Obama appelle Israël à adopter la solution des deux Etats
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Obama appelle Israël à adopter la solution des deux Etats

"Un chemin très difficile s’ouvre devant nous", a déclaré le président américain dans une interview avec Asharq Al-Awsat

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Le président américain Barack Obama et le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche, en 2012. (Crédit : Avi Ohayon/GPO/Flash90)
Le président américain Barack Obama et le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche, en 2012. (Crédit : Avi Ohayon/GPO/Flash90)

Le président américain Barack Obama a exhorté le gouvernement israélien entrant et les Palestiniens à montrer un « véritable engagement pour une solution à deux Etats ». Selon lui, un accord résoudra le conflit humanitaire causé par la guerre de l’été dernier dans la bande de Gaza.

Dans une interview avec le journal arabe basé à Londres, Asharq Al-Awsat, Obama a parlé de son espoir inébranlable envers une solution au conflit israélo-palestinien, mais a admis qu’un « chemin très difficile s’ouvre devant nous ».

« Je ne pourrai jamais renoncer à l’espoir de paix entre Israéliens et Palestiniens, et les Etats-Unis n’arrêteront jamais d’œuvrer pour réaliser cet objectif », a déclaré Obama, détaillant ses attentes envers les Israéliens et les Palestiniens, au lendemain de la création d’un nouveau gouvernement israélien.

« Nous attendons du nouveau gouvernement israélien et des Palestiniens qu’ils démontrent – par des politiques et des actions – un véritable engagement pour une solution à deux Etats », a-t-il dit. « Seulement alors, la confiance sera reconstruite et un cycle d’escalade évité. »

L’entrevue avec le journal panarabe a été réalisée alors qu’Obama doit rencontrer des représentants du Conseil de coopération du Golfe à Washington.

La relation d’Obama avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu est tendue au regard de l’impasse dans les négociations et des termes de l’accord nucléaire entre l’Iran et les puissances mondiales. Netanyahu a réussi à cimenter une coalition de droite avec une fine majorité la semaine dernière, près de deux mois après avoir remporté les élections législatives.

Ses partenaires de la coalition sont largement opposés à une solution à deux Etats, et ses observations prononcées avant les élections ont jeté le doute sur son propre engagement à un accord qui déboucherait sur un Etat palestinien.

Obama a reconnu les échecs du processus de paix en avril 2014, lorsque neuf mois de pourparlers se sont clos sans progrès. Trois mois plus tard, Israël est entré en guerre contre le Hamas dans la bande de Gaza, dans un contexte d’affrontements arabo-juifs à Jérusalem.

« Avec la rupture des négociations, une tension accrue à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, le conflit de l’été dernier à Gaza, et de sérieuses questions quant à l’engagement global à une solution à deux Etats, ce n’est pas un secret qu’un chemin très difficile se dresse devant nous », a-t-il affirmé.

« Gérer l’impact durable du conflit de l’été dernier à Gaza devrait également être au centre de tout effort », a déclaré Obama.

« En fin de compte, les parties devront s’occuper non seulement des besoins humanitaires et de reconstruction immédiats à Gaza, mais aussi des futurs défis essentiels dans la bande de Gaza dans un contexte de deux Etats, y compris de raviver la connexion de la bande de Gaza avec la Cisjordanie et de rétablir des liens commerciaux forts avec Israël et l’économie globale. »

Dans une réaction aux commentaires d’Obama, le député Tzachi Hanegbi du Likud a déclaré que les Palestiniens étaient à blâmer pour le gel des pourparlers.

« Il n’y aura jamais d’Etat palestinien si les Palestiniens ne négocient pas », a-t-il déclaré à la radio israélienne, affirmant que ce sont les Palestiniens qui ont demandé de mettre fin aux pourparlers de paix en 2014. « S’ils sont prêts à des pourparlers directs, sans conditions préalables, les négociations seront renouvelées. »

L’engagement d’Israël à la solution à deux Etats a été mis en doute avant les élections de mars, quand Netanyahu a déclaré qu’un Etat palestinien ne serait pas créé sous son mandat, s’il était réélu, avertissant que toutes les zones devenues sous domination palestinienne pourraient par la suite devenir des bastions du Hamas.

L’administration américaine s’est abstenue de réagir à ces déclarations avant les élections, mais les a vertement critiquées le lendemain matin, après la victoire décisive de Netanyahu.

Après les élections, Netanyahu a fait marche arrière, affirmant qu’il soutenait « une solution pacifique durable, à deux Etats ». Il a affirmé qu’il avait été mal compris.

En avril, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a déclaré qu’il était prêt à reprendre les négociations de paix avec Israël sans conditions préalables.

Après la fin des discussions de 2014, les Palestiniens ont entrepris une série de mesures pour obtenir la reconnaissance internationale de la Palestine par une demande d’adhésion à diverses organisations mondiales.

Une proposition de résolution au Conseil de sécurité des Nations unies appelant à la fin de la présence israélienne en Cisjordanie en 2017 n’a finalement pas recueilli suffisamment de voix, bien que plusieurs parlements européens ont adopté des motions de reconnaissance de la Palestine.

Les Palestiniens ont rejoint la Cour pénale internationale dans le but de poursuivre Israël pour crimes de guerre.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article

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