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NSO: l’enquête sur l’espionnage présumé par la police est un échec – Calcalist

Continuant à défendre ses affirmations de piratage illicite de téléphones, le journal note le conflit d'intérêt d'une enquête menée par l'instance qui est elle-même accusée

Une Israélienne utilise son iPhone face au bâtiment abritant le firme de cyber-sécurité israélienne NSO Group, le 28 août 2016 à Herzliya. (Crédit : AFP Photo / Jack Guez)
Une Israélienne utilise son iPhone face au bâtiment abritant le firme de cyber-sécurité israélienne NSO Group, le 28 août 2016 à Herzliya. (Crédit : AFP Photo / Jack Guez)

Le journal israélien Calcalist a réclamé une enquête indépendante sur les accusations faisant état de l’utilisation par la police de technologies de piratage pour espionner de manière totalement illégale des individus qui n’avaient été mis en cause pour aucun crime, affirmant lundi que les investigations officielles ont jusqu’à présent été dans l’incapacité de mener à bien leur mission et qu’une enquête interne était nécessairement touchée par des conflits d’intérêt.

L’enquête de la police et un rapport intermédiaire rédigé par la vice-procureure-générale Amit Marari avaient établi que les informations transmises par Calcalist sur ces piratages illégaux présumés étaient largement erronées, et qu’aucune des 26 personnes qui auraient été espionnées n’avaient en fin de compte été suivies par la police.

Au mois de février, Calcalist avait fait savoir sans apporter de preuve que des dizaines de personnalités de haut-rang – notamment d’anciens directeurs de ministères, des personnalités importantes du monde des affaires et des membres de la famille ou des conseillers de l’ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu – avaient été espionnés par la police qui avait utilisé pour ce faire le logiciel-espion Pegasus, développé par NSO Group, sans la supervision judiciaire nécessaire.

Marari avait été nommée à la tête d’une commission du ministère de la Justice qui avait lancé des investigations dans le cadre de ces accusations.

Le journal a affirmé lundi que ses sources avaient transféré des informations à la vice-procureure-générale au sujet de ces piratages présumés, mais que ces dernières ont été ignorées par la commission.

Dans les informations transférées, les sources ont fourni la liste de 19 personnes travaillant dans la police qui auraient été impliquées dans ces missions de surveillance ou qui en auraient eu connaissance, a écrit le journal. Ces individus avaient décrit très exactement où se trouvaient conservés les dossiers contenant les informations sur ces espionnages présumés dans les bureaux des unités de renseignement de la police.

Selon Calcalist, aucune de ces informations n’a été utilisée dans la rédaction du rapport intermédiaire.

La procureure-générale-adjointe Amit Marari (Autorisation)

Le quotidien financier a aussi noté le conflit d’intérêt intervenant dans une enquête menée par des policiers sur des actes répréhensibles survenus au sein de la police, affirmant que les conclusions de l’enquête de Marari se sont appuyées sur les propos des membres de l’unité de renseignements de la police. L’article a précisé qu’un grand nombre de personnes impliquées travaillaient encore dans la police et il a prétendu que le rapport de Marari « a fait l’impasse » sur d’autres aspects déterminants des accusations, comme le possible usage d’un autre logiciel-espion.

« Il reste à espérer que le rapport définitif se penchera en profondeur sur les questions importantes laissées de côté dans le rapport intermédiaire. Toutefois et au vu du rapport intermédiaire, nous pensons que ce serait une bonne chose de confier cet examen – ou une enquête si nécessaire – à une commission indépendante et qui fasse autorité ».

Cet appel a été repris par le journaliste Chaim Levinson de Haaretz qui a publié sur Twitter une capture d’écran de l’article du Calcalist et écrit que « Marari fait partie du système. Il est temps de lancer une enquête réelle, externe et transparente ».

Mais Calcalist a aussi fait une sorte de mea culpa. « Il est possible qu’il y ait eu des erreurs dans notre liste. Tant que les conditions ne permettront pas de témoigner en bénéficiant d’une immunité, nous ne pourrons pas publier ouvertement les preuves qui soulignent que notre liste est correcte », a dit le journal mystérieusement.

Même si Calcalist a souligné qu’il ne suggérait pas l’existence d’un « complot » ou d’initiatives visant à contourner la loi, il a affirmé que le rapport intermédiaire « semble indiquer un désir de créer un narratif de protection qui empêchera les conclusions d’évoluer encore ».

Le lendemain de la diffusion par Marari de ses conclusions initiales, le ministre de la Justice Gideon Saar avait déclaré qu’il s’avérait que les accusations d’espionnage lancées à l’encontre de la police étaient « incorrectes » et qu’une enquête gouvernementale n’était, par conséquent, pas nécessaire dans cette affaire.

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