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Nucléaire : l’AIEA adopte une résolution appelant l’Iran à coopérer

L'ambassadeur iranien à Vienne Reza Najafi a immédiatement dénoncé "une résolution politiquement motivée" et "contreproductive"

Le drapeau iranien devant le siège de l'AIEA lors de la réunion du Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique, au siège de l'agence à Vienne, en Autriche, le 20 novembre 2024. (Crédit : Joe Klamar/AFP)
Le drapeau iranien devant le siège de l'AIEA lors de la réunion du Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique, au siège de l'agence à Vienne, en Autriche, le 20 novembre 2024. (Crédit : Joe Klamar/AFP)

Le conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a adopté jeudi une résolution appelant l’Iran à coopérer « pleinement et sans délai ».

Consulté par l’AFP, le texte adopté avec une faible majorité de 19 voix sur 35 – trois gouverneurs ont voté contre et 12 se sont abstenus – exhorte Téhéran à « se conformer pleinement et sans délai à ses obligations légales en vertu et à coopérer pleinement et rapidement avec l’AIEA ».

L’ambassadeur iranien à Vienne Reza Najafi a immédiatement dénoncé « une résolution politiquement motivée » et « contreproductive ».

Elle « aura certainement un impact négatif sur la coopération qui a déjà commencé entre l’Iran et l’agence », a déclaré à l’AFP M. Najafi, soulignant que son pays avait recommencé à coopérer avec l’agence, en permettant l’accès de ses inspecteurs à toutes les installations non endommagées lors des attaques menées en juin par Israël et les Etats-Unis.

La résolution avait été présentée par la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne (dit groupe E3) et les Etats-Unis mercredi, à l’ouverture de la réunion trimestrielle de son conseil des gouverneurs au siège de l’Agence onusienne à Vienne.

Lors d’une conférence de presse, le directeur général de l’AIEA Rafael Grossi avait souligné que les inspections, interrompues en raison de la guerre de 12 jours de juin, avaient repris, mais regretté que Téhéran n’ait toujours pas permis celles des sites bombardés.

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, assistant à une réunion extraordinaire du Conseil des gouverneurs au siège de l’agence à Vienne, en Autriche, le 23 juin 2025. (Crédit : Joe Klamar/AFP)

Il a rappelé que cela faisait partie des « engagements de l’Iran » en tant que membre du Traité de non prolifération nucléaire (TNP), et souligné qu’ « il n’est donc pas correct de dire que parce que tout est détruit, il n’y a rien à voir ».

La République islamique avait déjà coupé les ponts avec l’AIEA après la courte guerre lancée le 13 juin par Israël, estimant qu’elle avait une part de responsabilité dans son déclenchement au lendemain du vote d’une résolution critique sur le programme nucléaire iranien.

Les inspections avaient finalement repris, mais pas sur les sites nucléaires clés tels que Fordo, Natanz et Ispahan, touchés lors des frappes.

« La seule chose que je peux faire est de dialoguer avec l’Iran », a souligné mercredi M. Grossi, rappelant que ni lui ni ses services n’étaient à l’origine des résolutions soumises au conseil des gouverneurs et estimant qu’il serait « illogique que l’adoption d’une résolution puisse aboutir à moins de coopération ».

La semaine dernière, l’AIEA avait appelé l’Iran à l’autoriser à vérifier ses inventaires de matières nucléaires « dès que possible », et en particulier ses réserves d’uranium hautement enrichi, dans un rapport où elle soulignait avoir perdu la continuité de ses connaissances sur les inventaires précédemment déclarés depuis le 13 juin.

Elle rappelait qu’à cette date, le total des réserves iraniennes d’uranium enrichi à 60 %, – seuil proche des 90 % nécessaires pour fabriquer une bombe nucléaire -, s’élevait à 440,9 kg, soit une hausse de 32,3 kg par rapport au 17 mai.

Selon l’AIEA, l’Iran est le seul pays sans armes nucléaires à enrichir de l’uranium à 60 %. Et les puissances occidentales et Israël accusent depuis très longtemps l’Iran de chercher à acquérir des armes nucléaires, une accusation toujours démentie par Téhéran.

Dimanche, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi avait assuré qu’il n’existait pas « de site d’enrichissement nucléaire non déclaré » à la communauté internationale dans son pays, ajoutant qu’il n’y avait « pas d’enrichissement » en cours car les installations avaient été endommagées lors de la guerre de juin.

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