Nucléaire: Les Européens répètent à Téhéran leur détermination à rétablir des sanctions
Paris, Berlin et Londres mettent la pression pour convaincre l'Iran de "l'urgence de reprendre sans délai la voie diplomatique, en vue de parvenir à un accord robuste, vérifiable et durable"

France, Allemagne, Royaume-Uni et la cheffe de la diplomatie européenne ont dit jeudi à l’Iran leur « détermination » à réactiver les sanctions de l’ONU s’il n’y a pas de progrès dans les prochaines semaines vers un accord sur le programme nucléaire de Téhéran, selon le ministère français des Affaires étrangères.
Les ministres des Affaires étrangères des trois pays (E3) et Kaja Kallas ont dit à leur homologue iranien Abbas Araghchi « leur détermination à faire usage du mécanisme dit de ‘snapback’ – qui permet de rétablir l’ensemble des sanctions internationales à l’encontre de l’Iran – en l’absence de progrès concrets » vers un accord sur le programme nucléaire iranien « d’ici à la fin de l’été », selon le Quai d’Orsay.
Les Européens mettent la pression sur Téhéran pour tenter de convaincre l’Iran de « l’urgence de reprendre sans délai la voie diplomatique, en vue de parvenir à un accord robuste, vérifiable et durable sur le programme nucléaire iranien », objet de nombreuses spéculations sur son état d’avancement depuis les frappes israéliennes et américaines de mois de juin.
Dans le cadre de l’accord sur le programme nucléaire iranien de 2015 (JCPOA), dénoncé par les Etats-Unis qui n’en sont donc plus partie prenante, mais toujours en vigueur pour les autres parties (l’Iran, les E3, la Chine et la Russie), une clause permet de rétablir des sanctions onusiennes contre Téhéran en cas de manquement à ses engagements, le mécanisme de « Snapback ».
Pour pouvoir éventuellement l’activer avant l’expiration du JCPOA en octobre, les Européens veulent des avancées diplomatiques avant la fin août.
Téhéran a mis la semaine dernière en garde, estimant qu’une réactivation de ces sanctions « signifierait la fin du rôle de l’Europe dans le dossier du nucléaire iranien », alors que dans le même temps une éventuelle reprise des discussions entre l’Iran et les Etats-Unis reste en suspens.
L’Iran et les Etats-Unis ont tenu depuis avril cinq cycles de discussions sur le nucléaire via le médiateur omanais, avant qu’Israël ne lance le 13 juin une attaque contre l’Iran, à laquelle a aussi participé Washington, ce qui a mis un terme au cycle de discussions.
Un conseiller du guide suprême iranien a affirmé lundi que les négociations avec Washington « n’auront pas lieu » si les Etats-Unis continuent à exiger l’abandon de l’enrichissement de l’uranium.
Israël, ennemi juré de la République islamique d’Iran, et les pays occidentaux, Etats-Unis en tête, soupçonnent de longue date ce pays de vouloir se doter de la bombe atomique, ce que dément Téhéran, qui prétend développer le nucléaire pour des besoins civils.
Selon l’AIEA, l’Iran est l’unique pays non doté de l’arme nucléaire à enrichir de l’uranium à un niveau élevé (60 %), bien au-delà de la limite de 3,67% fixée par l’accord international conclu en 2015 avec les grandes puissances, dont les Etats-Unis se sont retirés en 2018, lors du premier mandat de Donald Trump. Une telle escalade vers le taux de 90 % nécessaire à la militarisation n’a pas de justification civile, selon l’agence internationale.







