Nucléaire iranien: Moscou met en garde contre des nouvelles sanctions
La Chine estime que l'initiative des Européens n'est "pas constructive" ; la cheffe de la diplomatie européenne a estimé que "les pays occidentaux ont désormais 30 jours pour trouver une solution diplomatique à la crise

La Russie a mis en garde vendredi contre des « conséquences irréparables » en cas de nouvelles sanctions internationales contre l’Iran, après l’annonce par Paris, Londres et Berlin du lancement d’une procédure à l’ONU pour rétablir de telles sanctions contre Téhéran dans trente jours.
« Nous les appelons avec insistance à retrouver la raison et à réviser leurs décisions erronées avant que celles-ci n’aboutissent à des conséquences irréparables et une nouvelle tragédie », a déclaré dans un communiqué le ministère russe des Affaires étrangères.
Le ministère russe des Affaires étrangères a fustigé vendredi cette décision comme « un grave facteur de déstabilisation qui sape les efforts faits à différents niveaux pour trouver des solutions à base de négociations ».
Et il a qualifié de « tâche prioritaire » « le rétablissement d’un dialogue constructif » entre toutes les parties impliquées, afin d’éviter une « nouvelle crise » liée au dossier nucléaire iranien.
La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, qui forment l’E3, ont indiqué jeudi dans une lettre au Conseil de sécurité que « sur la base de preuves factuelles », ils estiment que l’Iran est en position de non-respect important de ses engagements » en vertu de l’accord sur le nucléaire de 2015, le JCPOA, et « invoquent ainsi le mécanisme connu sous le nom du snapback », qui ouvre un processus de trente jours permettant de réimposer une série de sanctions suspendues il y a dix ans.
La Chine a partagé le même point de vue, estimant que le rétablissement des sanctions était « contre-productif ».
« Lancer cette procédure « n’est pas constructif, cela nuira au processus de règlement politique et diplomatique de la question nucléaire iranienne », a dit à des journalistes un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun.
La question nucléaire iranienne est « à un tournant », a-t-il ajouté.
« La Chine estime que tout ce que fait le Conseil de sécurité à ce stade devrait promouvoir la reprise du dialogue et des négociations, et non pas créer une nouvelle confrontation qui conduirait à une détérioration, voire une escalade de la situation », a-t-il dit.
De son côté, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a estimé vendredi que « les pays occidentaux ont désormais 30 jours pour trouver une solution diplomatique à la crise du nucléaire iranien ».
« Nous entrons dans une nouvelle phase de 30 jours (…) que nous devons vraiment utiliser pour trouver des solutions diplomatiques », a-t-elle déclaré avant le début d’une réunion de l’UE à Copenhague.







