Ontario : Le projet de loi anti-BDS rejeté
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Ontario : Le projet de loi anti-BDS rejeté

Les législateurs ont rejeté la motion qui aurait empêché la province de faire des affaires avec des entreprises soutenant le mouvement de boycott de l'État juif

Photo illustrative de la ligne d'horizon de Toronto (Wikimedia Commons)
Photo illustrative de la ligne d'horizon de Toronto (Wikimedia Commons)

TORONTO — Le parlement de l’Ontario a rejeté un projet de loi qui aurait interdit à la province canadienne de faire des affaires avec des entreprises qui soutiennent le mouvement de Boycott, Désinvestissements et Sanctions (BDS) contre Israël.

Les législateurs de la province ont voté jeudi contre le projet de loi, aussi intitulé « Loi contre l’antisémitisme dans l’Ontario », par un vote de 39 à 18. Les membres du Nouveau Parti Démocratique, libéral et de gauche, ont largement voté contre la mesure.

Le projet de loi avait été introduit par l’ancien chef du parti conservateur, Tim Hudak et le député libéral Mike Colle.

Colle a demandé à ses collègues de soutenir le projet, déclarant que les membres du mouvement BDS « essaient de faire croire qu’ils se battent pour une juste cause, [mais] dans le fond, ils ont la haine d’Israël et la haine de tout ce qui est juif ».

S’exprimant pour le gouvernement libéral, le ministre de la Culture Michael Coteau a expliqué que la loi n’allait pas améliorer la sécurité dans la région sous tension, a rapporté le Toronto Star. Peggy Sattler du Nouveau Parti Démocrate a qualifié le projet « d’attaque contre la liberté de parole et d’association ».

Défendant le projet de loi, Hudak a qualité le BDS d’être un « nouveau visage insidieux de l’antisémitisme » et a fustigé les Libéraux.

« Ecoutez, si quelqu’un disait qu’il ne va pas acheter d’une entreprise parce que les propriétaires sont gays, vous seriez fous, a-t-il déclaré aux Libéraux du gouvernement lors d’un débat agité sur le projet. Si quelqu’un disait qu’il n’allait pas acheter d’une entreprise parce que les propriétaires viennent du Pakistan ou sont Sikh, le gens seraient fous. Mais, d’une certaine manière, parce qu’ils sont Juifs ou d’Israël, c’est soudain de la liberté d’expression ? Allons bon ».

Kathleen Wynne, Première ministre de l’Ontario, était absente du vote parce qu’elle était en mission de commerce en Israël et dans les territoires palestiniens.

Plus tôt dans la semaine, elle avait déclaré : « Je m’oppose totalement au mouvement BDS », mais avait ajouté que la liberté d’expression est « quelque chose que tous les Canadiens considèrent comme fondamentale et que nous devons défendre vigoureusement ».

Hudak a concédé qu’il ne savait pas si l’Ontario avait actuellement des contrats avec des entreprises soutenant le mouvement BDS.

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