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Objets d’Hitler vendus aux enchères : le commissaire-priseur sourd aux critiques

Le directeur d’Alexander Historical Auctions balaie les objections « absurdes » à la vente du bol de bonbons ou du collier de chien, les qualifiant de « preuves criminelles »

Collier de chien qui aurait appartenu au terrier écossais d’Eva Braun, la femme d’Adolf Hitler, tel qu'affiché sur le site internet d’Alexander Historical Auctions, le 28 juillet 2022. ( Crédit : Alexander Historical Auctions)
Collier de chien qui aurait appartenu au terrier écossais d’Eva Braun, la femme d’Adolf Hitler, tel qu'affiché sur le site internet d’Alexander Historical Auctions, le 28 juillet 2022. ( Crédit : Alexander Historical Auctions)

Une maison de vente aux enchères du Maryland soutient le bien-fondé de la vente de ce qu’elle presente comme des objets ayant appartenu à Adolf Hitler, face aux critiques d’un groupe juif européen.

L’un des articles les plus chers figurant au catalogue de la vente aux enchères organisée vendredi par la maison Alexander Historical Auctions, à Chesapeake City, dans le Maryland, est une bonbonnière estimée à 3 000 $ qui, selon la maison de vente aux enchères, appartenait à Hitler et a été volée au Berghof, près de Munich.

Elle est ornée d’un symbole doré du Reichsadler – l’aigle impérial du parti nazi – et des initiales AH.

Un autre article, proposé à la vente à prix similaire, est un collier pour chien qui aurait appartenu au terrier écossais d’Eva Braun, la femme d’Hitler. L’ouvrage en cuir, qui porte une petite plaque de métal revêtue de l’inscription « wau wau » – l’aboiement du chien en allemand – est parsemé de croix gammées en métal.

L’Association juive européenne, groupe de pression basé à Bruxelles, a condamné le principe de la vente dans un courrier. Ces articles ne font « plaisir qu’à ceux qui idéalisent et idolâtrent le parti nazi » et offrent « aux acheteurs la possibilité de susciter de manière malsaine la curiosité d’un invité ou d’un être cher avec un objet ayant appartenu à un meurtrier génocidaire ou à ses proches », a écrit le président du groupe, le rabbin Menachem Margolin.

Bill Panagopulos, le président d’Alexander Historical Auctions, qui a déjà essuyé ce type de reproches à l’occasion de ventes similaires – dont celle des journaux intimes de Josef Mengele, criminel de guerre nazi notoire – a balayé la critique d’un revers de main, la jugeant « absurde et sensationnaliste », dans un courriel adressé à la JTA.

« Ce que nous vendons, ce sont des preuves criminelles, aussi insignifiantes soient-elles. C’est une preuve tangible et réelle que Hitler et les nazis ont vécu, persécuté et tué des dizaines de millions de personnes. Détruire ou entraver de quelque manière que ce soit l’affichage ou la protection de ce matériel serait un crime contre l’histoire », écrit Panagopulos. Les acheteurs, a-t-il ajouté, « ne sont PAS des néo-nazis, qui sont trop pauvres et trop ignares pour apprécier d’une quelconque manière ces artefacts historiques ».

Des articles moins coûteux, également supposés avoir appartenu à Hitler et Braun, sont offerts à la vente, comme des couverts et verres à champagne, un plateau pour verres à bière et de la papeterie. Certains articles ont d’ores et déjà fait l’objet de plusieurs enchères jeudi : c’est le cas du collier, qui a atteint 2 750 $ et la bonbonnière, 1 600 $.

Le président de l’Association juive européenne, Menachem Margolin, s’adresse à la conférence annuelle de son groupe, à Paris, le 25 février 2020. (Crédit : Yoni Rykner)

« Vendre ces objets a quelque chose d’absolument épouvantable. La grande majorité des objets exposés ont peu -voire pas- de valeur historique intrinsèque », a écrit Margolin à la maison de vente aux enchères, dans une lettre cosignée par 34 membres et dirigeants de communautés juives européennes.

L’Association juive européenne ignore si les articles mis en vente sont authentiques, a déclaré un porte-parole du groupe à la JTA.

En 2017, Alexander Historical Auctions avait vendu à un acheteur identifié un objet décrit comme le téléphone ayant appartenu à Hitler. Les enchères, qui avaient démarré à 100 000 $, s’étaient conclues à 243 000 $.

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