Nouvelle manifestation d’islamistes contre la France au Pakistan
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Nouvelle manifestation d’islamistes contre la France au Pakistan

Le blasphème est une question incendiaire au Pakistan, où même des allégations non prouvées d'offense à l'islam peuvent entraîner assassinats et lynchage

Manifestation anti-France à Rawalpindi ai Pakistan, le 14 novembre 2020. (Crédit : 
Farooq NAEEM / AFP)
Manifestation anti-France à Rawalpindi ai Pakistan, le 14 novembre 2020. (Crédit : Farooq NAEEM / AFP)

Les autorités pakistanaises ont bloqué lundi une importante route d’accès à Islamabad, pour le deuxième jour consécutif, en raison d’une nouvelle manifestation contre la France à l’appel d’un parti islamiste radical.

Un rassemblement à Rawalpindi, ville-garnison accolée à la capitale, avait attiré dimanche quelque 5 000 personnes, selon des photographes de l’AFP.

Lundi, un millier de manifestants se sont massés devant le barrage routier les empêchant d’accéder à Islamabad, où ils comptaient défiler contre la France, provoquant des embouteillages monstres.

Les services de téléphonie mobile, interrompus dans la zone depuis plus de 24 heures, ont été rétablis lundi à la mi-journée. Ces coupures sont une pratique courante des autorités pour empêcher la coordination des organisateurs de manifestations.

Des policiers pakistanais après des tirs de gaz lacrymogène lors d’une manifestation anti-France à Rawalpindi ai Pakistan, le 15 novembre 2020. (Crédit :
Farooq NAEEM / AFP)

La marche s’est tenue à l’appel d’un religieux radical, Khadim Hussain Rizvi, chef du parti islamiste Tehreek-e-Labaik Pakistan (TLP) qui avait été à l’origine de violentes manifestations en novembre 2018 contre l’acquittement de la chrétienne Asia Bibi.

Le Pakistan a connu ces dernières semaines plusieurs manifestations de taille réduite contre la France après des déclarations du président Emmanuel Macron défendant le droit à la caricature au nom de la liberté d’expression, après un attentat islamiste le 16 octobre contre un enseignant qui a été décapité pour avoir montré en cours d’éducation civique des caricatures du prophète Mahomet.

Des manifestants ont également protesté contre ces propos dans d’autres pays majoritairement musulmans comme le Bangladesh.

Manifestation anti-France à Rawalpindi ai Pakistan, le 14 novembre 2020. (Crédit : Farooq NAEEM / AFP)

Le Premier ministre pakistanais Imran Khan a accusé fin octobre Emmanuel Macron d' »attaquer l’islam » et l’ambassadeur de France au Pakistan a été convoqué pour se plaindre de la « campagne islamophobe systématique sous couvert de la liberté d’expression » du président français.

L’islam dans son interprétation stricte interdit toute représentation de Mahomet.

Le blasphème est une question incendiaire au Pakistan, où même des allégations non prouvées d’offense à l’islam peuvent entraîner assassinats et lynchages.

Les groupes de défense des droits de l’homme réclament une réforme des lois très controversées du pays sur la question qui prévoient la peine de mort pour insulte au prophète et servent souvent, selon leurs critiques, à régler des comptes personnels.

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