore été débloqué.

« Les Israéliens avaient promis, à Aqaba, qu’ils allaient transférer tous les fonds mais pour le moment, nous n’avons rien », avait fait savoir, au début du mois de mars, le ministre des Affaires civiles de l’AP, Hussein al-Sheikh. Al-Sheikh est également secrétaire-général du comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), et il est aussi l’un des conseillers les plus proches du président de l’AP, Mahmoud Abbas.

Vue de la vieille ville, de la mosquée Al Mustafa et de la mer Rouge à Charm el-Cheikh en Égypte. (Crédit : Ioanna_alexa, 30 janvier 2020, iStock by Getty images)

Al-Sheikh avait déploré que même les engagements mentionnés par écrit dans le communiqué n’avaient pas été pris au sérieux par le gouvernement israélien, ce qui mettait en péril, selon lui, l’organisation de la réunion de suivi à Sharm el-Sheikh.

Selon des informations qui ont été transmises vendredi, alors que le ramadan commence la semaine prochaine, de hauts-responsables de la sécurité ont mis en garde le gouvernement contre un risque accru d’attentats terroristes palestiniens, exprimant également leur frustration face à la conduite de certains de ses membres.

Haaretz a annoncé que lors d’une réunion récente avec le ministre de la Défense Yoav Gallant, des responsables militaires avaient indiqué que les troubles qui touchent actuellement Israël, la popularité déclinante de l’AP, un essor des attaques nationalistes des extrémistes juifs et les actions entreprises par le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir contribuaient tous à créer un climat extrêmement instable en Cisjordanie.

Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir à l’entrée de l’aéroport Ben Gurion près de Tel Aviv, le 9 mars 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Selon le journal, les chefs militaires n’avaient pas épargné leurs critiques à l’encontre du ministre d’extrême-droite en charge de la police, Ben Gvir, qui a ordonné de multiplier les démolitions de constructions illégales à Jérusalem-Est. De telles actions entreprises une semaine avant le ramadan, auraient-ils déclaré, ignorent les conséquences sécuritaires potentielles pour le pays et les recommandations faites par le plus haut membre de la hiérarchie de l’establishment de la sécurité.

Ben Gvir, député du parti extrémiste Otzma Yehudit, a juré d’adopter un positionnement plus agressif à l’encontre des habitations palestiniennes construites sans les permis nécessaires à Jérusalem-Est et en Cisjordanie. Il a affirmé que les démolitions de ces constructions illégales entraient dans le cadre de la lutte de l’État juif contre le terrorisme palestinien – même si aucun lien n’a été établi entre les propriétaires des maisons détruites pour manque de permis, ces dernières semaines, et d’éventuels crimes sécuritaires.

Il se serait heurté à l’armée, au Premier ministre et aux responsables de la police en raison de cette approche radicale.

Pau après la mort de trois Israéliens dans un attentat à la voiture-bélier – deux frères avaient notamment perdu la vie, des enfants de six et huit ans – Ben Gvir avait fait savoir qu’il avait dit à la police de se préparer pour une opération de répression anti-terroriste majeure imminente, comparant ce raid à une campagne militaire massive qui avait ciblé les groupes terroristes de Cisjordanie en 2002. Toutefois, Ben Gvir n’avait pas l’autorité nécessaire pour approuver seul la tenue d’une telle opération et ses propos avaient été rejetés par un officiel du gouvernement.

Les tensions entre Israël et les Palestiniens sont intenses depuis un an, alors que l’armée israélienne mène des raids nocturnes quasiment quotidiens en Cisjordanie dans un contexte de vague d’attaques meurtrières. Ces tensions se sont encore accrues, ces dernières semaines, avec une série de raids israéliens et d’attaques de représailles palestiniennes qui se sont accompagnés d’une recrudescence des violences de la part des partisans du mouvement pro-implantation.

Jeudi, quatre Palestiniens – au moins deux d’entre eux appartenaient à des groupes terroristes – ont été abattus par les forces israéliennes pendant une opération en plein jour qui a eu lieu à Jénine, en Cisjordanie, ont fait savoir Tsahal et les médias palestiniens.

Dans un communiqué conjoint avec l’armée israélienne et l’agence de sécurité du Shin Bet, la police a indiqué que les membres de l’unité antiterroriste Yamam étaient entrés dans Jénine et qu’ils avaient « neutralisé » deux hommes armés palestiniens qui étaient par ailleurs recherchés, après avoir obtenu des renseignements sur l’endroit où ils se trouvaient.

Le ministère de la Santé de l’AP a expliqué que ce raid a fait quatre morts et au moins 23 blessés, dont cinq blessés graves.

Selon le Shin Bet, l’un des hommes recherchés était impliqué dans « des activités terroristes significatives ». Un autre était connu pour fabriquer des explosifs et il avait ouvert le feu sur les soldats israéliens déployés en Cisjordanie.

La police a indiqué que les officiers de l’unité Yamam avaient abattu un troisième suspect qui tentait d’attaquer les militaires à l’aide d’un pied-de-biche et qu’ils avaient ouvert le feu sur d’autres hommes armés qui se trouvaient sur les lieux.

Des images du raid, tournées depuis un immeuble, montrent les forces sous couverture tirer, à courte portée, une balle dans la tête de l’un des hommes armés blessés allongé au sol.

Les forces israéliennes tient sur un homme armé palestinien blessé à Jénine, en Cisjordanie, le 16 mars 2023. (Capture d’écran : Twitter)

Dimanche dernier, les troupes israéliennes avaient tué trois membres du groupe terroriste de la Fosse aux Lions, dont le siège est à Naplouse.

Une série d’attaques à Jérusalem et en Cisjordanie, ces derniers mois, a fait 14 morts et plusieurs blessés graves du côté israélien.

Au moins 85 Palestiniens ont été tués depuis le début de l’année, la majorité d’entre eux alors qu’ils commettaient des attaques ou pendant des affrontements avant les services de sécurité. Certains étaient toutefois des civils non-impliqués et d’autres ont perdu la vie dans des circonstances qui font actuellement l’objet d’une enquête.

Au cours de l’année passée, les groupes basés à Gaza – et notamment le Jihad islamique – ont tiré des roquettes pour répondre à la mort ou à l’arrestation de leurs membres en Cisjordanie.

Emanuel Fabian et Jacob Magid ont contribué à la rédaction de cet article.

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