Rechercher

« Occupation israélienne »: les propos d’un chef de l’Église presbytérienne US étrillés

De nombreux groupes juifs ont condamné les remarques du révérend J. Herbert Nelson II, notant qu'elles semblaient invoquer des tropes sur l'influence disproportionnée des Juifs

Le révérend J. Herbert Nelson, alors directeur de l'Office of Public Witness de l'Église presbytérienne, lors d'un service de prière à l'extérieur du bâtiment méthodiste uni au Capitole, le 8 octobre 2013. (Chip Somodevilla/Getty Images via JTA)
Le révérend J. Herbert Nelson, alors directeur de l'Office of Public Witness de l'Église presbytérienne, lors d'un service de prière à l'extérieur du bâtiment méthodiste uni au Capitole, le 8 octobre 2013. (Chip Somodevilla/Getty Images via JTA)

JTA – Des groupes juifs américains ont critiqué un haut responsable de l’Église presbytérienne pour des remarques faites à l’occasion de la Journée Martin Luther King qui assimilaient la présence israélienne en Cisjordanie à de l’esclavage et laissaient entendre que les Juifs américains avaient l’influence nécessaire pour que le gouvernement américain y mette fin.

« La poursuite de l’occupation de la Palestine/Israël est l’esclavage du 21e siècle et devrait être abolie immédiatement », a déclaré le révérend J. Herbert Nelson II, secrétaire général de l’Église presbytérienne des États-Unis, dans des propos publiés lundi.

« Compte tenu de l’histoire des humbles débuts et des persécutions des Juifs, il ne devrait y avoir aucune ambiguïté quant à la marginalisation et à l’asservissement éthique, moral et déshumanisant d’autres êtres humains. Les Etats-Unis d’Amérique doivent avoir une influence majeure pour qualifier cette injustice d’immorale et d’intolérable », a déclaré Nelson, qui est le plus haut responsable œcuménique de l’Eglise.

« J’espère également que la communauté juive des États-Unis influencera l’appel à se joindre au gouvernement américain pour mettre fin à cet asservissement immoral. Le Dr King a toujours prêché un évangile de justice, afin que tous les gens puissent vivre dans la dignité », a-t-il ajouté.

Dr. Martin Luther King Jr. en 1964 pendant une conférence de presse que le mouvement qu’il va diriger jusqu’à son assassinat en 1968. (Crédit : Wikimedia Commons)

De nombreux groupes juifs ont condamné ces remarques, notant qu’elles semblaient invoquer des tropes sur l’influence disproportionnée des Juifs, quelques jours seulement après qu’un ravisseur a pris en otage un rabbin et trois fidèles dans une synagogue du Texas.

Le révérend Nelson doit retirer sa déclaration scandaleuse accusant Israël d’ « asservissement » et tenant les Juifs américains pour responsables des crimes israéliens présumés », a déclaré Jonathan Greenblatt, directeur général de l’Anti-Defamation League (ADL), mercredi sur Twitter. « Cet antisémitisme met en danger le peuple juif à un moment où il se sent vulnérable après l’attaque de #Colleyville ».

L’American Jewish Committee (AJC), la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines, les Fédérations juives d’Amérique du Nord, le Committee for Accuracy in Middle East Reporting and Analysis, le Jewish Council for Public Affairs (JCPA) et Americans for Peace Now ont également condamné ces propos.

Le JCPA, qui dirige les politiques publiques de la communauté juive, entretient des relations régulières avec les églises presbytériennes et autres. Dans sa déclaration, il a noté l’activisme pro-palestinien de l’église au cours des dernières années.

L’ambassadeur américain en Israël, David Friedman, lors d’un briefing organisé par le Jerusalem Center for Public Affairs, le 9 février 2020. (Reouven Ben Haim/JCPA)

« Nous comprenons que l’Église presbytérienne des États-Unis a été une défenseure de la cause palestinienne », a déclaré la JCPA. « Nous les exhortons à s’engager d’une manière constructive qui ne diffuse pas de fausses informations et ne met pas davantage en danger des personnes déjà marginalisées. »

La déclaration de la JCPA qualifie les remarques de Nelson d’ « antisémites » et affirme que cela est « rendu encore plus clair par le fait qu’il n’a mentionné aucune autre violation grave des droits de l’homme, comme les génocides en cours contre les Ouïghours et les Rohingyas ».

Americans for Peace Now, qui critique sévèrement les actions d’Israël en Cisjordanie, s’est dit « déçu par la mauvaise caractérisation de l’occupation et préoccupé par les répercussions potentielles du discours hyperbolique du révérend Nelson ».

« Après nous y être opposés pendant plus de quatre décennies, nous, à l’APN, serions les premiers à reconnaître que l’occupation est mauvaise, injuste et corrompue », lit-on dans leur déclaration. « Mais ce n’est pas de l’esclavage. C’est une occupation, et cette occupation n’a pas lieu ‘en Palestine/Israël’ mais plutôt dans des territoires qui ne sont pas souverains d’Israël, des territoires qui, selon le gouvernement américain et la communauté internationale, devraient devenir le futur État de Palestine. »

Le représentant Andy Levin parle lors d’une conférence de presse présentant sa « loi sur la solution à deux États » au Capitole, le 23 septembre 2021. Il est entouré, de gauche à droite, de : Hadar Susskind, président et PDG d’Americans for Peace Now ; le représentant Alan Lowenthal ; la représentante Sara Jacobs ; le représentant Peter Welch ; et le président de J Street Jeremy Ben-Ami. (Crédit : Ron Kampeas/JTA)

Le groupe Presbyterians for Middle East Peace, qui a travaillé en étroite collaboration avec des groupes juifs nationaux pour contrer les préjugés anti-israéliens au sein de l’Église et préserver le soutien de l’Église à une solution à deux États au conflit, a également condamné ces remarques.

Le groupe a condamné le corps ecclésiastique national pour ne pas s’être exprimé sur l’attaque de Colleyville, tout en permettant à Nelson de critiquer Israël.

« Les actions du révérend Nelson, qui s’en prend à la communauté juive des États-Unis et du monde entier, sont inadmissibles », a-t-il déclaré. « Heureusement, ses actions et ses paroles ne correspondent pas au travail des congrégations locales de la PCUSA et des congrégations juives dans les communautés à travers la nation. À la base, les presbytériens travaillent pour la justice aux côtés des juifs, plutôt que de s’engager dans des polémiques polarisantes. »

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...