Nouvelle affaire de chants nazis : la justice autrichienne enquête
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Nouvelle affaire de chants nazis : la justice autrichienne enquête

Plus d'un tiers des 51 députés FPÖ sont membres de "Burschenschaften", corporations régulièrement accusées de colporter des idées ultra-nationalistes pangermanistes

Norbert Hofer, candidat autrichien à l'élection présidentielle pour le Parti de la liberté (FPO), quitte son bureau de vote après avoir voté, à Pinkafeld, en Autriche, le 4 décembre 2016 (AFP PHOTO / VLADIMIR SIMICEK)
Norbert Hofer, candidat autrichien à l'élection présidentielle pour le Parti de la liberté (FPO), quitte son bureau de vote après avoir voté, à Pinkafeld, en Autriche, le 4 décembre 2016 (AFP PHOTO / VLADIMIR SIMICEK)

La justice autrichienne a indiqué mercredi avoir ouvert une enquête sur un répertoire de chants nazis qui met de nouveau dans l’embarras le parti d’extrême droite du vice-chancelier autrichien (FPÖ) accusé d’accointances avec la mouvance ultra-nationaliste.

Le parquet de Vienne a ouvert une enquête préliminaire pour faire la lumière sur la provenance d’un livre de chants comprenant un répertoire de morceaux faisant l’apologie du nazisme révélé par l’hebdomadaire Falter.

L’enquête a été ouverte au titre de la loi de 1947, la « Verbotsgesetz », qui sanctionne notamment le négationnisme et l’apologie du nazisme.

Selon le magazine, le livre est utilisé par les membres de la corporation étudiante viennoise Bruna Sudetia dont l’un des responsables est actuellement Herwig Götschober, proche collaborateur du ministre des Transports FPÖ Norbert Hofer, en charge des réseaux sociaux au sein du ministère.

M. Götschober et le groupe Bruna Sudetia ont affirmé n’avoir aucune connaissance de l’ouvrage et en rejeter vigoureusement le contenu litigieux.

Le ministre Norbert Hofer, qui avait échoué de peu à remporter l’élection présidentielle de 2016, a pris la défense mercredi de son collaborateur et appelé identifier la provenance du livre. Depuis la publication des accusations de Falter, mardi, l’opposition demande la démission de M. Götschober.

La découverte d’un précédent livre de chants antisémites avait fait scandale en Autriche fin janvier : l’ouvrage circulait au sein d’une autre corporation locale, dirigée par le chef de file régional du FPÖ en Basse-Autriche.

L’Autriche compte plusieurs dizaines de « Burschenschaften », des corporations d’étudiants ou d’anciens étudiants exclusivement masculines nées au 19e siècle et aux rituels établis, comme le duel. Elles sont régulièrement accusées de colporter des idées ultranationalistes pangermanistes et comptent de nombreux membres du FPÖ (Parti de la liberté d’Autriche) en leur sein.

Heinz-Christian Strache, leader du parti de la Liberté, parti d’extrême-droite autrichien, s’exprime lors de la première session de l’assemblée nationale depuis les élections, le 9 novembre 2017, à Vienne (Photo AFP / APA / Georg Hochmuth)

Le FPÖ du vice-chancelier Heinz-Christian Strache gouverne depuis décembre en coalition avec les conservateurs (ÖVP) du chancelier Kurz, 31 ans. Plus d’un tiers des 51 députés FPÖ sont membres de ces corporations, également très représentées dans les cabinets des six ministères FPÖ.

Le FPÖ, qui se défend vigoureusement de toute idéologie néo-nazie et antisémite, a récemment annoncé la mise en place d’une commission destinée à remettre à plat l’histoire du parti, fondé par d’anciens nazis.

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