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Nouvelles découvertes sur la construction des pyramides de Gizeh – étude

Les chercheurs pensent que les Égyptiens avaient utilisé la rivière Khéops, un bras du Nil aujourd'hui asséché, pour transporter les matériaux nécessaires à leur édification

Un couple marche à côté des pyramides de Giza, au sud-ouest de la capitale égyptienne du Caire, le 29 décembre 2018. (Crédit :  MOHAMED EL-SHAHED / AFP)
Un couple marche à côté des pyramides de Giza, au sud-ouest de la capitale égyptienne du Caire, le 29 décembre 2018. (Crédit : MOHAMED EL-SHAHED / AFP)

Une étude récente suggère que les Égyptiens, dans l’antiquité, avaient été aidés dans la construction des pyramides de Gizeh par un bras du Nil aujourd’hui asséché qui avait permis le transport des matériaux sur le site – un transport qui eût été impossible le cas échéant.

Hader Sheisha, de l’université Aix-Marseille et une équipe de chercheurs pensent que les Égyptiens ont ainsi utilisé la rivière Khéops qui allait jusqu’à Gizeh pour transporter les matériaux sur les sites de construction.

L’équipe multidisciplinaire – qui a inclus des experts en géographie, en histoire, en écologie, en géosciences et autres – a déterminé que ce bras du Nil était à son pic entre l’an 2700 et l’an 2200 avant l’ère commune. C’est la période à laquelle les trois principales pyramides de Gizeh auraient été construites.

L’étude, qui a été publiée dans le journal à comité de lecture Proceedings of the National Academy of Sciences en date du 29 août, a analysé les couches de roche de la plaine inondable de Gizeh ainsi que les fossiles présents dans le secteur pour mieux comprendre les niveaux hydrauliques changeants dans l’Histoire de la région.

« De la troisième et jusqu’à la cinquième dynastie, la rivière Khéops offrait clairement un environnement propice à l’émergence et au développement du site où les pyramides ont été construites, aidant les constructeurs à transporter par bateau la pierre et les matériaux », a écrit l’équipe de recherches dans l’étude.

« C’était impossible de construire les pyramides ici sans ce bras du Nil », a commenté Sheisha, qui a dirigé l’étude, auprès du New York Times.

Les chercheurs ont indiqué qu’au moment de la Basse époque égyptienne, une période qui s’est étendue de l’an 525 à l’an 332 avant l’ère commune, le niveau d’eau dans ce bras du Nil avait fortement décliné. Ils ont fait remarquer d’autres études révélant un niveau d’oxygène moins important dans les dents et dans les ossements des momies à cette époque, ce qui indique une consommation d’eau moins importante.

Ces conclusions viennent renforcer des théories antérieures concernant le transport de matériaux de construction sur le Nil – suggérant que les Égyptiens, dans l’antiquité, utilisaient les crues des rivières pour acheminer des matériaux et comme systèmes de halage, selon CNN.

Cette recherche a été entraînée par la découverte de fragments de papyrus – certains datant du règne du pharaon Khéops – qui discutaient de l’utilisation du Nil pour transporter des matériaux de construction sur le site des pyramides de Gizeh.

« Quand j’ai lu ça », a expliqué Sheisha, « j’ai été immensément intéressée parce que cela confirmait que… les matériaux utilisés pour la construction des pyramides étaient déplacés sur l’eau ».

Les chercheurs spécialisés dans d’autres domaines ont salué ces découvertes, notant l’influence grandissante de la science environnementale dans la compréhension contemporaine de l’Histoire ancienne.

« Nous sommes en train d’avoir une compréhension plus réaliste et plus dynamique des sociétés de l’ancien temps » en impliquant l’analyse scientifique dans l’étude de l’Histoire, a noté Joseph Manning, professeur d’histoire classique à Yale.

Un policier aux abords de la Grande pyramide vide qui avait été construite par Kheops, connue localement sous le nom de Khufu à Giza, en Égypte, le 16 mars 2020. (Crédit : AP Photo/Nariman El-Mofty)

Il a ajouté que ces découvertes pouvaient s’avérer être pertinentes pour les défis que doit relever la société moderne, comme la question du dérèglement climatique.

« La science du climat, comme dans cet article, nous offre des informations fondamentalement nouvelles… qui sont très pertinentes aussi dans le cadre de ce qui arrive aujourd’hui », a-t-il continué.

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