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Nucléaire : l’Iran dit produire 5 kg d’uranium enrichi par jour

Ali Kbar Salehi a indiqué que son pays avait mis au point en deux mois deux nouveaux modèles de centrifugeuses avancées, dont l'un commence à être testé

Capture d'écran d'une séquence vidéo d'Ali Akbar Salehi, chef de l'agence nucléaire iranienne, (à droite) et de trois centrifugeuses d'enrichissement en uranium en arrière plan. (Crédit : YouTube)
Capture d'écran d'une séquence vidéo d'Ali Akbar Salehi, chef de l'agence nucléaire iranienne, (à droite) et de trois centrifugeuses d'enrichissement en uranium en arrière plan. (Crédit : YouTube)

L’Iran a indiqué lundi produire désormais 5 kg d’uranium enrichi par jour, plus de dix fois plus qu’il y a deux mois lorsqu’il s’est affranchi d’un certain nombre de restrictions sur son programme nucléaire auxquelles il avait consenti en 2015.

L’annonce a été faite devant la télévision d’Etat par Ali Akbar Salehi, vice-président de la République islamique et chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA).

Salehi a également indiqué que son pays avait mis au point en deux mois deux nouveaux modèles de centrifugeuses avancées, dont l’un commence à être testé.

Par un accord conclu à Vienne en juillet 2015 avec le Groupe 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne), Téhéran a accepté de réduire drastiquement ses activités nucléaires – afin de garantir leur caractère exclusivement civil – en échange de la levée d’une partie des sanctions internationales qui asphyxiaient son économie.

En riposte au retrait unilatéral des Etats-Unis de ce pacte en mai 2018 et au rétablissement de lourdes sanctions américaines la privant des bénéfices économiques qu’elle en attendait, la République islamique a commencé en mai à revenir sur certains de ses engagements.

Le vice-président iranien et chef de l’Organisation de l’énergie atomique Ali Akbar Salehi écoute une question lors d’une conférence de presse conjointe avec Miguel Arias Canete, commissaire européen chargé de l’action pour le climat et de l’énergie, au siège de la Commission européenne à Bruxelles le lundi 26 novembre 2018. (AP Photo/Francisco Seco)

Elle produit ainsi de l’uranium enrichi à un taux supérieur à la limite de 3,67 % prévue par l’accord de 2015 et ne respecte plus la limite de 300 kg imposée à ses stocks d’uranium (faiblement) enrichi.

Début septembre, Téhéran a annoncé la troisième phase de son plan de réduction de ses engagements, indiquant ne plus se sentir tenu par aucune des limites imposées par l’accord à ses activités de recherche-développement en matière nucléaire.

Avant la troisième phase, « notre production (…) était de 450 grammes d’uranium enrichi par jour, mais celle-ci s’élève désormais à 5 000 grammes par jour », a déclaré M. Salehi lors d’une visite avec des médias iraniens au centre de recherche nucléaire de Natanz, dans le centre de l’Iran.

Selon les images de la télévision d’Etat, M. Salehi a mis en route sur place une nouvelle cascade de 30 centrifugeuses de type IR-6, dont la production d’uranium faiblement enrichi contribue à l’accélération de la hausse des stocks du pays.

Les ingénieurs iraniens « sont parvenus à construire un prototype d’IR-9, notre machine la plus récente, ainsi qu’un nouveau prototype de machine appelé IR-s […] tout cela en deux mois », a-t-il dit sans spécifier les caractéristiques techniques des modèles.

Un de ces nouveaux prototypes est désormais testé avec de l’uranium a l’état gazeux, a ajouté M. Salehi, précisant que l’Iran ne faisait plus tourner aucune centrifugeuse de 1e génération (IR-1), seul modèle autorisé par l’accord de Vienne.

« Tout cela alors que certains disent que l’industrie nucléaire (iranienne) a été détruite », a-t-il renchéri.

« Nous devons remercier aussi l’ennemi, qui nous a donné cette occasion de montrer la puissance de la République islamique, en particulier dans le domaine de l’industrie nucléaire », a-t-il ajouté.

L’Union européenne a alors averti que son soutien à l’accord international sur le nucléaire iranien dépendait « du plein respect de ses engagements par l’Iran », après l’annonce par Téhéran de l’augmentation de sa production d’uranium enrichi.

« Notre soutien dépend du plein respect de ses engagements par l’Iran », a réaffirmé la porte-parole de Federica Mogherini, la cheffe de la diplomatie européenne.

« A ce stade, nous prenons note des annonces faites par Téhéran. Nous travaillons avec l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) qui vérifie le respect de ses engagements par l’Iran, et nous nous fierons à l’évaluation faite par l’agence », a déclaré la porte-parole.

« Nous n’avons cessé d’exprimer notre préoccupation et nous continuons d’exhorter l’Iran à inverser ces mesures sans tarder et à s’abstenir de toute autre mesure susceptible de compromettre l’accord », a-t-elle ajouté.

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