Offre d’emploi à l’attention de Reuven Rivlin
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Opinion

Offre d’emploi à l’attention de Reuven Rivlin

Nous avons besoin d'un forum sérieux pour permettre une interaction plus efficace entre Israël et la diaspora - pour aplanir nos différences. Un job parfait pour l'ancien président

David est le fondateur et le rédacteur en chef du Times of Israel. Il était auparavant rédacteur en chef du Jerusalem Post et du Jerusalem Report. Il est l’auteur de « Un peu trop près de Dieu : les frissons et la panique d’une vie en Israël » (2000) et « Nature morte avec les poseurs de bombes : Israël à l’ère du terrorisme » (2004).

Le président Reuven Rivlin rencontre la communauté juive de Madrid le 5 novembre 2017. (Haim Zach / GPO)
Le président Reuven Rivlin rencontre la communauté juive de Madrid le 5 novembre 2017. (Haim Zach / GPO)

Je ne suis pas sûr que le président sortant Reuven Rivlin, à 81 ans, ait envie d’endosser un autre rôle public majeur après sept années passées à agir comme une sorte de conscience nationale et de consolateur combinés. Mais j’ai un job pour lui s’il le décide.

Rivlin, qui pourrait presque être considéré comme un oncle bienveillant pour le peuple israélien, a vu son mandat prendre fin mercredi avec la prestation de serment du président Isaac Herzog. Il dégageait un amour sans pareil pour Israël et son peuple, et un optimisme pour notre avenir. Il a identifié quatre grandes « tribus » dans la société israélienne – laïques, religieux sionistes, ultra-orthodoxes et arabes – et s’est efforcé d’encourager une plus grande harmonie entre elles. Il s’est exprimé au nom des secteurs marginalisés et victimisés de notre population, et a défendu nos institutions fondamentales contre les attaques partisanes.

Il a repoussé les limites de ce qui est censé être un rôle essentiellement cérémoniel – l’exemple le plus marquant étant peut-être lorsqu’il a proclamé : « je crains pour mon pays » en chargeant son ancien collègue du Likud Benjamin Netanyahu de former un gouvernement il y a tout juste trois mois.

Se décrivant lui-même comme un utopiste, il s’est permis le luxe – en tant que figure de proue nationale plutôt qu’en tant que politicien de parti – de souligner les droits d’Israël sur la Judée et la Samarie bibliques, tout en insistant pour que le pays conserve sa démocratie.

Bref, un sacré numéro d’équilibriste.

Alors peut-être aimerait-il répéter ses prouesses, dans le contexte des relations Israël-Diaspora.

Le président Reuven Rivlin rencontre des dirigeants de la communauté juive LGBT américaine le 31 mai 2016 (Mark Neiman/GPO).

La communication globale est peut-être plus fluide que jamais, mais le peuple de l’État hébreu et les Juifs qui vivent en dehors de ses frontières s’éloignent. Plus de sept décennies après la fondation d’Israël, c’était peut-être inévitable : des générations de Juifs ont maintenant eu le choix de vivre ou non en Israël, et les priorités de l’État et du judaïsme mondial ne seront manifestement pas toujours les mêmes.

Les Juifs de la diaspora ne doivent pas être ceux qui prescrivent la politique sécuritaire et diplomatique d’Israël. Le gouvernement d’Israël ne doit pas jouer le role d’arbitre en matière de foi juive. Mais la nation juive du monde entier devrait mettre en commun sa sagesse et son esprit d’entreprise de manière beaucoup plus efficace que ce qui est le cas actuellement.

Ce qui nous manque, c’est un forum sérieux, disposant de pouvoirs conséquents, pour permettre une meilleure interaction entre ces mondes juifs – pour mieux se comprendre, pour aplanir nos différences, pour faire en sorte que le tout soit plus grand que la somme de ses parties.

Les Juifs de la Diaspora ne doivent pas être ceux qui prescrivent la politique sécuritaire et diplomatique d’Israël. Le gouvernement d’Israël ne doit pas jouer l’arbitre en matière de foi juive. Mais la nation juive du monde entier devrait mettre en commun sa sagesse et son esprit d’entreprise de manière beaucoup plus efficace que ce qui est le cas actuellement. Cela s’applique en particulier aux questions les moins consensuelles – notamment les questions où les actions qu’Israël considère comme vitales pour son bien-être affectent négativement la Diaspora, et vice versa.

Pour ne citer qu’un seul exemple très récent, le conflit de 11 jours qui a opposé le Hamas à Israël en mai dernier a déclenché d’horrifiques pics d’antisémitisme dans de nombreuses régions du monde juif. Je suis loin d’être certain que les dirigeants politiques israéliens ont pleinement intériorisé le caractère effroyable de cette situation. Je suis loin d’être certain que les juifs de la Diaspora comprennent pleinement l’amoralité des quasi-États terroristes auxquels nous sommes confrontés sur deux fronts.

Il y aura d’autres conflits de ce type, qui poseront de nouveaux défis et dilemmes à Israël et au judaïsme mondial. Nous devons de toute urgence nous aider mutuellement à les relever.

Le président Reuven Rivlin s’exprime lors d’une conférence de l’assemblée générale des fédérations juives d’Amérique du Nord à Los Angeles, le 14 novembre 2017 (Mark Neyman/GPO).

La composition d’un tel forum, ses pouvoirs et son autorité, la manière dont il interagirait avec le gouvernement israélien et l’establishment existant de la Diaspora, sont des questions complexes qui soulignent la nécessité d’une figure de stature et d’expérience pour ouvrir le bal.

Ce qu’il faudrait peut-être, c’est une personnalité engagée depuis longtemps dans l’amélioration des liens entre Israël et la diaspora, un des principaux instigateurs de l’initiative « Notre Destin Commun« , un dirigeant qui a souvent décrit les Juifs de la Diaspora comme sa « cinquième tribu ». Un ancien président qui a souligné la nécessité d’une « responsabilité mutuelle » entre tous les Juifs du monde entier – « un engagement pour la sécurité et le bien-être de tous nos peuples », un engagement « plus fort que tous les désaccords. »

À vous de jouer, citoyen Rivlin ?

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