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Omer Barlev : Ben Gvir pourrait déclencher une Intifada

Le ministre sortant s’en est pris à son successeur, dont la nomination est, dit-il, responsable du regain de violence : "Voilà ce que l’on obtient avec Ben Gvir au gouvernement"

Le député Omer Bar-Lev tient une conférence de presse à la Knesset le 30 novembre 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le député Omer Bar-Lev tient une conférence de presse à la Knesset le 30 novembre 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le ministre sortant de la Sécurité intérieure, Omer Barlev, a indiqué jeudi que son successeur pourrait bien déclencher des troubles à grande échelle avec les Palestiniens s’il tentait de changer le statu quo sur le mont du Temple, à Jérusalem.

Le député d’extrême droite Itamar Ben Gvir, qui devrait prendre ses fonctions dans les prochaines semaines, s’en est régulièrement pris à la réglementation en vigueur en ce lieu saint de Jérusalem.

Lors d’une réunion visant à revenir sur la conduite du ministère pendant son mandat, Barlev a indiqué avoir conseillé au futur Premier ministre, Benjamin Netanyahu, de nommer quelqu’un d’autre que Ben Gvir aux commandes de la police israélienne, actuellement sous tutelle du ministère de la Sécurité intérieure.

« Si on change le statu quo sur le Mont du Temple, il y aura une troisième Intifada », a déclaré Barlev, cité par le site d’information Ynet.

Les deux premières Intifadas, à la fin des années 1980 et au début des années 2000, ont été marquées par des attentats terroristes particulièrement meurtriers -et quasi quotidiens – contre les Israéliens et des affrontements avec l’armée.

« C’est évident pour moi autant que pour Netanyahu, mais nous savons d’expérience que ses prises de décision répondent parfois à des impératifs personnels », a-t-il affirmé, allusion à peine voilée au procès en cours du chef du Likud pour corruption et aux accusations selon lesquelles les nominations auxquelles il procède seraient davantage fondées sur des intérêts politiciens que sur les intérêts de l’État.

Ben Gvir critique depuis longtemps le statu quo sur le mont du Temple, site le plus saint du judaïsme et troisième site le plus saint des musulmans, qui y voient l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa ou noble sanctuaire.

Les non-musulmans sont, pour l’heure, autorisés à s’y rendre – à certaines heures et en passant par une entrée particulière – sans y prier ni afficher de symboles religieux ou nationaux israéliens. Ceux qui portent des vêtements qui les identifient comme Juifs religieux font face à des restrictions plus lourdes encore et sont tenus d’emprunter un itinéraire particulier, sous escorte policière.

Alors qu’il demande depuis longtemps que soit autorisée la prière juive sur le mont du Temple, Ben Gvir n’a pas donné une réponse claire, dimanche lors d’une interview, lorsqu’on lui a demandé s’il délivrerait cette autorisation in fine.

Il a qualifié l’interdiction de « raciste ».

Itamar Ben Gvir, membre de la Knesset, visite l’enceinte du Mont du Temple, escorté par des policiers le 31 mars 2022 (Crédit : Capture d’écran Facebook utilisée en vertu de l’article 27a de la Loi sur le droit d’auteur)

Pressenti pour être le prochain ministre de la Sécurité nationale, avec un portefeuille incluant la police des frontières en Cisjordanie, Ben Gvir aura le contrôle de l’application de la loi sur le mont du Temple. Les tribunaux ont en effet donné à la police une grande marge de manœuvre pour définir les politiques visant à y maintenir l’ordre public.

Ben Gvir se rend fréquemment sur le mont du Temple, où son attitude lui a souvent valu des accusations d’incitation à la violence. Il a également joué un rôle certain dans le regain des tensions avant la guerre de 2021 entre Israël et les groupes terroristes de Gaza.

Le mois dernier, le président Isaac Herzog avait déclaré aux médias que le « monde entier » était préoccupé par Ben Gvir et que le prochain gouvernement « allait avoir un problème avec le mont du Temple ».

Selon une information récente, les autorités jordaniennes auraient averti Israël d’un risque de dégradation de leurs relations diplomatiques si le nouveau gouvernement touchait un tant soit peu au statu quo sur le Mont du Temple.

La Jordanie, gardienne autoproclamée du lieu saint, a également fait savoir que la présence de Ben Gvir sur les lieux, une fois ministre, serait particulièrement mal perçue.

Lors de la réunion de jeudi, Barlev, le ministre sortant, n’a pas hésité à mettre en regard les récents incidents violents très médiatisés en Israel et les performances électorales de Ben Gvir et Bezalel Smotrich lors des élections du 1er novembre.

« La société israélienne prend conscience que certains sont prêts à utiliser la force pour résoudre leurs difficultés », a-t-il dit, selon le site d’information Walla.

« Ce regain de tensions n’a rien d’une coïncidence. C’est ce qui arrive avec la victoire de Netanyahu et la nomination de Ben Gvir au ministère : la société israélienne devient de plus en plus violente », a ajouté Barlev.

Les députés Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich lors d’un rassemblement de leur parti HaTzionout HaDatit à Sderot, le 26 octobre 2022. (Crédit : Gil Cohen-Magen/AFP)

Le vice-ministre de la Sécurité intérieure, Yoav Segalovitz, s’en est également pris à Ben Gvir et a mis en garde contre un risque de politisation de la police.

« C’est un criminel, reconnu coupable d’incitation au terrorisme, qui va devenir ministre. Le problème, c’est la personne que l’on nomme », a déclaré Segalovitz, ex-officier supérieur de la police israélienne, critiquant Netanyahu.

Ben Gvir a répondu à Barlev, le qualifiant de « ministre le plus nul qui soit » et affirmant que « la criminalité avait prospéré » sous son mandat.

« Barlev a causé du tort à tous ceux qui vivent dans ce pays et loin d’en avoir honte, il essaie de me rendre responsable de ses échecs. Sans lui aux commandes, le pays sera beaucoup plus sûr », a affirmé Ben Gvir sur Twitter.

Ben Gvir s’est présenté dans le cadre de l’alliance d’extrême droite HaTzionout HaDatit, qui s’est depuis scindée en trois factions, comme prévu. Ces trois partis d’extrême droite ont conclu des accords de coalition avec le Likud de Netanyahu, toujours en pourparlers avec deux factions ultra-orthodoxes pour finaliser son gouvernement.

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