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Nucléaire: tractations difficiles entre Européens et Iraniens

Les diplomates des E3 ont échangé avec leur homologue iranien en marge de l'AGNU sans faire état d'aucun progrès ; Macron va rencontrer l'Iranien Pezeshkian

Une foule de personnes manifeste contre le gouvernement iranien lors de la 80e session de l'Assemblée générale des Nations unies, mardi 23 septembre 2025, à New York. (Crédit : AP Photo/Heather Khalifa)
Une foule de personnes manifeste contre le gouvernement iranien lors de la 80e session de l'Assemblée générale des Nations unies, mardi 23 septembre 2025, à New York. (Crédit : AP Photo/Heather Khalifa)

NATIONS UNIES —Mardi, l’Iran et les puissances européennes ont échoué à s’entendre sur la conclusion d’un accord de dernière minute visant à éviter la réimposition des sanctions de l’ONU avant la date limite du 27 septembre. Les deux parties ont toutefois gardé la porte ouverte à de nouvelles négociations.

Les ministres des Affaires étrangères de la France, du Royaume-Uni et de l’Allemagne — les « E3 » — ainsi que la cheffe de la politique étrangère de l’UE, Kaja Kallas, se sont entretenus avec leur homologue iranien en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.

« Nous devons laisser sa chance à la diplomatie. Les délais courent. Il faut désormais attendre. Nous avons également besoin de voir des actions concrètes du côté iranien », a déclaré Kallas aux journalistes.

Les E3, le 28 août, ont entamé un processus de 30 jours, qui prendra fin le 27 septembre, visant à réimposer les sanctions de l’ONU. Ils accusent Téhéran de ne pas respecter l’accord conclu en 2015 avec les puissances mondiales, dont l’objectif était d’empêcher la république islamique de se dote de l’arme nucléaire.

Les puissances européennes ont proposé de prolonger de 6 mois la période de levée des sanctions, afin de laisser le temps de négocier un accord à long terme, à trois conditions : l’Iran doit donner le plein accès à ses installations aux inspecteurs de l’AIEA dépêchés par l’ONU, fournir des informations précises sur la localisation de ses stocks d’uranium enrichi, et engager des négociations avec les États-Unis.

Mais selon les trois diplomates européens, d’importantes divergences subsistent encore, même si toutes les parties avaient connaissance de toutes les étapes nécessaires à l’établissement d’un compromis.

« L’Iran, pour le moment, ne remplit aucune des conditions. Nous poursuivrons toutefois les discussions, afin d’explorer toutes les possibilités », a déclaré une source diplomatique française. « Nous resterons mobilisés jusqu’à la dernière seconde. La balle est désormais dans le camp de l’Iran. »

Le président français Emmanuel Macron a fait savoir qu’il rencontrerait mercredi son homologue iranien Massoud Pezeshkian.

« Soit l’Iran fait un geste et s’engage sur la voie de la paix et de la stabilité en permettant aux inspecteurs de l’AIEA de faire leur travail, soit les sanctions seront réinstaurées », a affirmé Macron devant l’Assemblée générale des Nations unies.

Une photo fournie par la présidence iranienne montre le président iranien Masoud Pezeshkian saluant de la main alors qu’il monte à bord d’un avion à l’aéroport Mehrabad de Téhéran le 23 septembre 2025, avant son départ pour New York où il doit assister à l’Assemblée générale des Nations unies. (Photo : présidence iranienne / AFP)

En l’absence d’accord entre Téhéran et les E3 sur une prolongation de la période de levée des sanctions avant la fin du 27 septembre, toutes les sanctions prévues par l’ONU, parmi lesquelles celles concernant le secteur clé des hydrocarbures, seront à nouveau imposées à l’Iran. Or l’économie de la république islamique est déjà en proie à des sanctions paralysantes, réimposées depuis 2018 après l’abandon de l’accord par le président américain Donald Trump au cours de son premier mandat.

Téhéran affirme depuis longtemps que son programme nucléaire est destiné à des fins pacifiques. Le pays enrichissait toutefois de l’uranium à des niveaux proches de ceux requis pour la fabrication d’armes nucléaires — un objectif très éloigné d’une application pacifique —, jusqu’à ce qu’Israël lance une attaque surprise en juin contre les programmes nucléaires et balistiques iraniens.

Pendant cette guerre de 12 jours, au cours de laquelle l’Iran a également tiré des centaines de missiles sur Israël, les États-Unis ont pour leur part bombardé les sites nucléaires fortifiés de la république islamique.

L’Iran appelle régulièrement à la destruction d’Israël. Il a financé et armé une série de groupes terroristes dans tout le Moyen-Orient.

« Au vu de la décision injustifiée et illégale du Conseil de sécurité des Nations unies prévoyant de rétablir les sanctions, certaines idées et propositions visant à poursuivre sur la voie diplomatique ont été avancées au cours de la réunion. Il a été donc convenu que les consultations se poursuivraient », a annoncé le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Cette image satellite de Planet Labs PBC montre le site d’enrichissement nucléaire souterrain iranien de Fordo après les frappes aériennes américaines qui ont visé l’installation, le 22 juin 2025. (Crédit : Planet Labs PBC via AP)

Les diplomates ont indiqué attendre de l’Iran qu’il présente un rapport détaillé spécialement consacré à ses sites nucléaires, incluant ceux bombardés par les États-Unis et Israël en juin, et qu’il fournisse des précisions concrètes ainsi qu’un calendrier concernant les visites des inspecteurs sur certains sites.

Mais même ces mesures pourraient s’avérer insuffisantes. Les États-Unis pourraient en effet faire le choix de ne pas soutenir un accord et d’opposer leur veto à une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies visant à prolonger le processus.

Interrogé par Reuters à New York, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, dont l’organisme négocie actuellement le renouvellement de l’accès de ses inspecteurs, a expliqué mardi que des discussions « intenses » étaient en cours entre lui-même, l’Iran, les puissances européennes et les États-Unis afin de trouver une solution.

Et d’ajouter q’une équipe d’inspecteurs se tenait prête à partir pour l’Iran, si Téhéran et les puissances européennes parvenaient à un accord cette semaine.

« Tout est possible. Où il y a une volonté, il y a un chemin », a poursuivi Grossi.

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, s’exprime lors d’une interview à New York, le 22 septembre 2025, à Washington, DC. (Photo : Aron RANEN / AFP)

En amont de la réunion entre l’Iran et l’E3, le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a souligné que « les chances de parvenir à une solution diplomatique avant que les sanctions n’entrent en vigueur sont extrêmement minces ».

Ali Larijani, haut conseiller du guide suprême iranien, a critiqué mardi l’Occident pour ses « promesses vaines », selon les médias officiels de la république islamique.

Mardi, lors de son discours devant l’Assemblée générale des Nations unies, Trump a pour sa part martelé que l’Iran ne serait jamais autorisé à posséder des armes nucléaires.

Quelques heures plus tard, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, lui a répondu dans un message enregistré : « Nous n’avons pas besoin d’armes nucléaires et n’avons pas l’intention d’en fabriquer. »

Khamenei a par ailleurs catégoriquement rejeté toute négociation au sujet de son programme nucléaire avec Washington, l’une des conditions posées par les E3, affirmant que « négocier avec les États-Unis ne servirait pas les intérêts de Téhéran et mènerait à une impasse ».

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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