Ohana fustige « l’arrogance » du procureur-général
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Ohana fustige « l’arrogance » du procureur-général

Le ministre de la Sécurité intérieure dit que le procureur-général, qui refuse d'ouvrir une enquête pour "incitations", ignore les menaces "explicites" à l'encontre de Netanyahu

Le ministre de la Justice Amir Ohana à la Knesset, le 11 septembre 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre de la Justice Amir Ohana à la Knesset, le 11 septembre 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre de la Sécurité intérieure Amir Ohana a accusé vendredi le Procureur-général Avichai Mandelblit d’avoir échoué à prendre au sérieux les menaces récentes faites à l’encontre du Premier ministre.

« Vous n’avez pas accordé une attention digne de ce nom à mon appel suite aux menaces de mort croissantes proférées à l’encontre du Premier ministre et de sa famille », a écrit Ohana dans un courrier adressé au procureur-général.

Ohana avait qualifié « d’anarchistes », au début de la semaine, les participants à une manifestation massive contre le Premier ministre, affirmant que les incitations à la violence à l’encontre du Premier ministre et de sa famille équivalaient à celles qui avaient été émises à l’égard de feu le Premier ministre Yitzhak Rabin dans la période qui avait précédé son assassinat.

Ohana avait estimé que les incitations à la violence contre Netanyahu étaient « débordantes » et que « les incitations à la violence qui ont précédé l’assassinat de Rabin paraissent bien pâles en comparaison ».

« Il y a des incitations à la violence contre le Premier ministre. Il a été comparé à Louis XVI, qui a été exécuté sur l’échafaud », avait continué Ohana.

Il avait vivement recommandé à Mandelblit d’ouvrir une enquête sur ces menaces.

Mais Mandelblit, en réponse, avait indiqué qu’il n’y avait aucune menace spécifique et crédible qui, à son avis, justifiait une enquête.

Le procureur général Avichai Mandelblit s’exprime lors de la 17e conférence annuelle de Jérusalem du groupe « Besheva », le 24 février 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

« La Knesset a revu ses critères d’ouverture d’une enquête en les rendant plus rigoureux, pour qu’ils ne s’appliquent que dans les cas où il y a une possibilité réelle de violences », avait écrit Mandelblit dans sa réponse, ajoutant qu’il ne minimisait pas « la gravité des menaces » et notant qu’il y avait eu des enquêtes ouvertes suite à des menaces crédibles dans le passé.

Ohana a dénoncé vendredi « l’arrogance » de la réponse faite par le procureur-général et il a affirmé que « récemment, il a semblé que vous êtes parti en croisade contre le Premier ministre ».

Il a mentionné l’avis juridique de Mandelblit rejetant la requête de Netanyahu, qui avait demandé à pouvoir bénéficier de fonds de la part de bienfaiteurs étrangers pour payer les frais de sa défense dans un procès pour corruption.

« Dans la sphère publique… Il y a des appels clairs aujourd’hui qui recommandent le meurtre du Premier ministre et de sa famille. Il y a des menaces évidentes et explicites », a-t-il déclaré.

Citant plusieurs manifestants qui auraient menacé d’intenter à la vie du Premier ministre, il a demandé au procureur-général d’expliquer son échec à poursuivre de tels actes.

Plusieurs milliers de personnes s’étaient rassemblées mardi soir à Jérusalem, appelant Netanyahu à démissionner suite à ses mises en examen pour corruption. Certains protestataires avaient tenté de briser les barrières de sécurité dressées sur les lieux et s’étaient heurtés aux forces de l’ordre. A la fin du rassemblement, des centaines de personnes étaient parties vers le centre-ville et avaient bloqué la ligne de tramway. La police avait procédé à de nombreuses arrestations.

Des manifestants protestent devant la résidence officielle du Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 16 juillet 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Certains manifestants avaient également été filmés en train de harceler des journalistes venus couvrir le rassemblement. Un homme a ainsi qualifié le journaliste Avishai Ben Haim, qui travaille pour la Treizième chaîne, de « chien de Marocain », ce qui avait entraîné une condamnation de la part de Netanyahu lui-même.

La manifestation, à Jérusalem, était entrée dans le cadre du mouvement dit du « drapeau noir » contre la corruption et qui réclame le départ de ses fonctions de Netanyahu.

De nombreuses manifestations de ce type ont eu lieu ces dernières semaines et ces derniers mois, mais celle de mardi soir avait été d’une importance sans précédent, avec un nombre inhabituellement élevé de jeunes.

Tamir Hefetz, l’un des organisateurs, avait souligné au cours d’un entretien accordé mercredi à la Douzième chaîne que les dirigeants du mouvement s’opposaient avec fermeté aux violences et à la confrontation.

Protestant contre ce qu’il avait décrit comme « l’obsession des médias, qui est de déterminer s’il y a eu de la violence… si un anarchiste a en effet lancé une chaise » suite à la manifestation, il avait déclaré que le vrai problème était que « il y a une génération entière de jeunes gens qui grandissent dans ce qui ressemble de plus en plus à un Etat dictatorial, sans avenir, dans un pays où le Premier ministre passe ses journées à s’inquiéter uniquement d’échapper à la justice… et qui adopte des lois anti-démocratiques, qui frappe le système judiciaire israélien. »

« Et ces jeunes hurlent. Je hurle avec eux… Cette manifestation, c’est une manifestation pour préserver la démocratie », avait-il ajouté.

Hefetz avait également noté que les personnes à l’origine des violences étaient majoritairement des « provocateurs » qui avaient infiltré le mouvement de protestation.

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