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Nucléaire iranien : Téhéran irrité par l’envoi de diplomates israéliens à Vienne

La délégation a rencontré le représentant russe, avant son entretien avec l’envoyé américain ; un site d'actualités iranien qualifie la présence israélienne de « dissuasive »

Le Palais Coburg de Vienne, où se déroulent les négociations nucléaires à huis clos avec l'Iran, le 8 février 2022. (Lisa Leutner /AP)
Le Palais Coburg de Vienne, où se déroulent les négociations nucléaires à huis clos avec l'Iran, le 8 février 2022. (Lisa Leutner /AP)

Pour la première fois depuis la reprise des pourparlers de Vienne en avril, des diplomates israéliens se sont rendus dans la capitale autrichienne pour rencontrer, mardi, les négociateurs impliqués dans les négociations visant à rétablir l’accord nucléaire iranien de 2015.

La présence d’une délégation israélienne à proximité du lieu où se tiennent les pourparlers à forts enjeux sur l’accord, officiellement connu sous le nom de Plan d’action global conjoint (JCPOA) a, semble-t-il, agacé en Iran.

La délégation israélienne, emmenée par le directeur général adjoint des Affaires stratégiques au ministère des Affaires étrangères, Joshua Zarka, a rencontré mardi l’ambassadeur russe Mikhaïl Oulianov, représentant du Kremlin pour les négociations à Vienne.

Oulianov a écrit mardi qu’il avait abordé les questions liées à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avec « des collègues israéliens ».

Zarka a tweeté que sa rencontre avec Oulianov avait été « franche et importante ».

La délégation est arrivée à Vienne plus tôt dans la semaine.

Les diplomates ont rencontré lundi le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi. Mardi, ils ont rencontré les ambassadeurs d’un certain nombre de pays d’Amérique du Sud.

La délégation devait également rencontrer des responsables américains impliqués indirectement dans les pourparlers, selon le journal en hébreu Maariv.

Israël n’est pas partie prenante aux pourparlers de Vienne et a déclaré se réserver le droit d’agir comme il l’entendait contre le programme nucléaire iranien, quelle que soit l’issue des négociations.

Alors que le gouvernement est officiellement opposé à un retour à l’accord de 2015, dont le président américain Donald Trump a retiré les États-Unis en 2018, il a également cherché à influencer les négociations pour obtenir des restrictions plus fortes envers Téhéran assorties à des accords de sécurité plus significatifs.

La décision – inédite – d’envoyer un émissaire israélien à Vienne intervient alors qu’un sentiment d’urgence pousse les parties concernées à parvenir à un accord sur la relance de l’accord nucléaire de 2015 avec Téhéran.

L’apparition de la délégation israélienne, alors que les pourparlers ont atteint un point critique, en a manifestement irrité plus d’un en Iran.

« La présence affichée et inattendue des sionistes à Vienne est sans aucun doute un frein au progrès des négociations, dans la situation sensible actuelle », a écrit le site iranien Nour News sur son fil Twitter en hébreu.

Lundi, le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, avait déclaré que les Etats occidentaux impliqués dans les négociations « jouaient avec le temps », mais qu’un accord pourrait être conclu sous peu, pour autant que les parties – USA et Europe – prennent leurs engagements au sérieux.

Sur cette photo d’archive du 20 juin 2021, Robert Malley, envoyé spécial des États-Unis pour l’Iran, est à Vienne, en Autriche. (Crédit : AP/Florian Schroetter)

Le négociateur américain Robert Malley et l’envoyé du Conseil de sécurité nationale, Brett McGurk, avaient exprimé la semaine dernière leur vive inquiétude à l’idée que l’Iran ne soit qu’à « quelques semaines » de disposer de suffisamment de matières fissiles pour construire une arme nucléaire, accentuant la pression sur l’administration Biden pour parvenir à un accord avant qu’il ne devienne caduc.

Les responsables impliqués dans les pourparlers ont indiqué être sur le point de conclure, les experts estimant que les toutes prochaines semaines verraient la conclusion d’un accord ou l’abandon pur et simple des négociations.

Le Premier ministre Naftali Bennett a rencontré lundi le sénateur républicain américain Lindsey Graham pour discuter des défis régionaux, tout en se concentrant sur « la menace iranienne, à laquelle sont confrontés à la fois Israël et les États-Unis, et les moyens d’y faire face ».

Lors d’un récent appel téléphonique, Bennett et le président américain Joe Biden ont discuté de « mesures pour bloquer le programme nucléaire iranien » dont la nature n’a pas été précisée.

Amy Spiro a contribué à ce reportage.

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