Nouvelles frappes sur le Hamas après des émeutes et des ballons incendiaires
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Nouvelles frappes sur le Hamas après des émeutes et des ballons incendiaires

Selon le ministère de la Santé du Hamas, 11 Palestiniens ont été blessés lors de nouveaux heurts ; deux incendies se sont déclenchés en Israël suite à des attaques au ballon

Des Palestiniens font brûler des pneus suite à une manifestation sur la frontière entre la bande de Gaza et Israël, à l'est de la bande de Gaza, le 28 août 2021. (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)
Des Palestiniens font brûler des pneus suite à une manifestation sur la frontière entre la bande de Gaza et Israël, à l'est de la bande de Gaza, le 28 août 2021. (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)

L’armée israélienne a procédé à des frappes aériennes dans la bande de Gaza dans la nuit de samedi en riposte à des attaques aux ballons incendiaires émanant de l’enclave côtière et à de nouvelles émeutes qui ont éclaté le long de la frontière.

Les raids sur des cibles du Hamas ont visé le sud de Gaza City, quelques heures après des attaques aux ballons incendiaires qui ont été à l’origine de deux départs de feu sur le territoire israélien. Quelques heures plus tard, les Palestiniens se sont à nouveau heurtés aux forces israéliennes le long de la frontière. Le Hamas a par ailleurs menacé de renforcer les attaques incendiaires transfrontalières à partir de dimanche.

Les militaires ont expliqué que les frappes avaient pris pour cible un complexe militaire du groupe terroriste du Hamas utilisé pour la formation des combattants et pour la production d’armement et l’entrée d’un « tunnel terroriste ».

« L’armée continuera à répondre avec force aux tentatives d’activités terroristes de la part du Hamas », a fait savoir Tsahal qui a souligné que ses opérations avaient été effectuées en réponse aux incendies et aux violences frontalières.

Le ministère de la Santé dirigé par le Hamas à Gaza a annoncé, samedi soir, qu’onze Palestiniens avaient été blessés dans ces émeutes. Selon le ministère, trois d’entre eux ont été blessés par balle et trois se trouveraient dans un état modéré. Huit auraient été légèrement touchés par des balles en caoutchouc ou victimes de grenades assourdissantes.

Il est difficile de dire si les frappes israéliennes de samedi ont entraîné des dégâts ou des blessés.

Les « unités de perturbation nocturnes » qui sont à l’origine des émeutes frontalières ne sont pas directement liées au Hamas même si leurs activités ne peuvent avoir lieu sans l’approbation préalable du groupe terroriste qui gouverne la bande.

Dans le passé, ces unités ont brûlé des pneus, jeté des dispositifs explosifs et fait résonner de fausses alertes à la roquette de manière à entraîner la confusion chez les frontaliers israéliens.

Ces affrontements sont survenus même si l’État juif a allégé, jeudi, certaines des restrictions sur le commerce et les déplacements imposées à l’enclave, permettant à de nouveaux types de produits et de matériaux d’entrer au sein de la bande. Jérusalem a permis également à 1 000 hommes d’affaires originaires de Gaza de traverser le poste-frontière d’Erez, avec l’État juif, pour aller en Cisjordanie.

Il y a eu deux manifestations à la frontière avec Gaza, la semaine dernière – un rassemblement violent majeur qui a eu lieu samedi dernier et un autre qui a été organisé mercredi, et qui a été relativement plus calme.

Une boule de feu s’élève suite à une frappe israélienne à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, en réponse aux attaques incendiaires émanant de l’enclave, le 23 août 2021. (Crédit : Said KHATIB / AFP)

Samedi, le ministère de la Santé, à Gaza, a annoncé le décès d’un adolescent de treize ans grièvement blessé dans les heurts contre les soldats israéliens qui étaient survenus samedi dernier.

Omar Abu Nil, résident du quartier Al-Tuffah, à Gaza City, avait reçu une balle à la tête, selon des responsables du groupe terroriste. Il s’est éteint dans un hôpital de l’enclave côtière, sept jours après avoir été touché.

Abu Nil aurait été blessé par les forces israéliennes au cours de la manifestation violente qui avait regroupé des centaines de émeutiers palestiniens aux abords de la frontière. Ils avaient jeté des pierres sur les militaires et fait brûler des pneus. Les troupes israéliennes avaient riposté à l’aide de gaz lacrymogène, de balles en caoutchouc et, épisodiquement, à l’aide de balles réelles.

En plus d’Abu Nil, un autre Palestinien et un agent de police israélien avaient été grièvement blessés au cours de ces heurts. Un autre Palestinien, Osama Dueij, est mort jeudi. Le Hamas a affirmé que Dueij était membre de son aile armée.

Un agent de la police des frontières israélienne, Barel Shmueli, 21 ans, reste de son côté dans un état grave, pris en charge à l’hôpital Soroka de Beer Sheva. Shmueli avait été pris pour cible à bout portant quand un Palestinien s’était approché d’un trou dans la barrière de sécurité. Shmueli, qui se trouvait derrière, avait été touché à la tête.

Les habitants de Gaza avaient à nouveau manifesté, mercredi dernier, dans le cadre d’une série de mouvements de protestation visant à mettre la pression sur Israël pour obtenir la levée des restrictions sur l’enclave, placée sous blocus. L’armée israélienne s’était préparée à de graves confrontations le long de la frontière, mais le rassemblement n’a finalement entraîné ni mort, ni blessé grave des deux côtés.

Israël et l’Égypte imposent un blocus sur Gaza depuis plus d’une décennie, expliquant que les restrictions sont indispensables pour empêcher le Hamas de se doter d’un nouvel arsenal et de présenter ainsi une menace plus grande.

Depuis le conflit du 11 mai entre l’État juif et le Hamas, Israël a imposé des restrictions plus strictes encore sur les produits qui entrent et qui sortent de Gaza. Le pays a aussi bloqué l’entrée des liquidités versées par le Qatar pour venir en aide à la bande – ce qui était un élément déterminant du statu-quo antérieur à la guerre.

Les deux parties continuent à mener des négociations directes pour trouver de nouveaux accords.

Mais les responsables israéliens ont juré que des travaux significatifs ne seront pas entrepris à Gaza – l’enclave côtière a été gravement endommagée pendant l’escalade récente avec Israël – sans la conclusion d’un accord d’échange de prisonniers entre les deux parties. Le Hamas détient en captivité deux civils israéliens, Avera Mengistu et Hisham al-Sayed, et retient également en otage les dépouilles de deux soldats de Tsahal morts au combat en 2014, Hadar Goldin et Oron Shaul.

Il y a eu, ces dernières semaines, des progrès apparents concernant certains aspects des négociations. Au début du mois, Israël, le Qatar et les Nations unies ont convenu d’un nouveau mécanisme permettant de transférer les fonds versés par le Qatar dans la bande. L’État juif a aussi, réduit certaines restrictions, autorisant l’entrée du ciment, des voitures et des ordinateurs. Il a aussi permis à 1 250 hommes d’affaires à Gaza de quitter l’enclave.

Un accord visant la conclusion d’un cessez-le-feu plus global entre les deux parties doit encore se matérialiser.

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